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Mon bloc perso.
Ce blog note quelques réflexions diverses concernant l'école, la pédagogie, l'éducation et l'évolution du système.
Il est un objet mouvant et inabouti, un carnet "à la volée"...
Le lecteur en pardonnera la rédaction imparfaite.
Le s commentaires sont possibles mais modérés.
Son contenu est indépendant de toute attache mais reste fidèle à l'Institution et au service public de l'école.
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Le blog de prepaclasse.net
Publié le Mardi 10 avril 2007 à 09:55
Par Vincent Breton
Le café pédagogique de ce matin signale l'avis du Haut Conseil de la science et de la technologie à propos de la désaffection des sciences .  Bernard Convert dans "les impasses de la démocratisation scolaire - sur une prétendue crise des vocations scientifiques"[Raisons d'Agir] souligne de son côté qu'il ne s'agit pas tant d'une désaffection pour les sciences "qu'une désaffection simultanée pour l'ensemble des disciplines universitaires théoriques : lettres, sciences, sciences sociales" p70. Il note qu'en France, c'est avant tout le problème de l'organisation des filières menant au baccalauréat qui fait que la série S "recrute en majorité des jeunes gens bons élèves d'origine aisée qu'elle conduit avant tout vers les classes préparatoires aux Grandes Ecoles" (p51).
Edgar Morin a depuis longtemps par ailleurs dénoncé le cloisonnement des disciplines et nous sommes nombreux à penser aujourd'hui qu'un homme "cultivé" ne saurait s'exonérer d'une bonne connaissance de la culture mathématique et scientifique... La science d'aujourd'hui a plus que jamais besoin d'humanisme et d'éthique.
A l'école primaire, force est de constater que les résultats attendus par la mise en oeuvre d'opérations comme la Main à la Pâte ou "L'enseignement rénové des sciences" restent timides.
Trois obstacles se présentent :
- la formation des maîtres qui sont plus souvent des littéraires que des scientifiques et ont eux mêmes une image austère des sciences
- la définition précise des contenus à enseigner en sciences à l'école primaire : la démarche expérimentale d'investigation voulue à juste titre par les programmes de 2002 n'a pas permis de déterminer avec précisions quelles connaissances on voulait transmettre à nos jeunes élèves.
D'une part, même s'ils construisent des expériences, ils ne pourront pas "refaire le chemin" complet du raisonnement scientifique qui a permis l'émergence des grands concepts; d'autre part, nombre de concepts scientifiques restent trop difficiles pour la pensée enfantine.
- la conception "magistrale" de la classe surtout en élémentaire, fait que le maître même s'il veut faire expérimenter ses élèves, s'engage dans des organisations très lourdes : il est difficile d'expérimenter à 25 ou 30 élèves, de savoir tirer bénéfice du travail mené c'est à dire favoriser de véritables expériences qui aboutissent à un savoir stable.
Je pourrais ajouter un quatrième élément : la difficulté pour les maîtres d'intégrer une véritable approche transversale de la maîtrise de la langue qui suppose qu'en sciences on peut et doit faire dire, lire et écrire les élèves et que les sciences sont un lieu particulièrement pertinent pour produire de la pensée sous sa forme orale ou écrite, pour argumenter, expliquer, s'approprier un vocabulaire spécifique...
Dès l'école maternelle, l'enseignement des sciences doit avoir sa bonne place.
Les programmes devraient poser de manière plus explicite quelques notions simples attendues par le travail mené et préciser également quelles premières approches culturelles de certains faits scientifiques pourraient être apportées aux élèves. Il y a les notions que l'on peut faire émerger en classe (et encore partiellement) et les notions que l'on recevra (ce qui permet par exemple d'intégrer la recherche documentaire, l'usage des TIC, de relier l'enseignement des sciences à celui de l'Histoire).
Des pistes pédagogiques concrètes doivent être proposées aux maîtres :
- mise en place d'un atelier scientifique dans la classe ou l'école (atelier d'expériences et petit musée scientifique)
- proposition d'organisations pédagogiques favorisant des fonctionnements en ateliers différenciés : par exemple un atelier expérimental, un atelier de recherche documentaire, un atelier de production d'écrit scientifique, un atelier de dessin d'observation ou de schématisation, un atelier de travail sur le lexique scientifique de la leçon (lien avec la leçon de vocabulaire).
Cela aurait notamment pour intérêt de favoriser la communication entre élèves en n'oubliant pas qu'une véritable expérience est un dispositif qui dans des conditions précises, définies et reproductibles conduit à des résultats mesurables et identiques...
Parce que le travail sur le vivant se limite aux plantations et à l'observation de quelques élevages (et encore avec prudence); il faut que l'école primaire donne sa pleine place au travail sur l'objet et à la technologie.
Observer, comparer, classer, fabriquer, démonter, remonter... Travailler sur l'objet permet de différencier et relier ("c'est pareil" "c'est pas pareil"). Il peut être très intéressant sans revenir au travail manuel d'antan de redonner sa pleine place à l'exploration et à la construction d'objets.
Toute activité scientifique dans la classe doit être valorisée et structurée : le cahier d'expériences en sciences qui est rarement autre chose qu'un recueil de photocopies doit pouvoir être un véritable outil qui témoigne de la réflexion de l'élève, de la classe et propose au final une "institutionnalisation" claire du savoir. Cela suppose que l'on ne place pas sur le même plan les hypothèses personnelles de l'enfant et la vérité scientifique.
Cela suppose aussi une exigence formelle témoignant de la rationalité de la démarche.
A la petite école, la science doit passionner tout en éloignant du "magique". Nous pouvons et devons inviter les élèves à savoir observer et re-découvrir les merveilles de la nature, nous toucherons souvent au mystère, à l'indicible, toutes les questions ne seront pas répondues et le savoir scientifique n'est en rien un objet figé... mais l'enseignement des sciences c'est d'abord une démarche rationnelle, citoyenne et laïque qui ose regarder, comparer et poser des questions.
C'est aussi une démarche responsable à l'heure où l'homme mesure combien ses choix impactent l'avenir et combien tout interagit en système...


