Ils ont pour certains ce côté un peu suranné ou convenu, pourtant les vœux tissent bellement les liens personnels, familiaux et sociaux.
Ils nomment nos inquiétudes au relief de l’espoir : « la santé bien sûr »… « La réussite à ton examen »…
Ils osent le projet optimiste : « tout ce que tu désires », « la fortune »...
Distribués largement, ils sont un rappel à l’autre qu’il existe pour nous.
Les vœux attendent un retour : « je te reconnais dans tes espérances, reconnais moi dans les miennes… ».
Ils se mettent à l’heure moderne : là les cartes sur Internet –parfois au goût douteux -, « SMS » projetés dans les limbes à l’heure dite où les bouchons de champagne sautèrent.
Les vœux ont partout leurs rituels parfois des rituels débridés de Carnaval.
Dans « Le chat qui venait du ciel », Takashi Hiraide raconte qu’au Japon on va sagement sonner la cloche au temple.
Ce rite des vœux à l’année qui change, marque notre inquiétude collective face au temps qui passe, catastrophes craintes, évitées de justesse, c'est mystère astronomique, l’Histoire humaine, qui oui, quoi que certains aient tenté de le laisser croire un temps, existe encore …
Dans les écoles, il serait heureux que les maîtres réservent un temps aux vœux que l’on échange : joli exemple du « vivre ensemble ».
Idée sympathique et généreuse que d’inviter l’enfant à formuler des vœux pour autrui, à esquisser un projet, des souhaits : « que souhaiterais-tu pour toi même ? Pour les autres ? Pour le Monde ? »
Le projet, se mettre en projet, -pédagogie du projet dont on s’est souvent gaussé –, c’est bien cela, oser s’inventer ensemble une histoire pour soi, avec les autres… avec en prime, pour que les vœux ne soient pas un simple rite mièvre et irrationnel, que cette question du projet et des souhaits, s’accompagne d’un rappel dynamique et éthique de la question du choix. L’école ce lieu où l’on apprend à choisir. Se mettre en projet c'est savoir et pouvoir choisir.
Très belle et savoureuse année 2007 !







