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Mon bloc perso.
Ce blog note quelques réflexions diverses concernant l'école, la pédagogie, l'éducation et l'évolution du système.
Il est un objet mouvant et inabouti, un carnet "à la volée"... Le lecteur en pardonnera la rédaction imparfaite. Le s commentaires sont possibles mais modérés. Son contenu est indépendant de toute attache mais reste fidèle à l'Institution et au service public de l'école. Contactez-moi
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Publié le Dimanche 03 décembre 2006 à 13:14
"La triste vérité est que la plus grande part du mal est faite par des gens qui ne se sont pas décidés à être bons ou mauvais" .[Hannah Arendt - Considérations morales 1996].
Combien de choix éducatifs n'ont-ils pas été transformés dans le réel par manque d'appropriation et d'engagement des différents acteurs ? Comment rappeler aux différents acteurs de l'Institution qu'ils portent chacun une part de celle-ci et n'en sont pas les simples consommateurs ? Publié le Mardi 28 novembre 2006 à 06:51
Il faudrait qu’à l’école on propose chaque jour, au moins un exercice d’admiration. Non pas de l’admiration béate et idiote du clinquant ou du pompeux. Mais proposer au regard, parfois à contre courant, d’observer une œuvre, magnifier une perspective, toucher la sculpture… ou bien écouter une phrase musicale, le chant d’un oiseau, le battement de son cœur, s’arrêter sur un mot et ce qu’évoque son sens et sa sonorité, un reflet. Prêter attention au crissement de l’insecte, regarder au plus près le jeu de mot du journal, admirer le cumulus ou l’empreinte d’un pas laissée dans la terre. Admirer pour questionner, peut-être imiter, peut-être relativiser… mais s’autoriser l’enthousiasme d’une émotion plus forte : cette musique me dit des choses sur moi que j’ignorais, cet album raconte une histoire qui dit une part de moi qui m’était cachée… Admirer c’est à la fois pouvoir se dire individu, s’appartenir à la Société et se reconnaître modestement dans l’espèce humaine qui fabrique sa culture sur le terreau d’une nature vivante et fragile qu’il faut apprendre à aimer. Admirer, non pas pour posséder mais pour se dire un patrimoine commun. Publié le Samedi 25 novembre 2006 à 16:10
Nous entendons souvent des enseignants reprocher l’attitude de parents qui « intrusifs » et de plus en plus « consommateurs », exigent que l’école « rende compte ». L’exercice d’une professionnalité suppose qu’elle puisse construire sa culture et ses modes opérationnels sans avoir le sentiment d’avoir à se justifier ou d’être jugée dans une logique de soupçon permanent… La confiance se tisse en réseaux complexes, horizontaux, verticaux, externes, internes… Mais tout en préservant l’idée que l’école française reste une Institution organique de l’Etat, qui « fabrique du lien social » en inscrivant tous ses acteurs dans la logique républicaine et laïque, est-il illégitime de concevoir d’avoir « à rendre compte » ? Certes l’Institution elle même dispose de contrôles internes… Peu à peu des contrôles externes s’élaborent : loi de finance, PISA… Les textes définissent de nombreux aspects où il faut rendre compte aux parents, aux citoyens, à la collectivité ou à la représentation nationale comme à l’Institution. C’est dans la nature du contrat qui lie le fonctionnaire à l’Institution dont il est membre lui même – ce qu’il oublie parfois- . Chaque fonctionnaire étant investit à son niveau d’une part de ce pouvoir institutionnel légitimé par les textes. Toute évolution peut être subie ou choisie. Subie, elle devient au mieux concession, tolérance plutôt que démarche emportant l’adhésion. Critiquée, l’évolution semble devoir être dénoncée comme un renoncement et l’on se réfère volontiers à un passé alors présenté comme « meilleur » et regretté… Age d’or que chacun construit et reconstruit selon son histoire… Choisie, elle peut devenir une construction volontaire et active où la professionnalité, « reprenant la main », ose « donner à voir » et ne s’interdit pas de céder un peu de pouvoir pour « rendre lisible ses pratiques » et impliquer les différents partenaires pour en faire plus des acteurs que des consommateurs. Donner à voir au public de la multiplicité de ses actes professionnels, ce n’est pas « se justifier », c’est apporter la preuve que l’argent public est employé au mieux et que l’engagement de tous est réel. Certes, comme dans la classe où l’élève qui travaille peut être sifflé par ceux qui préfèreraient s’enferrer dans le « non faire » ou le « ne changeons -rien surtout », l’action prend le risque de déranger l’ « habitus », mais elle peut aussi créer de l’innovation ou engager, rassembler, tisser du lien ne serait-ce que par les interrogations qu’elle fédère autour du projet. Fonctionnaire et professionnel, l’enseignant de service public n’exerce pas un métier comme les autres. Il a par son éthique, à témoigner de la noblesse d’un service public qui ose dire ce qu’il fait et pourquoi il le fait en situant ses procédures dans le cadre institutionnel. Non pas seulement au service des élèves, mais au service des futurs citoyens dans le cadre républicain. Certes, on peut craindre des dérives : effets d’affichage, compétition malvenue. Mais c’est justement parce que le « fonctionnaire enseignant » inscrira son action dans le cadre des textes qu’il montrera comment il met en œuvre la volonté du législateur. Autrement dit, il s’agit de donner à voir l’effet des choix politiques, peu importe ces choix, pour montrer que l’Institution est aussi un objet de la démocratie. Enfin, c’est par ce témoignage actif d’une Institution qui n’aura pas peur d’énoncer la complexité et la nécessité d’une professionnalisation que l’on pourra mieux mobiliser les parents, citoyens de l’école. Publié le Mercredi 08 novembre 2006 à 06:37
Nous nous soucions volontiers (ou en tout cas nous énonçons le faire) des représentations que l'élève peut avoir du savoir en parlant des fameuses "représentations initiales de l'élève".
