Un reportage l'autre jour à la télévision annonçait qu'un enfant recevait "en moyenne" onze cadeaux à Noël...
On n'ose imaginer l'impact d'une telle assertion sur les enfants eux-mêmes : suis- je dans la moyenne ? je n'ai que neuf cadeaux, suis-je moins aimé ?
Sur les familles, cette idée de moyenne ne se fait-elle pas "injonction à rejoindre la norme" ?
Il en va de même avec les reportages nombreux annonçant les sommes dépensées "en moyenne" par les familles pour le réveillon, les cadeaux offerts...
Ainsi, pour certains, le risque est de venir se conformer ou de chercher à surpasser cette moyenne supposée.
Je n'ai pas vu de reportage sur la valeur affective du don, ce que peut représenter un cadeau ou comment imaginer un cadeau de valeur produit de ses mains ou de son imagination? Pas vu non plus de reportage sur l'art de recevoir un cadeau... mais comment s'en séparer lorsqu'il ne convient pas...
Quand le cadeau devient encombrant...
Dans la cour de l'école, le jour de la rentrée, les élèves exposeront la liste de leurs cadeaux. Compétition pas toujours saine. En classe, parfois, sous prétexte d'échanger à l'oral ou de fixer par écrit, des maîtres indiscrets solliciteront leurs élèves...
Tout cela oublie la relation intime qui se construit entre celui qui donne et celui qui reçoit : la déception du cadeau perçu comme malvenu, c'est souvent affaire "d'estime de soi" :"c'est donc ainsi qu'elle ou il me voit... Il s'imagine que j'aime cette horreur... ou au contraire le "c'est trop beau pour moi" ou "comment savais-tu que j'adorais ce poète ?"
A l'école même, sait-on toujours la vertu de ces cadeaux : une lecture offerte, une lettre écrite à l'élève, la découverte d'une musique ou d'un savoureux savoir ? ...







