L'éducabilité de chacun de nos élèves n'est pas une croyance naïve.
Elle est affaire d'éthique.
Nous ne pouvons pas nous enfermer dans le conformisme du déterminisme ou du désespoir : "celui - là ne pourra jamais progresser vu son environnement" "cet autre semble rétif à toute intelligence".
Plus loin que la compassion nécessaire, l'éducateur s'engage fermement pour aller chercher les possibles, à nommer chaque petite victoire, à déceler la résilience et l'alimenter, la conforter.
Il faut au maître la double capacité d'aller chercher et reconnaître le talent de chacun et d'intégrer la complexité pour ne pas s'en faire une excuse.
Dans le même temps, le maître doit travailler avec humilité : il n'est pas un surhomme, il ne sera guère payé de reconnaissance... ce qui est légitime puisqu'un bon maître "donne" sa propre victoire à l'élève pour que celui-ci continue de progresser et s'engage à son tour...
Mais pour "y croire" et avancer, le maître doit doublement se protéger : déontologie et travail en équipe.
Déontologie pour garder la bonne distance et le respect : rien ne se force et parce que c'est complexe, il faut accepter la fragilité du progrès. Mais la déontologie engage à agir.
La déontologie protège l'élève et le maître. Des règles existent, des règles sociales qui prennent appui sur la Loi démocratique.
Le travail en équipe, aide le maître à ne pas rester seul surtout lorsque c'est difficile...
La déontologie et l'éthique veillent à ce que le regard des maîtres n'enferme pas la perception de l'élève dans une sorte de cooptation, où la "norme locale" prévaudrait.
Il ne faut d'ailleurs pas confondre l'élève et "ses résultats".







