Dans un article récent, le Café pédagogique rappelle que les apparents "bons chiffres" du bac ne doivent pas masquer la réalité. "En 2007, seulement 63,6% d'une génération obtient le bac. C'est moins en proportion et en volume qu'en 2006. Fait unique parmi les pays développés, depuis dix ans, en France le taux d'accès au bac stagne."
En 1960, seul un élève sur deux parvenait... en sixième. En 1997, c'était un sur deux à bac plus deux.
Pour certains la massification dévaloriserait le diplôme. Pourtant, il reste un sésame indispensable à la suite du parcours.
Les 150 000 personnes qui quittent chaque année le système éducatif sans qualification le mesurent à l'aune des difficultés professionnelles et probalement personnelles qu'elles éprouvent.
Ces données pourraient se croiser avec les 3 100 000 personnes en situation d'illettrisme soit 9% de la population dont plus de la moitié est âgée de plus de 45 ans...
4,5% des jeunes gens sont en situation d'illettrisme. Selon Pisa, d'autres encore rencontrent des difficultés significatives en lecture.
Pour conserver une image, cela laisse à penser que dans chaque classe à l'école primaire, 4 à 5 élèves sont en moyenne concernés par le risque de se trouver en grande ou très grande difficulté.
Ce chiffre serait à pondérer selon les contextes : dans quelques quartiers ce sera un ou deux élèves par classe, ailleurs nettement plus... mais pour chacun c'est aussi une façon de repérer les urgences.
Au demeurant, cibler et travailler prioritairement à "sauver" ces élèves, ce n'est pas abandonner les autres.
L'étayage, les repères, les méthodes, les détours pédagogiques imaginés pour les uns serviront à tous.
A cet égard, je garde en mémoire cette très belle réflexion d'un maître de CE1, qui après avoir travaillé lors d'un stage sur la question d'élèves fréquentant une classe spécialisée pour enfants en situation de handicap cognitif, avait souligné combien ce qu'il avait appris lui servait dans sa classe eu service de tous les élèves.
Avec lucidité, mais sans moraline, il apparait important aujourd'hui de se dire que nous avons les moyens d'agir et que cette action doit porter d'abord sur les pratiques professionnelles (la pédagogie) conjointement aux contenus.
A cet égard, le socle commun des connaissances pose bien la question à la fois de l'essentiel à apprendre, des relations entre les disciplines, de l'utile transversalité de la maîtrise de la langue à travailler à tous les niveaux.







