Le Monde de l'Education consacre son numéro 360 (juillet - août 2007) à ces pédagogues "penseurs, acteurs ou passeurs" d'une "autre école".
Le dossier est intéressant qui permet de retrouver une présentation hélas bien sommaire de plusieurs personnages comme Roger Cousinet, Montessori, Oury, Deligny, Dewey...
De nombreux éléments permettent de mesurer combien ces pédagogues "hors normes" ont déjà apporté à l'ensemble du système éducatif et combien ils pourront apporter encore... mais singulièrement ce numéro cède à un certain angélisme et n'échappe pas à une forme de manichéisme...
S'ils sont attachants, ont souvent su résister, faire preuve d'engagement personnel, il est un peu dommage que l'on continue d'entretenir une vision idéalisée de ces différents pédagogues...
Ils ont souvent entrenu ou suscité autour d'eux un esprit de chapelle, s'excommuniant les uns les autres ...
Souvent aussi de nombreuses dérives ont été occasionnées par une mise en oeuvre trop idéologique de leurs préceptes.
Il suffit de se souvenir de certaines classes Freinet à l'ambiance de "petite usine", très structurées et dirigées d'une main de fer par leurs instituteurs, dans un climat d'austérité qui n'aurait pas reçu l'aval de Freinet... Dès lors que les principes s'érigent en dogme, il y a risque. On peut respecter et rendre homage sans dévotion...
On lit dans ce numéro du Monde de l'Education d'agaçantes affirmations : "ces écoles ne scolarisent que deux mille élèves mais la violence y est rare".
Agaçant parce que l'école d'aujourd'hui n'est pas que violence, loin s'en faut et puis c'est peut-être parce qu'elles ne scolarisent que deux mille élèves que la violence y est rare ! Peut-être aussi parce que les élèves et les familles qui les fréquentent ont adhéré au modèle proposé !
Ces écoles "diféfrentes"sont des écoles choisies le plus souvent par les familles et les équipes d'enseignants (avec la question problématique sur le plan éthique de la cooptation). Elles ne sont pas toujours celles de la mixité sociale.
Ces réserves faites, quand Fernand Oury revendique l'hétérogénéité comme un plus, ou lorsque Roger Cousinet évoque l'école coopérative, à l'heure de la mise en place du socle commun et des parcours individualisés, à l'heure où nous devons différencier la pédagogie pour réduire les sorties sans qualification du système, nous avons beaucoup à apprendre et "prendre"de ces pratiques...
Il serait donc intéressant de voir comment y puiser des ressources, sans que celà tombe dans la simple reprise "gadget"ou la transposition béate.







