En lisant Roger Cevey (Regard éthique sur le geste éducatif - Liber 2005 )qui cite JL Genard (citation de citation...) [Genard La grammaire de la responsabilité, Paris, Cerf - Humanités 1999], cette notation attire mon regard : "Le savoir : il faut que celui qui consent ait les connaissances nécessaires dans l'affaire dont-il s'agit. Le vouloir : il faut que l'accord ait été donné en toute liberté, ce qui exclut par exemple du champ de validité les promesses consenties sous la menace ou la crainte. Le pouvoir : on ne peut s'engager à l'impossible, des promesses qui manifestement ne pourraient être tenues. le devoir : les promesses allant à l'encontre de ce qui est licite perdent de ce fait toute légitimité. " Ainsi (reprend Cevey ) , "l'éducateur qui s'est engagé dans un projet éducatif se pose les questions suivantes : dois-je ? (le devoir d'éduquer), veux-je (ai-je le courage, la détermination), sais-je ? (connaissance de la situation, des conséquences prévisibles), puis-je ? (franchir les obstacles sans présumer de mes forces ).
Promesse ou projet, serait-ce transposer abusivement que de voir dans le programme personnalisé de réussite éducative une démarche active et engagée ?
Ainsi :
"dois-je proposer à cet élève en difficulté un programme particulier ? " - est-il cet élève qui a besoin d'être aidé de manière spécifique ?
"Veux-je l'aider ? " C'est à dire, au delà de remplir un papier ai-je la capacité de me tourner vraiment, dans un geste professionnel où je comprends que ne pas faire, c'est laisser faire contre...
"Sais-je le faire ?" suis je capable de trouver des organisations, d'imaginer des démarches peut-être différentes, d'identifier ce sur quoi l'élève bute, suis-je capable d'imaginer d'autres approches pour une notion ?
"Puis-je ? "Parce que tout ne peut se résoudre globalement, s'embrasser d'un geste, programmer mon dispositif dans le temps, de manière économique, ciblée, évaluée selon un calendrier clair ?
Voilà une démarche qui pourrait peut être nous animer en ajoutant à cette entrée la nécessité d'une action collective pour construire une professionnalité réelle (ne pas s'isoler dans une approche, se confronter au regard d'autrui) et d'une prise en compte de la complexité où les interactions avec l'élève, l'élève et ses pairs, l'élève et sa famille, seraient prises en compte.
Savoir - Vouloir - Pouvoir - Devoir peut devenir le quadrilatère où nous aurons à imaginer pour faire réussir.







