Il faudrait qu’à l’école on propose chaque jour, au moins un exercice d’admiration.
Non pas de l’admiration béate et idiote du clinquant ou du pompeux. Mais proposer au regard, parfois à contre courant, d’observer une œuvre, magnifier une perspective, toucher la sculpture… ou bien écouter une phrase musicale, le chant d’un oiseau, le battement de son cœur, s’arrêter sur un mot et ce qu’évoque son sens et sa sonorité, un reflet.
Prêter attention au crissement de l’insecte, regarder au plus près le jeu de mot du journal, admirer le cumulus ou l’empreinte d’un pas laissée dans la terre.
Admirer pour questionner, peut-être imiter, peut-être relativiser… mais s’autoriser l’enthousiasme d’une émotion plus forte : cette musique me dit des choses sur moi que j’ignorais, cet album raconte une histoire qui dit une part de moi qui m’était cachée…
Admirer c’est à la fois pouvoir se dire individu, s’appartenir à la Société et se reconnaître modestement dans l’espèce humaine qui fabrique sa culture sur le terreau d’une nature vivante et fragile qu’il faut apprendre à aimer.
Admirer, non pas pour posséder mais pour se dire un patrimoine commun.







