En rangeant la bibliothèque, je suis tombé sur un vieil opuscule de l'Abbé Pradel qui dirigea l'école Massillon dans les années trente... « Comment former les hommes » (Desclée de Brouwer).
Cet oratorien écrit dans ce beau style qui peut faire sourire aujourd'hui, des pages sur l'obéissance éducative et le goût de l'effort.
J'ai bien aimé ces lignes résolument modernes : « il faut accoutumer les enfants à aimer les risques, les responsabilités ; il faut faire naître et favoriser l'ambition, l'enthousiasme, le goût de la première place, l'amour de vivre dangereusement. Rien ne développe plus le sens et la pratique de l'effort. Il faut avoir la volonté du bien, non celle du bien être. »
Sur le goût de la première place, je préfère l'émulation à la compétition mais « la volonté du bien » nous place du côté des valeurs.
L'Abbé ajoute : « On apprend trop à l'enfant la peur, la prudence. » Dans notre société où le principe de précaution, la « sur - assurance » de tous les risques et la « judiciarisation » des rapports sociaux viennent souvent s'opposer à la mise en œuvre de projets personnels et sociaux, cette phrase est presque provocatrice.
« dès le bas âge, les enfants peuvent et doivent rendre de petits services... Pour éduquer l'effort, il faut lui donner un but, et qui soit proportionné à l'âge. »
L'abbé évoque plus loin l'esprit d'initiative repris dans le socle commun des compétences du HCE.







