Ce blog note quelques réflexions diverses concernant l'école, la pédagogie, l'éducation et l'évolution du système.
Il est un objet mouvant et inabouti, un carnet "à la volée"...
Le lecteur en pardonnera la rédaction imparfaite.
Le s commentaires sont possibles mais modérés.
Son contenu est indépendant de toute attache mais reste fidèle à l'Institution et au service public de l'école.
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Publié le Vendredi 25 mai 2007 à 19:33
Par Vincent Breton
Une difficulté persiste aujourd'hui dans le service public d'éducation, celle de la prise en compte de la parole des parents. Une parole qui soit équitablement reçue d'abord quelque soit le niveau social ou le degré d'influence supposé. Une parole qui soit écoutée ensuite et analysée à bon escient : en effet, la perception du parent ou le problème qu'il vient énoncer peut être perçu à juste titre parfois comme une erreur de jugement, une mise en cause injustifiée... L'enseignant pourait être heurté, nous le savons, par certains propos et trouver intrusif tel ou tel commentaire... Soit. Mais si cette vision erronnée s'est élaborée, c'est peut-être qu'il a manqué un temps d'explicitation ou d'élucidation ? Dans le discours du parent, passées certaines scories ou même des maladresses, des informations ne sont elles pas utiles aux maîtres ? Ces indicateurs ne permettent-ils pas aussi de repérer quelque chose qu'il faudra modifier, faire évoluer ou simplement expliciter ?
Des deux interlocuteurs, l'un est "usager" (ce qui n'est en rien une infâmie, chacun d'entre nous l'est à son tour) et l'autre est "professionnel", c'est à dire qu'il ne doit pas construire sa réponse de "son point de vue personnel" mais partir plutôt du point de vue du parent : "qu'est-ce qui fait tenir tel ou tel propos à ce parent ?' "comment s'est-il construit cette représentation ?" "d'où vient l'image qu'il a du travail mené ou des relations dans l'école ? " " en quoi cette représentation doit-elle éventuellement faire évoluer ma pratique d'enseignant ou comment alors permettre au parent concerné de faire évoluer sa représentation ? "
Il s'agit de ne pas sous estimer ou minimiser le discours tenu.
Au delà de cette relation "usager - serviteur public" , une autre modalité est à intégrer : la co-éducation. Les parents sont éducateurs à égale dignité avec les maîtres. Ils savent aussi bien que les maîtres ce qui est bon pour leurs enfants ou en tout cas, ils en ont la légitimité que leur confère leur responsabilité et leur droit parental. A nous de les considérer sans moraline, ni morale autre que celle du droit.
C'est à dire, que l'école laïque n'a pas à construire ses réponses en fonction de "modèles de parents" (le parent modèle) qu'elle attendrait ou se croirait en droit d'exiger au delà de ce que la Loi exige concernant l'éducation et la protection des enfants.
Non pas l'indifférence, mais la reconnaissance sans préjugé de toutes ces différentes façons de voir les choses.
L'exercice est délicat. Il demande capacité à se départir de son propre vécu, capacité à répondre d'abord en "professionnel" et non pas en "ce que je ferai à sa place" ou "c'est moi le professionnel vous n'avez pas d'avis à donner".
Les enseignants sont d'autant plus "professionnels" qu'ils savent élucider pour les parents leur geste professionnel, qu'ils savent négocier entre les objectifs à atteindre pour l'enfant et les attentes de la famille. On ne peut tout résoudre et ses convictions propres ne suffiront pas : il faut accepter de travailler avec conviction mais en intégrant d'emblée l'idée du compromis qui n'est en rien un reniement s'il permet d'avancer et de dépasser un malentendu ou une crise.
L'image est osée, mais je demande au garagiste de justifier pourquoi il effectue telle ou telle opération sur la voiture. Le médecin lui même est invité à expliquer ce qu'il veut faire et pourquoi... alors, ne reprochons pas aux parents de poser les questions que nous posons nous mêmes quand nous confions notre enfant à une école !
