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Mon bloc perso.
Ce blog note quelques réflexions diverses concernant l'école, la pédagogie, l'éducation et l'évolution du système.
Il est un objet mouvant et inabouti, un carnet "à la volée"...
Le lecteur en pardonnera la rédaction imparfaite.
Le s commentaires sont possibles mais modérés.
Son contenu est indépendant de toute attache mais reste fidèle à l'Institution et au service public de l'école.
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Le blog de prepaclasse.net
Publié le Dimanche 04 mars 2007 à 12:34
Par Vincent Breton
Le site dédié aux enseignants "Nous.Vous.Ils" consacre une fiche "pratique" à la gestion des parents envahissants .
Si les constats faits évoquent une réalité bien connue des maîtres qui perçoivent certains parents comme intrusifs, si l'article rappelle que par ailleurs d'autres parents restent singulièrement absents, il reste un peu court à propos des causes et du travail à mener par les enseignants en direction des parents.
C'est la posture défensive qui est ici de mise où il s'agit tout à la fois de marquer son territoire "physique" (la classe) et professionnel.
La réaction n'est pas illégitime, mais elle devrait être vue peut-être dans un contexte plus large, en intégrant la complexité du problème.
On sait bien qu'une fois redevenus parents, nombre d'enseignants ne sont pas les derniers à vouloir savoir quel enseignement est dispensé à leurs propres enfants, à rechercher la meilleure qualité supposée et finalement à "consommer" à leur tour de l'école.
Dans un monde où la communication domine, il serait intéressant d'analyser ce que l'école choisit de donner à voir d'elle même, ce qu'elle accepte de dire sur ce qu'il se passe en classe...
Par ailleurs, en termes de stratégie, il semble plus efficace d'oser aller vers les parents plutôt que de les contraindre à "enquêter" ou "espionner" pour obtenir de l'information.
Probablement les enseignants devraient-ils davantage communiquer sur les programmes, les contenus à travailler : le socle commun des connaissances et des compétences devrait être cet outil parce qu'il a l'intérêt de ne pas figer les compétences à atteindre dans des "connaissances" strictes mais aussi des attitudes, parce qu'il entend une attention portée à chacun en situant le projet individuel dans le projet commun et les grands choix de la Société.
L'école doit réfléchir à la façon dont elle met du sens sur les apprentissages.
Accueillir les parents le matin en classe maternelle c'est intéressant : mais n'est-ce pas se piéger professionnellement si l'on donne seulement à voir l'image d'un aimable libre service où les enfants jouent, dessinent sans contrainte... ? Le jeu a pourtant sa pleine place et paradoxalement mérite peut-être plus d'intimité, mais ce moment pourrait judicieusement donner à voir des travaux menés la veille par l'élève ou le groupe.
En élémentaire entre quelques réunions institutionnelles et deux ou trois rendez-vous, de quels échos dispose réellement le parent d'élève sur ce que son enfant apprend, les progrès, le projet à construire... ?
Cela suppose évidemment une capacité à parler "en vrai" des compétences des programmes, en ne confondant pas la personne et ses résultats. Cela suppose de se départir de la moyenne globalisante et de ne pas voir que les parents des élèves en difficulté.
Pour être efficace, l'école doit être sincère lorsqu'elle parle de co-éducation. Cela lui permettra aussi d'impliquer les familles en leur donnant ou redonnant "à faire" y compris dans le terrain des apprentissages : l'école n'est plus le seul lieu où l'on apprend et si "au dehors" on n'apprend pas toujours comme elle le voudrait, il lui est impossible d'imaginer tout gommer et de se laisser croire qu'elle pourrait fonctionner avec des cerveaux vierges faisant tabula rasa du vécu des élèves...
Les parents ("on choisit pas sa famille, on choisit pas ses parents " dit une chanson) doivent être vus d'abord comme des citoyens dignes et parents de plein droit . Les enseignants n'ont pas à juger les parents de leur propre point de vue selon leur modèle éducatif propre (de même les parents s'ils voient "l'enseignant" doivent apprendre à ne pas l'enfermer dans le stéréotype du fonctionnaire avide de vacances et de privilèges).
Entre l'école et eux, c'est à l'école que l'on trouve les professionnels de l'enseignement, mais pas des professionnels figés sur un "savoir supérieur" , des professionnels qui travaillent en équipe, construisent une expertise et exercent une responsabilité professionnelle qui s'inscrit toujours dans les choix Institutionnels.
Une nouvelle logique est à inventer.
Au supermarché , je suis consommateur : je ne dispose pas d'espace de vraie discussion avec le commerçant ni sur les choix formels, ni sur les produits... si mon choix est contraint par les aspects économiques, je peux garder un peu de libre arbitre et changer de boutique si elle ne me convient pas. Si besoin je ferais appel à mon association de consommateurs.
L'école peut m'enfermer dans cette attitude si elle ne m'implique pas en tant que parent et ne m'explicite pas le mystère de ce que l'on apprend et pourquoi on fait ainsi.
Les nouveaux textes parus cet été 2005 ont précisé comment certaines modalités d'échange et de rencontre devaient être définies, mais il serait probablement pertinent que chaque projet d'école envisage une stratégie positive et constructive pour permettre un vrai travail de co-éducation partagée.
Encore un changement de culture !
Publié le Mardi 27 février 2007 à 11:46
Par Vincent Breton
Dans sa version 2006, le rapport conjoint de l'IGEN et de l'IGAENR , souligne la nécessité de se rapprocher de "l'usager".
Apporter une attention plus forte aux usagers qu'à l'organisation en elle même ou pour elle même, peut constituer un bel objectif mobilisateur pour le fonctionnaire de demain qui pourrait retrouver là, une part de la "vocation missionnaire" des hussards noirs de la République...
Mais la définition des "usagers" n'est pas si claire pour tous.
Qui sont les usagers de l'école ?
Chaque élève et l'ensemble des élèves ...
Chaque élève et sa famille, les deux parents vus et compris comme co-éducateurs, vrais "co-responsables" qui doivent être des partenaires compris sans préjugé...
Mais également les associations de parents et leurs représentants élus... qui doivent être destinataires d'informations.
Usager encore, la collectivité locale qui équipe et paye l'essentiel de ce qui n'est pas le salaire des maîtres...
Usager aussi le législateur et derrière lui le citoyen qui peut demander à savoir ce qui est fait de l'argent public, quels résultats sont obtenus concrètement...
Parfois l'enseignant se voit en usager de sa propre administration et demande "des services" et à "consommer" des moyens pour pouvoir être "efficace" ou "plus efficace encore" dans une équation que pourtant la réalité ne confirme pas toujours...
Dans cet ensemble complexe, si pour une part, l'usager (élève et sa famille) est un "client" qui choisit (y compris parfois dans le secondaire, par le jeu des options, ce qu'il veut apprendre en vue de son projet), l'école ne construit pas seulement une relation "client - fournisseur" : si elle doit s'adapter aux besoins de ses élèves et les placer en réussite, si elle doit accueillir l'ensemble des élèves ( y compris depuis 2005 les élèves présentant un handicap), elle attend des attitudes qu'elle aide à construire mais qui impliquent l'adhésion au modèle républicain des différents partenaires... du moins si l'on envisage l'école comme une institution organique de l'état... (cette adhésion aux valeurs existe aussi dans l'école privée... avec une proximité plus ou moins grande de ces valeurs avec celles de la république laïque...)...
Tout cela suppose d'engager un vrai travail sincère en direction des usagers.
Cela suppose aussi tout en répondant aux besoins individuels, de se situer sur le terrain de l'unité républicaine : les programmes et le niveau d'exigence doivent être identiques (et élevés) pour tous.
Il y va de la crédibilité de l'école qui doit exercer sa pédagogie vis à vis des différents usagers, se protéger d'intrusions qui ne respecteraient pas l'espace de laïcité et de neutralité, mais construire aussi un vrai partenariat sincère.
Ce partenariat commence avec une information précise sur ce que l'élève apprend, ce qu'il sait, ses progrès... information qui ne saurait se satisfaire du relevé de notes sec ou de compétences trop abstraites...
Publié le Lundi 26 février 2007 à 14:16
Par Vincent Breton
Le fonctionnaire et plus encore le professeur de l'enseignement public peut être au coeur de tensions entre ce que Weber distingue comme une éthique de la responsabilité d'une part et une éthique de la conviction d'autre part.
Cette conviction, le professeur des écoles peut même croire la "légitimer" en s'appuyant sur la Loi de programme et d'orientation pour l'avenir de l'école qui dit la "liberté pédagogique".
Jean Pol Rocquet inspecteur, évoque  la "résistance" qui pour lui n'est pas "désobéissance mais manière d'être fidèle à soi, au métier" (L'inspection pédagogique aux risques de l'évaluation L'Harmattan 2005).
La fidélité à des valeurs s'entend, mais quelle définition réelle de ces valeurs ?
Le terme de "résistance" nous renvoie très vite à l'Histoire où les dérives de fonctionnaires trop obéissants ont crée la confusion et dénaturé le terme de "collaboration".
Dans divers contextes nous voyons aujourd'hui des professeurs "choisir" de mettre en oeuvre ou pas une circulaire, ailleurs des formateurs "choisir" "d'évaluer ou pas des stagiaires" dans un dispositif...  au nom de "convictions" propres parfois fondées sur l'expérience...
Nous entendons aussi des professeurs méconnaitre "sciemment" les programmes au nom par exemple de résultats "globalement satisfaisants" aux évaluations...

