Le bon maître n'est pas seulement celui qui saura appliquer les programmes, s'attachera à faire réussir et progresser chacun de ses élèves, saura s'inscrire dans la continuité et travailler avec ses pairs; le bon maître ou même l'excellent, c'est celui qui saura créer de l'esthétique.
Une esthétique de la classe et du geste pédagogique, c'est à dire, une cohérence entre le geste pédagogique et l'espace de la classe, une clarté dans la beauté de ses choix qui attire, apaise, invite et stimule la pensée, enseigne à poser le regard et questionner.
Il est des classes où tout est limpide, optimiste, clair; où la joie d'apprendre dépasse l'incertitude en aidant l'élève à questionner, différencier et relier.
Le maître a choisi un chemin, il doit éviter d'enfermer la pensée dans des rituels figés : il n'est pas d'esthétique pédagogique sans capacité à faire du sens.
Les repères posés sont des balises indispensables qui peuvent toutes être élucidées.
Le problème posé à l'élève doit avoir sa solution.
L'exercice doit avoir un enjeu.
Une esthétique de la classe c'est la capacité pour le maître d'oser choisir des mots précis, c'est l'attention portée à l'écriture, à la page, à l'affiche, à l'ergonomie, au décors.
Un décors où rien n'est inutile. Un décors où la classe, les élèves se reconnaîtront. Salle d'exercice de la pensée, salle d'essais et de jeu de rôles, lieu incroyablement structuré pour y être libre de réfléchir seul et avec les autres. Un maître qui tient compte de l'esthétique dans son enseignement sait reconnaitre la beauté de chaque intelligence. Il invite chacun à rejoindre l'oeuvre humaine. Ces choix là, pour personnels qu'ils soient, mènent à l'universel.







