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Mon bloc perso.
Ce blog note quelques réflexions diverses concernant l'école, la pédagogie, l'éducation et l'évolution du système.
Il est un objet mouvant et inabouti, un carnet "à la volée"...
Le lecteur en pardonnera la rédaction imparfaite.
Le s commentaires sont possibles mais modérés.
Son contenu est indépendant de toute attache mais reste fidèle à l'Institution et au service public de l'école.
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Le blog de prepaclasse.net
Publié le Vendredi 25 août 2006 à 01:00
Par Vincent Breton
Humeur : Ironique

On me pardonnera la frivolité de mes préoccupations, mais de retour à la vie urbaine, après m'être empli les poumons du parfum de serpolet basalpin, j'entrevois une nouvelle coutume qui m'intrigue autant qu'elle m'amuse.


Je croise en effet un nombre grandissant d'adolescents, plutôt des garçons que des filles, plutôt âgés de dix huit ans et plus... adulescents quoi, qui vaquent dans les rues avec une tétine.
Pour les uns ; pendouillant autour du cou, mais pour d'autres « en bouche ».

J'ai même admiré tout à l'heure une tétine pailletée et fluorescente.

On suçote ostensiblement, publiquement, avec décontraction... Il semble être de bon ton de s'afficher avec une tétine fluo, peut-être certains ont-ils des collections ?

Le phénomène grandissant, j'imagine déjà avec délectation les hommes d'affaires avec leur tétine, les réunions de travail où chacun tétine en bouche écoutera le discours du directeur...

Pour les professeurs, en classe, la tétine n'est-elle pas enfin le moyen miraculeux de réduire le bavardage et d'apaiser les consciences ?

La tétine pour faire la discipline ?
Menace suprême : si vous ne faites pas vos devoirs, élèves de quatrième, je confisque vos tétines !

La tétine nouvel opium du peuple ?

Des thérapeuthes et des intellectuels en débattront : des stages de "libre-tétinage" s'organiseront, tandis qu'ailleurs des cures s'offriront à celles et ceux, courageux,  qui voudront se désintoxiquer.
A la télévision, j'imagine déjà les témoignages émouvants.


Il s'ouvre donc un nouveau marché de la tétine mais cette évolution traduit-elle un simple clin d'œil ou l'irréversible progression du stade régressif ?


Je n'ai pas la réponse... et comme de toute façon j'ai toujours sucé mon pouce...

Publié le Jeudi 24 août 2006 à 10:39
Par Vincent Breton
En 2006,  81,9% des candidats au baccalauréat ont été reçus .
L'objectif de 80 % d’une génération accédant au niveau du baccalauréat avait été inscrit dans la loi Jospin en 1989. Il fut repris en 2005 par la Loi Fillon qui lui ajouta celui de 50 % de diplômés de l’enseignement supérieur

Il s'entend à présent que le diplôme se dévalorise.

La rareté est associée à la richesse dans notre modèle économique... mais ce serait ici oublier les potentialités, l'éducabilité de tous, l'émancipation de son destin que doit permettre l'école...

Jean-Louis Auduc rappelait il y a quelques années dans "Les institutions scolaires et universitaires" (Education 128 - Nathan Université) combien le "curseur" s'était déplacé en peu de temps et justifie en cela le terme de "massification" de l'enseignement.

En effet, en 1960, un élève sur deux seulement atteignait la classe de 6ème.
Imaginerait-on aujourd'hui cela en voyant une classe de CM 2 ?
Certes les autres allaient vers le certificat d'études mais tous ne l'obtenaient pas...
[Je me souviens avoir fait passer le dernier certif à la fin des années 80, il était nécéssaire à de jeunes adultes qui présentaient des concours... mais le niveau de nos candidats était inférieur à celui de nos élèves de cm2...]

En 1980, le curseur était monté au lycée : un élève sur deux rejoignait la classe de seconde.
En 1990, un élève sur deux seulement obtenait le baccalauréat.
En 1997, un élève sur deux obtenait bac + deux.
La même année, six jeunes sur dix étaient détenteurs du baccalauréat et un actif sur quatre seulement disposait du baccalauréat

Le baccalauréat fêtera son bicentenaire en 2008.
Au delà de la question de son éventuelle réforme, se pose avec force la question des 150 000 jeunes qui quittent chaque année l'école sans diplôme... et probablement sans réel projet.

Avec la mise en place du socle commun des compétences, nous touchons la problématique des contenus, des champs disciplinaires, du niveau d'exigence et de l'évaluation.

On peut choisir un modèle qui élimine au fur et à mesure pour n'en garder que quelques uns "au sommet", ou un modèle qui s'appuie sur les réussites de chacun et envisage un parcours tout au long de la vie.
Ce que tu n'as pas réussi aujourd'hui tu l'essaieras demain : nous allons chercher le maximum de clés pour t'aider, dont celle de la mise en confiance pour que tu t'engages dans l'effort. Effort qui n'est en rien l'ennemi du plaisir pourvu qu'on lui donne un sens, une direction...

Chacun changera de métier au moins deux à trois fois dans sa vie.

Cette adaptation permanente aux évolutions, suppose une vision qui ne soit pas seulement utilitariste des connaissances : ce serait l'occasion de donner meilleure place aux humanités, à la Culture, à la langue et de réfléchir aux ponts entre les différents domaines. Notre monde a besoin d'éthique et le spécialiste ne saurait travailler en vase clos. Le biologiste a besoin d'être philosophe, le mécanicien informaticien, le vendeur assez cultivé pour répondre aux aspirations de sa clientèle et surtout chacun pour son épanouissement personnel doit pouvoir enrichir son quotidien au delà des standards commerciaux d'une culture télévisuelle éprouvante faite pour occuper "son temps de cerveau disponible" comme l'avouait un jour Le Lay de TF1.