Quelques éléments en discussion :
- en se plaçant seulement du point de vue de l'éthique de conviction, on peut laisser à penser qu'enseigner serait affaire de choix personnels, de croyances... Il y a risque alors de s'exposer personnellement et à terme de nourrir par exemple des oppositions entre enseignants aux convictions divergentes.
En cas d'échec, "l'usager" pourra en vouloir directement à celui qui se basait sur "ses seules convictions".

- l'école publique est censée mettre en oeuvre les choix démocratiques. On ne saurait se satisfaire que ses agents se démarquent de la volonté exprimée dans les urnes.

On sent bien ici la double nécessité d'une adhésion des fonctionnaires "aux grands choix" (le problème du consensus démocratique) et de la confiance que la Nation doit pouvoir marquer en ses professionnels de l'enseignement (sans cette confiance le fonctionnaire n'est plus qu'un exécutant incapable d'initiative).
Comme le rappelle Edgar Morin "une conviction sans responsabilité conduit à l'impuissance ou aux échecs".
Pour parvenir à concilier l'inconciliable, il faut peut-être pouvoir se placer à la bonne distance, admettre que la subjectivité d'autrui peut-être la sienne, oser chercher à comprendre sans justifier... Il faut peut être "professionnaliser "c'est à dire engager son action et mesurer son effet, s'emparer des textes pour les interpréter non pas solitairement mais solidairement, se les approprier pour les mettre en partage...

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prepaclass : Très bons voeux à toutes et tous !
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Loic : il y a des poésies en ligne sur le site de prepaclasse, pour la rentrée, mais plutôt cycle 3. Je vais les donner au choix des élèves
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