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Mon bloc perso.
Ce blog note quelques réflexions diverses concernant l'école, la pédagogie, l'éducation et l'évolution du système.
Il est un objet mouvant et inabouti, un carnet "à la volée"... Le lecteur en pardonnera la rédaction imparfaite. Le s commentaires sont possibles mais modérés. Son contenu est indépendant de toute attache mais reste fidèle à l'Institution et au service public de l'école. Contactez-moi
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Publié le Jeudi 29 novembre 2007 à 07:02
Si le maître n'a pas la conviction personnelle qu'il peut faire progresser l'élève en échec, si le maître attend que la seule volonté de l'élève ou de ses parents se manifeste... il ne se passera rien ou pas grand chose. et le désespoir s'ajoutera au désespoir.
La lucidité si elle n'exclue pas de comprendre que toutes les difficultés ne se résolvent pas à l'école, ne doit pas minimiser que nombre d'élèves, dans les situations sociales et scolaires les plus difficiles furent sauvés grâce à l'engagement, au volontarisme des profs. Ces derniers n'ont souvent eu pour récompense, "que" la victoire individuelle d'un de leurs élèves qui "enfin" avait "appris à"... Leur bravoure est restée anonyme, parfois mal comprise. Pennac leur rend un joli salut dans son "Chagrin d'école" : "les professeurs qui m'ont sauvé... n'étaient pas formés pour ça. Ils ne se sont pas préoccupés des origines de mon infirmité scolaire. Ils n'ont pas perdu de temps à en chercher les causes et pas davantage à me sermonner. ... Ils se sont dit qu'il y avait urgence, ils ont plongé". Certes, l'action de l'enseignant s'appuiera sur la professionnalité et plus la Société sera engagée auprès de lui, plus cela devrait-être facile. Ce préalable là, cette éthique de l'éducabilité de chacun, cette conviction première, probablement la plus difficile à instaurer, reste la condition initiale essentielle. Publié le Mercredi 28 novembre 2007 à 06:00
Nous avons eu un peu peur pendant des années, de ces maîtres modèles qui écrivaient si bien au tableau, dont la parole était à ce point soignée, l'attitude policée qu'ils nous semblaient des machines à fabriquer de la conformité et peut-être du conformisme...
Mais la belle langue entendue, l'écriture soignée, la page structurée et soulignée... tout ces appareils tissés de conventions étaient aussi ces bornes, ces règles du jeu sans lesquelles nous ne pouvons jouer. Il ne s'agit pas d'un retour en arrière, de poser des barrières infranchissables, mais plutôt de créer un espace clairement délimité pour laisser à la pensée la liberté de s'essayer. C'est ici cette injonction double faite à chaque enseignant : être rigoureux et créatif. Etre modèle dans sa parole, dans sa langue... mais susciter la parole et laisser l'enfant s'essayer à l'imitation, à la transgression oui.. mais à la transgression réfléchie, voulue, choisie. Pas de marginal sans marge et de lignes tracées sur la page. Pas de poète pour se jouer des mots sans grammaire aux règles connues et identifiables. Plus que modèle, le maître doit oser être le témoin d'une culture écrite qu'il possède, avec laquelle il prend plaisir à explorer et s'approprier le Monde. Alors, le maître ose enseigner et pour que son enseignement passe, sait être bon pédagogue, c'est à dire sait s'interroger sur toutes ces règles, ces codes, ces implicites qui sont autant de signes muets pour l'enfant... Lequel sommé d'exercer son métier d'élève s'avance sans trop comprendre par où il faut aller dans cette profusion de signes, dans ces milliards d'attentes qui pèsent sur lui. Ne demandons pas tout à nos enfants. Soulageons-les. Montrons. Laissons-les essayer, reprendre, refaire, imiter, refaire encore. Et que le maître créatif soit celui dont la langue porte des mots nouveaux pour l'élève, dont le tableau soit cette page magique, structurée, précise... L'éponge salvatrice permettant à chaque fois d'effacer pour refaire. Le jeune maître en a souvent peur. Il a vu ses derniers professeurs à l'Université écrire le plus mal possible et parler dans une langue qui ne s'embarrassait pas forcément de détails... Il lui faut se réinventer dans une posture qui n'évoque guère de souvenirs pour lui. Mais de cette première exigence, de cette modélisation, passage obligé pour lui , il verra qu'il peut y gagner beaucoup pour lui même dans son statut professionnel, pour la classe comme espace de rigueur et d'essai, pour chaque élève qui comprendra un peu mieux ce que l'on attend de lui... Publié le Lundi 26 novembre 2007 à 22:45
De son voyage en Finlande , notre ministre M. Darcos souligne que des pays qui proposent moins d'heures d'enseignement que la France réussissent mieux que nous...