Se donner des valeurs, donner de la valeur à... montrer en quoi le savoir est savoureux... comment certaines oeuvres nourrissent mieux que d'autres... c'est donc les faire goûter et accepter l'idée "qu'on en redemande"... choix et chemins difficile dans ce monde d'urgences mercenaires et de cris.

Peut-être aussi nous faut-il dès la petite école redonner pleine force à la capacité d'émerveillement (sur ce qui est beau, ce que dit l'essai), à la capacité d'étonnement et de questionnement, au langage comme témoin d'une intelligence en action...

Le diplôme doit être vu non comme un but, mais une clé pour aller plus loin... Savoir doit donner un peu de pouvoir, non pas sur les autres mais sur soi et sa compréhension de la complexité du Monde. Il pourrait être aussi vu comme une reconnaissance...
Publié le Mercredi 23 août 2006 à 13:35
Par Vincent Breton
Les maîtres préparent la rentrée scolaire publié par Agora.vox

Envoi aux abonnés du site prepaclasse.net de la 118ème lettre de diffusion.
Publié le Mardi 22 août 2006 à 08:08
Par Vincent Breton
 

Joël de Rosnay, donne avec « La révolte du pronetariat » (Transversales - Fayard) un petit livre que tout « blogger » se doit d'avoir dans sa bibliothèque. Il y propose une analyse systémique d'un média où face au pouvoir des « infocapitalistes » peut se construire une information coopérative où les échanges fonctionnent de « pair à pair ».


Outre la présentation de certains aspects techniques, le rappel de la question du traitement de l'information et de sa fiabilité, l'importance de l'éthique dans un média participatif, Joël de Rosnay évoque la « sérendipité » (capacité de trouver une information à laquelle on n'avait pas pensé au gré du surfing)...

Large place est faite au mode d'organisation d'Agora Vox et Cybion dont le co-auteur de l'ouvrage, Carlo Revelli est le PDG. On y découvre la fonction de « rédacteur modérateur » chargé d'évaluer les informations proposées...

De Rosnay nous montre comment ce média de masse peut se constituer en intelligence collective permettant de se constituer en « contre pouvoir » exerçant une co-régulation citoyenne...

Trois mondes vont à présent co-exister « la biosphère, la technosphère et la cybersphère. ».

Cette dernière apparaît comme un « macro - organisme planétaire », « un immense cerveau dont nous devenons les neurones actifs » agissant en interaction...

« Chaque fois qu'une personne met sur le Web une photo, un article, crée un tag ou envoie des liens cliquables...elle contribue à créer une nouvelle idée ».

L'ouvrage est en ligne depuis juin 2006 et accessible gratuitement sur http://www.pronetariat.com/.


Deux questions mériteraient d'être développées ou rappelées dans le prolongement de l'ouvrage : la première est relative à l'accès limité à ce média des populations des pays pauvres, la deuxième y compris chez nous, à la nécessité d'éduquer à ce média pour que le consommateur devienne « consommacteur » ce qui suppose aussi la capacité d'être lecteur et écriveur sur le net. Ces deux fonctions méritent un apprentissage qui tienne compte de l'évolution technique permanente.

Par ailleurs, la fréquentation de listes de discussion et de sites spécialisés, en ce qui me concerne dans le domaine de l'éducation, nous montre que ce sont très souvent les mêmes rédacteurs qui interviennent le plus. L'information est dans certains domaines déjà entre les mains de « quelques uns ».

Si éthique et modération il peut y avoir, Internet n'échappe pas non plus à une forme de « normalisation » ou même de conformisme sous l'apparente liberté offerte...

Il permet par ailleurs - chacun verra si c'est un bien ou un mal -  à de très petites communautés organisées de donner une ampleur à leur mouvement de pensée qui dépasse leur influence réelle dans la société.

Enfin, le débat n'y est pas toujours aisé car le net par l'apparent anonymat qu'il semble permettre, favorise des dérives agressives ou des manipulations ...

A l'école, La maîtrise des techniques usuelles de l'information et de la communication fait partie des 7 piliers du socle commun des compétences mais le B2i école (puis collège...) qui propose un usage raisonné du net où l'on sent encore comme une « pudeur », une « réticence », ne laisse pas encore vraiment entrevoir la possibilité pour chacun d'apporter sa contribution et sa participation active et citoyenne à la cybersphère... En filigrane des questions restent non tranchées comme celle de la posture d'auteur (quand et comment puis-je devenir un auteur utile ?) et du droit d'auteur dont les valeurs traditionnelles sont bousculées par le net (débat encore mal tranché par le législateur).



Publié le Lundi 21 août 2006 à 20:20
Par Vincent Breton
le dossier de rentrée de prepaclasse.net est en ligne avec de nombreuses fiches pratiques et le commentaire de la circulaire de rentrée 2006.
Pages : 1 2 3

Tribune libre
prepaclass : Très bons voeux à toutes et tous !
prepaclass : Le blog déménage et devient l'atelier pédagogique : http://lewebped agogique.com/at elier/ Cette évolution pour gagner en lisibiité.
mo : impossible de poster le com à l'école de la réussite ! marrant non !
Loic : il y a des poésies en ligne sur le site de prepaclasse, pour la rentrée, mais plutôt cycle 3. Je vais les donner au choix des élèves
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