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Mon bloc perso.
Ce blog note quelques réflexions diverses concernant l'école, la pédagogie, l'éducation et l'évolution du système.
Il est un objet mouvant et inabouti, un carnet "à la volée"... Le lecteur en pardonnera la rédaction imparfaite. Le s commentaires sont possibles mais modérés. Son contenu est indépendant de toute attache mais reste fidèle à l'Institution et au service public de l'école. Contactez-moi
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Publié le Vendredi 05 janvier 2007 à 14:29
Peut-être avons-nous perdu de vue ces temps derniers l'intérêt de la polyvalence du maître qui peut aider l'élève à différencier et relier les connaissances.
Peut-être ne valorisons-nous pas suffisamment ce qui dans le socle commun des connaissances et des compétences permettrait justement de ne pas figer les disciplines en les séparant arbitrairement. Les sciences ont besoin de langage, surtout dans un monde en évolution où le savoir est moins figé que jamais. Comment faire vivre le socle pour que dans l'esprit il ne soit pas seulement un catalogue de compétences minimales, mais s'inscrive dans une démarche ambitieuse où sens et serendipidité auront pleine part ? Publié le Jeudi 04 janvier 2007 à 18:07
Innover pour innover pourrait constituer une fuite en avant de la pensée, un conformisme redoutable... Pourtant, refuser d'innover c'est refuser d'interroger sa pratique et se condamner par avance.
Innover alors non dans l'isolement ou la cooptation, mais en assortissant les choix et les essais d'un calendrier, d'objectifs et d'une évaluation interne et externe pour garantir une action réfléchie... Publié le Mercredi 03 janvier 2007 à 09:41
Dans « les vilains petits canards » (2001 Odile Jacob) , Boris Cyrulnik bien connu pour ses beaux travaux sur la résilience, nous explique comment nous sommes passés d’une « culture de la faute à celle du préjudice ». Il évoque à cet égard, le temps des pestes où le manque de connaissances ne permettait pas d’agir sur le réel mais « sur la représentation du réel grâce à l’expiation et à la poésie ». Il souligne comment le rapport à la douleur par exemple a évolué : « il n’y a pas si longtemps, quand un enfant gémissait, c’est à lui qu’on reprochait de ne pas être un homme, et c’est lui qui avait honte. Hier, la douleur prouvait la faiblesse du blessé, aujourd’hui elle révèle l’incompétence du technicien » (p38). Cette intéressante approche n’est pas sans nous rappeler l’intrusion à l’école de « l’obligation de résultats » posée par la Loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’école (2005). D’aucuns s’attendent à ce qu’en toute légitimité, des parents poussés par une attitude consumériste et procédurière, en viennent à intenter des procès à l’Education Nationale lorsque les résultats de l’enfant n’atteindront pas au moins les exigences du socle commun des connaissances et des compétences. Déjà, la mise en place de la Loi pour l’égalité des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées (11/02/2005), pose des soucis de ce type. De l’exclusion à l’intégration, l’Etat a le devoir aujourd’hui de la compensation. Certes, les textes prévoient par exemple d’associer les parents de l’élève au projet personnalisé de scolarisation, tout comme pour tout élève, les parents doivent être associés à lors de la mise en place d’un programme personnalisé de réussite éducative, mais chacun perçoit l’évolution du contexte social. Nous imaginons même comment plus tard, un jeune homme pourrait tout à la fois porter plainte contre l’institution scolaire et contre sa propre famille pour n’avoir su à temps prendre les mesures nécessaires pour qu’il dispose d’un niveau scolaire suffisant… Le principe de précaution – dans la légitime perspective de l’environnement durable - voudrait aussi que tout geste ou production sache anticiper son impact sur l’avenir. Mais il peut nous le savons paralyser nombre d’initiatives. Nous exigeons de l’objet technologique ou du produit acheté dans le commerce qu’il soit le plus parfait possible et réponde à des normes et à une standardisation la plus parfaite qui soit. Il restera toujours des erreurs de fabrication, des remplacements d’objets, des remboursements. Notre société prône la qualité et n’aime pas les failles. Mais n’y a-t-il pas un totalitarisme de la perfection ? Il marque la mode, l’école, la justice… on le voit encore avec l’exigence de « transparence » attendue des politiques. Mais une société de la « perfection », n’est-ce pas une société qui refuse le désordre et la poussière, la maladie et la mort… une société qui à force de pragmatisme s’interdit les questions et le mystère ? C’est alors qu’apparaissent celles et ceux qui feront terreau de cette perfection impossible en revenant à l’illusion par la superstition et les croyances sectaires. Revisiter la devise républicaine dans ses trois termes « liberté » « égalité » sans oublier la « fraternité » serait peut-être une façon de penser nos rapports autrement que dans une relation service – client. Poser la laïcité comme une vertu à favoriser la rencontre et le questionnement, accepter la part d’imprévisible… Placer l’éthique au cœur comme la capacité à placer la bonne distance entre le geste professionnel et la personne… De la faute à l’erreur, passer à l’essai et le questionner ensemble pour comprendre. Publié le Mardi 02 janvier 2007 à 09:07