Certes le contexte diffère, mais nous voyons bien des questions. Question du temps utile, du temps efficace et du recentrage non pas sur les seuls fondamentaux pour exclure les entrées culturelles et sportives, mais pour aller à l'essentiel. Un exemple parmi d'autres: le maître qui sous prétexte d'aller au fond des choses développe un long cours d'histoire sur Henri IV prend le risque de ne jamais terminer son programme... Il faut aux élèves du sens et comprendre, mais aussi des repères clairs simples... pas forcément pour chaque période un long cours développé. En revanche, il faut aussi savoir dans la leçon sur Henri IV faire écrire des textes par les élèves, en lire et s'exprimer en ayant des objectifs relatifs à la langue clairement identifiés. La langue comme épine dorsale de toute activité avec des temps osés et réservés à la systématisation, au renforcement... Plutôt des rythmes pensés, parfois brefs, une véritable alternance des formes de travail, un appui sur la mémoire travaillée en classe... que de longues séances où l'on croit pouvoir être exhaustif parce qu'on reste longtemps. Difficile approche que cette relation au temps car tout est lié. Il faudra bien oser un jour poser enfin la question de l'année scolaire, de l'accompagnement culturel (qui commence avec l'accompagnement éducatif mais ne s'y limite pas)... Le temps est une matière première que nous gaspillons parce que nous n'osons pas le modeler en fonction de nos besoins. Publié le Dimanche 03 décembre 2006 à 13:14
"La triste vérité est que la plus grande part du mal est faite par des gens qui ne se sont pas décidés à être bons ou mauvais" .[Hannah Arendt - Considérations morales 1996].
Combien de choix éducatifs n'ont-ils pas été transformés dans le réel par manque d'appropriation et d'engagement des différents acteurs ? Comment rappeler aux différents acteurs de l'Institution qu'ils portent chacun une part de celle-ci et n'en sont pas les simples consommateurs ? Publié le Mardi 28 novembre 2006 à 06:51
Il faudrait qu’à l’école on propose chaque jour, au moins un exercice d’admiration. Non pas de l’admiration béate et idiote du clinquant ou du pompeux. Mais proposer au regard, parfois à contre courant, d’observer une œuvre, magnifier une perspective, toucher la sculpture… ou bien écouter une phrase musicale, le chant d’un oiseau, le battement de son cœur, s’arrêter sur un mot et ce qu’évoque son sens et sa sonorité, un reflet. Prêter attention au crissement de l’insecte, regarder au plus près le jeu de mot du journal, admirer le cumulus ou l’empreinte d’un pas laissée dans la terre. Admirer pour questionner, peut-être imiter, peut-être relativiser… mais s’autoriser l’enthousiasme d’une émotion plus forte : cette musique me dit des choses sur moi que j’ignorais, cet album raconte une histoire qui dit une part de moi qui m’était cachée… Admirer c’est à la fois pouvoir se dire individu, s’appartenir à la Société et se reconnaître modestement dans l’espèce humaine qui fabrique sa culture sur le terreau d’une nature vivante et fragile qu’il faut apprendre à aimer. Admirer, non pas pour posséder mais pour se dire un patrimoine commun. |
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