En observant dans différents contextes (veille éducative, politique de la ville, handicap) des réunions de travail rassemblant des partenaires souvent nombreux relevant de différents organismes ou institutions, deux remarques viennent à l'esprit :
- tout d'abord, si les partenariats se construisent mieux que par le passé, avec le souci d'évaluer les dispositifs mis en oeuvre, il est singulier de noter que les familles sont évoquées à la marge comme de véritables partenaires. Une collègue emploie volontiers la formule "faire alliance" avec les familles, dans l'idée d'être avec... mais cette posture reste rare...
- en corollaire avec ce point, le sentiment que souvent "bien intentionnés" les professionnels qu'ils soient du soin, sociaux ou de l'Education, tels les bonnes fées du conte, tendent à se pencher sur le berceau de l'enfant suivi et de l'élève espéré, en projetant pour lui un "avenir-projet" qui prend le risque d'occulter ou d'obérer le libre arbitre ou les choix de la famille comme de l'individu...
Le risque n'existe-t-il pas qu'à force de vouloir guider, entourer, "décider pour", on enferme l'enfant dans un idéal impossible à jamais atteindre ?
Comment faire pour intégrer le sujet à ce projet que l'on met parfois en place pour répondre à une situation d'urgence, parce que ça va mal, parce qu'il y a crise...
La question touche à l'éthique, aux représentations des uns et des autres : ce que nous engageons pour cet enfant, concevrions-nous que des tiers l'engagent pour nos propres enfants ?
Parviendrons-nous à réhabiliter pleinement la place du maître, si nous ne réhabilitons pas les parents dans leur dignité et leur entière responsabilité ?
Question complexe.