Le maître a choisi le moment et l’heure. Il a crée la situation, imaginé le dispositif, pensé la classe pour tous et pour chacun… Il a écrit dit-on « le scénario pédagogique ». Mais il n’est pas le metteur en scène de poupées serviles. La docilité apparente qu’il a pu obtenir de sa classe c’est dans la promesse implicite, dans l’échange attendu … Parfois ce sera contre une misérable récompense (un vague bon point accroché au tableau d’honneur), parfois contre une salvatrice récréation, parfois contre la récompense d’une lecture libre ou d’un jeu enfin choisi… et puis, quelquefois, - comme on voudrait que ce soit le plus souvent ! -, contre ce savoir si l’on peut savoureux, une clé qui peut n’être que petite, mais qui ouvre une nouvelle chambre de la connaissance… Une chambre avec ses secrets à explorer et admirer souvent pour eux mêmes. L’enfant devinera bientôt qu’au fond de chaque chambre une porte, bientôt plusieurs autres sont à ouvrir. Il faudra trouver de nouvelles clés. « Efforts à la clé » dit-on… mais ce bonheur d'apprendre encore et encore... Mais le savoir n’est pas non plus qu’une enfilade de portes sans suite ni sens. L’espace s’organise. Des couloirs, des vestibules, des étages. Le maître montre le plan, et l’enfant différencie et comprend mieux cette maison où il n’est pas seul, rejoint bientôt par ses condisciples… Il arrive que le maître oublie de penser à la maison et plutôt qu’un hôte, ne reste que loueur de chambrettes qui n’ont pas toujours d’issues. Il arrive qu’il s’étonne que le locataire revienne sur ses pas ou se perde dans une chambre qui ne lui semblait guère mystérieuse à lui le maître… Il arrive que le maître retrouve un élève errant dans les sous-sols ou déjà dans les étages... Il arrive que le maître se soit vu subtiliser le trousseau de clés et en éprouve quelque agacement... Face à l’élève dont la propre richesse attendue et supposée, reste cachée et ne se révèle pas si facilement… ou ne le peut pas encore… il faut au maître des patiences de jardinier, des douceurs de menuisier… Le tuteur ne peut pas tout, le rabot se manie avec parcimonie… et si l’élève est imprévisible, il attend la parole - le pantin échappe à Gepetto - . Le maître qui croit en son élève, le guide, accepte l’imprévisible. Mais il connaît déjà quelques morceaux solides de ce savoir qu’il donne à déguster et il accepte en même temps de s’en départir. Il accepte avec bonheur l’idée que l’élève va lui échapper bientôt… et que ce sera bon signe. Publié le Lundi 01 janvier 2007 à 11:05
Ils ont pour certains ce côté un peu suranné ou convenu, pourtant les vœux tissent bellement les liens personnels, familiaux et sociaux. Ils nomment nos inquiétudes au relief de l’espoir : « la santé bien sûr »… « La réussite à ton examen »… Ils osent le projet optimiste : « tout ce que tu désires », « la fortune »... Distribués largement, ils sont un rappel à l’autre qu’il existe pour nous. Les vœux attendent un retour : « je te reconnais dans tes espérances, reconnais moi dans les miennes… ». Ils se mettent à l’heure moderne : là les cartes sur Internet –parfois au goût douteux -, « SMS » projetés dans les limbes à l’heure dite où les bouchons de champagne sautèrent. Les vœux ont partout leurs rituels parfois des rituels débridés de Carnaval. Dans « Le chat qui venait du ciel », Takashi Hiraide raconte qu’au Japon on va sagement sonner la cloche au temple. Ce rite des vœux à l’année qui change, marque notre inquiétude collective face au temps qui passe, catastrophes craintes, évitées de justesse, c'est mystère astronomique, l’Histoire humaine, qui oui, quoi que certains aient tenté de le laisser croire un temps, existe encore … Dans les écoles, il serait heureux que les maîtres réservent un temps aux vœux que l’on échange : joli exemple du « vivre ensemble ». Idée sympathique et généreuse que d’inviter l’enfant à formuler des vœux pour autrui, à esquisser un projet, des souhaits : « que souhaiterais-tu pour toi même ? Pour les autres ? Pour le Monde ? » Le projet, se mettre en projet, -pédagogie du projet dont on s’est souvent gaussé –, c’est bien cela, oser s’inventer ensemble une histoire pour soi, avec les autres… avec en prime, pour que les vœux ne soient pas un simple rite mièvre et irrationnel, que cette question du projet et des souhaits, s’accompagne d’un rappel dynamique et éthique de la question du choix. L’école ce lieu où l’on apprend à choisir. Se mettre en projet c'est savoir et pouvoir choisir.
Très belle et savoureuse année 2007 ! |
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