"N'évaluons pas pour ne pas cataloguer les élèves trop tôt !" disent les maîtres de maternelle...
"Nous n'évaluerons pas ce stage pour ne pas nuire aux élèves - professeurs" revendiquent les maîtres - formateurs...
" Je préfère ne pas évaluer, mais plutôt le contrôle continu..." dit le professeur d'éducation physique...
Ces trois points de vue furent entendus il y a peu.
Si l'on peut comprendre le souci des uns ou des autres, chacun inscrivant sa réaction dans un contexte donné, n'y a-t-il pas cependant méprise à chaque fois quant au rôle de l'évaluation ?
Evaluer, c'est d'abord "donner de la valeur à"...
Ne pas le faire, n'est - ce pas prendre le risque de "dévaloriser" le travail ou l'action de celui que l'on voulait protéger ? Peut-être pour le maître ou le formateur de dévaloriser son action propre ?
Si l'évaluationite est une maladie où se noyer de trop d'indicateurs les rendra peu opérants, est-il toujours certain que celui qui apprend et son maître soient en mesure de repérer ce qu'ils "savent de plus " ?
"Donner de la valeur à", conforter l'élève par l'identification de ce qu'il sait, repérer un but prochain, questionner son propre savoir et s'interroger sur ce qui a permis sa mise en place... rien de sec ou de sélectif dans une démarche attentive à autrui et peut-être même le souci de ne pas laisser la compétition sauvage prendre le dessus, autrement dit, refuser une fois de plus, de donner "plus de chance à ceux qui se débrouillaient déjà le mieux"...







