Si le maître n'a pas la conviction personnelle qu'il peut faire progresser l'élève en échec, si le maître attend que la seule volonté de l'élève ou de ses parents se manifeste... il ne se passera rien ou pas grand chose. et le désespoir s'ajoutera au désespoir.
La lucidité si elle n'exclue pas de comprendre que toutes les difficultés ne se résolvent pas à l'école, ne doit pas minimiser que nombre d'élèves, dans les situations sociales et scolaires les plus difficiles furent sauvés grâce à l'engagement, au volontarisme des profs.
Ces derniers n'ont souvent eu pour récompense, "que" la victoire individuelle d'un de leurs élèves qui "enfin" avait "appris à"...
Leur bravoure est restée anonyme, parfois mal comprise.
Pennac leur rend un joli salut dans son "Chagrin d'école" : "les professeurs qui m'ont sauvé... n'étaient pas formés pour ça. Ils ne se sont pas préoccupés des origines de mon infirmité scolaire. Ils n'ont pas perdu de temps à en chercher les causes et pas davantage à me sermonner. ... Ils se sont dit qu'il y avait urgence, ils ont plongé".
Certes, l'action de l'enseignant s'appuiera sur la professionnalité et plus la Société sera engagée auprès de lui, plus cela devrait-être facile. Ce préalable là, cette éthique de l'éducabilité de chacun, cette conviction première, probablement la plus difficile à instaurer, reste la condition initiale essentielle.