 .
Publié le Lundi 09 avril 2007 à 08:04
Par Vincent Breton
La demande d'effort est rappelée souvent. Dès son introduction, la présentation du "Socle commun des connaissances" souligne que son acquisition supposera de la part des élèves "des efforts et de la persévérance".

Ce "rappel" est-il une manière de dire "en creux" que l'école n'aurait peut-être pas suffisamment sollicité les efforts de ses élèves ?
Ou une façon de dédouaner à l'avance l'enseignant d'un échec éventuel ? (Pourtant le "Socle commun" se veut aussi le "contrat de garantie" d'un savoir minimum sans lequel aucun élève ne quitterait le système scolaire).

On nous décrit volontiers une société de la facilité où la télévision et les aliments surgelés viendraient alimenter la paresse individuelle et collective.
La persévérance est à ce point compromise que la télécommande qui évite tout déplacement invite à l'inconstance en favorisant le "zapping" .
Internet avec son fameux "surf" favorise cet art de glisser d'information en information sans entrer dans la profondeur des choses...
Même si... il faudrait peut-être s'y arrêter, il se construit certainement de nouvelles compétences dès lors que ce "surf" s'effectue à bon escient et sait tisser une autre vision du Monde, peut-être pas méprisable...

Même si... au delà de cette vision nous ne devrions pas oublier à l'école, les efforts "pour vivre" dans leur quotidien de classes sociales confrontées à de vraies difficultés matérielles...

La curiosité que nous avons du Monde et des phénomènes nous conduit souvent à des explorations longues et couteuses en temps, en énergie... en efforts : le jeu, la passion pour un domaine, la spécialisation qu'elle soit sportive, culturelle ou scientifique peuvent engager au dépassement, à des formes d'addictions jubilatoires ou excessives...

Le problème de l'effort et de la persévérance c'est l'écart entre la dépense d'énergie et le résultat... Pire encore, c'est admettre parfois la vanité ou l'inutilité de certains efforts qui n'auront pas donné de résultats...

La problématique de l'effort est celle de la part de souffrance supportable ou acceptable que l'on demande aux individus.

Celui qui a "des facilités" réussit en dépensant moins d'efforts que l'autre.
Ces facilités tiennent peut-être au hasard génétique, mais l'histoire individuelle et sociale de chacun joue beaucoup.

La Loi d'ailleurs intègre l'idée : celle du 11 février 2005 et qui concerne le handicap, l'égalité des droits et des chances... invite l'Etat à compenser les manques. Il s'agit de répondre aux besoins individuels tout en aidant à la définition et à l'accompagnement des projets individuels.

Une autre problématique est celle du "sens de l'effort": il faut comprendre ce que l'on fait ou à tout le moins mesurer qu'il y aura une "récompense" au bout de l'effort.

Nous connaissons aussi cet étrange conditionnement : l'entrainement à l'effort conditionne l'individu au point parfois de le rendre "dépendant" à l'effort. Celui qui fait "l'effort" de courir ou de nager chaque matin verra son corps "réclamer" de l'effort... on s'habitue à l'effort et dès lors qu'elles sont pratiquées régulièrement les gammes deviennent plus douces.

"La journée appartient à ceux qui se lèvent tôt" , "No pain, no gain"... les dictons qui appellent au courage ne manquent pas.

Compétition contre soi même, la demande d'effort peut aussi apparaître comme un reproche insidieux de ce qui fonde une identité initiale ou une manière d'être dont il faudrait se départir (une culture, une naissance, des habitudes de vie...).

Renoncer, gagner ?
Faire des efforts c'est se poser en individu. C'est accepter les règles communes, la patience, c'est faire et pouvoir refaire.

La demande d'effort c'est pouvoir "négocier du temps" ou entrer en conflit avec un Monde où le temps s'accélère.

Le travail souvent imparfait de l'artisan, c'est notre impatience qui l'a engendré.
Le développement de l'effort suppose de pouvoir inscrire l'action dans le temps . Cela ne veut pas dire "renoncer à agir tôt" mais se ménager du vrai temps utile, penser la durée... la continuité.

C'est aussi accepter ce dialogue avec l'imperfection (le mieux est l'ennemi du bien) ... c'est choisir sur "quoi on fera porter ses efforts"...




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