Publié le Mercredi 23 mai 2007 à 06:52
Par Vincent Breton
La presse relaie l'intervention de Monsieur le Ministre à propos du vouvoiement et du respect. Si la question semble posée au lycée, elle n'est pas sans légitimité à l'école où elle s'associe de plus à la question de l'usage du prénom des enseignants. Dans un souci de proximité, le plus souvent à l'école maternelle, les enseignants se font appeler par leur prénom. Des élèves, cet usage passe volontiers aux parents. Convivialité apparente, cette habitude engendre probablement plus de difficultés qu'elle ne vient en résoudre. Pour les élèves, mais aussi pour les parents, cette proximité crée nombre de confusions. S'il ne s'agit pas de créer une distance excessive, celle-ci reste nécessaire à la construction de la professionnalité, elle permet de construire ce recul qui contribuera au traitement équitable des élèves. Elle permet aux familles de voir l'enseignant d'abord dans sa fonction. Certes, on nous dira qu'aux Etats Unis, le recours du prénom est partagé... mais les usages diffèrent en France à ce point que je vois nombre d'enseignants se faire appeler par leur prénom alors qu'ils appellent les parents "Madame ou Monsieur" - ne serait-ce que parce qu'ils ne mémorisent pas le prénom de chacun...- . Dans certains milieux, si l'on appelle le personnel en particulier ancillaire par son prénom, l'inverse ne sera pas vrai... Risque donc d'entretenir sous l'apparente convivialité une forme de vassalité ou en tout cas d'appartenance à la sphère domestique. Enfant, à l'école primaire, je n'ai jamais été appelé que par mon nom de famille. C'était peut-être un peu froid en apparence, mais permettait aussi probablement de se construire par son prénom et son nom... Combien d'élèves ignorent tardivement la différence entre nom et prénom ? quand ils ne méconnaissent pas tout bonnement leur nom de famille ? Où l'enfant peut-il apprendre à se faire appeler par son nom de famille si ce n'est à l'école ? Dans ce domaine, l'usage semble avoir évolué... pourtant... Nous touchons bien ici la double question de l'identité et des rapports entre personnes. L'usage du vouvoiement des adultes dès l'école élémentaire et progressivement dès la grande section me semble de son côté une exigence légitime à construire. Il permet de placer chacun dans son statut d'adulte ou d'enfant. Est-il si choquant de marquer la différence ? Certes, la réciproque est à construire : on pourrait s'entendre sur le fait qà partir de la classe de quatrième par exemple, les adultes vouvoient les adolescents... un rite de passage ? Grandir, c'est par les apprentissages et le savoir, gagner des droits nouveaux ... dont celui de comprendre plus de choses, de choisir par soi même, de devenir citoyen... Le "tu" qu'emploient entre eux les enseignants, est hautement fédérateur. Il est un droit justement construit ici dans le compagnonnage professionnel... parfois, il s'y maintien le luxe d'un vouvoiement qui peut également avoir sa légitimité. Enfin, l'usage du vous à l'école, permet également en termes de pratique de la langue orale et écrite de ne pas se limiter à l'usage "totalitaire" du "on" trop souvent utilisé et du seul "tu"... C'est une façon simple d'introduire la conjugaison dans la diversité des personnes ! Il ne faut pas s'arrêter au formalisme excessif et croire que le respect viendrait du seul "vous"... Il ne s'agit pas d'une quelconque tradition à restaurer mais plutôt de bénéficier et tirer parti des nuances qu'apporte la langue française. Il s'agit aussi par une distance raisonnable, de donner aux enseignants leur espace d'autorité professionnelle. Le "vous" protège et c'est pourquoi les adolescents qui "grandissent" et gagnent des droits nouveaux, y ont également droit, et même avantage ... en le déniant ne marquent-ils pas leur peur de s'émanciper ?
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prepaclass : Très bons voeux à toutes et tous !
prepaclass : Le blog déménage et devient l'atelier pédagogique : http://lewebped agogique.com/at elier/ Cette évolution pour gagner en lisibiité.
mo : impossible de poster le com à l'école de la réussite ! marrant non !
Loic : il y a des poésies en ligne sur le site de prepaclasse, pour la rentrée, mais plutôt cycle 3. Je vais les donner au choix des élèves
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