On pourra s'interroger un moment sur la part proportionnellement accordée dans la séquence à ce travail sur les représentations, à la part accordée au savoir lui même et sa stabilisation .... L'énoncé de ces représentations n'est pas toujours suivi d'un travail sur ces représentations et plutôt que de venir dans la "zone proximale de développement", quitte à oser créer un peu de perturbation , on se contente plus souvent que l'on ne croit de conforter "des croyances" . Ces "croyances" parce qu'énoncées dans le forum de la classe prennent un statut "institutionnalisé" (elles sont reconnues dans le cadre d'une légitime expression libre où l'on confond hélas savoir et opinion "moi je pense que nous avons deux poumons" "moi je pense que nous avons un seul poumon" "qui pense que nous avons un poumon ? deux poumons? trois poumons ?" demande la maîtresse comme si le savoir "se votait") et bien souvent dans certains cahiers, le "vrai savoir institutionnalisé" apparait pratiquement comme "une croyance de plus" quitte à ce que le maître la valide en lui conférant par son onction le "statut de savoir"... Ce souci réel, en particulier en sciences, ne vient-il pas aussi du fait que le maître ne s'est pas interrogé sur ses propres représentations qu'il peut avoir des connaissances transmises ? Polyvalent, le maître du premier degré est-il toujours certain de ce qu'il affirme, a-t-il été vérifier le problème posé par tel ou tel concept ? A-t-il su simplement se poser pour lui-même les questions qu'il propose au débat de ses élèves ? Est-il allé vérifier les choses ? Publié le Lundi 30 octobre 2006 à 08:33
Ce qui motive généralement le professeur spécialiste d’une discipline, c’est « sa spécialité ». Ainsi aimerait-il pouvoir approfondir, traiter chaque thème de manière exhaustive. Au collège, au lycée… dans les IUFM même, chaque corps de spécialistes réclame plus d’heures pour « son » enseignement. Le professeur des écoles lui, a souvent la tentation de traiter longuement une question. Surtout s’il se sent spécialiste d’un domaine. Mais il se confronte au temps qu’on lui donne, aux programmes qu’on lui fixe… Approfondir la Préhistoire, ne laissera plus le temps de traiter le Moyen Age. Développer dans les détails la respiration, ne permettra pas d’être aussi précis avec les autres fonctions vitales. Mais au delà des programmes, il y a tension entre « la passion du professeur » ou du maître pour sa discipline, son sujet et les besoins réels des élèves. Ceux-ci deviendront peut être plus tard des spécialistes d’un domaine, mais il doivent d’abord à la fois s’approprier « le socle », « les humanités » , devenir des citoyens capables de différencier, puis capables d’exercer leurs choix et d'aller approfondir à bon escient. Le maître ou le professeur s’ils doivent faire un certain deuil de leur discipline, s’ils doivent comprendre que c’est à l’Université que l’on approfondit et que l’on pourra le faire d’autant mieux si « le socle » est bien installé, doivent aussi savoir que leur professionnalité passera par une capacité à rester à l’essentiel (l'essence n'étant pas un minimum bas de gamme) à enseigner « la juste chose » et surtout, se donner le but de transmettre au plus grand nombre cet essentiel justement énoncé. Il n’est pas de petit savoir qui ne suppose effort et action de l’intelligence. La Culture pour le jeune c’est d’abord la capacité de reconnaître dans ses signes ce qui vient de l’histoire collective : histoire de la langue, histoire des religions ou des sciences… Histoire humaine... Apprendre à reconnaître, savoir questionner, avoir le maître près de soi pour élucider puis ses camarades pour reformuler, apprendre à regarder, comparer, reconnaître, relier… L’un des enjeux du socle commun des connaissances, sera aussi d’aider les maîtres à situer la bonne exigence : il faut avoir une haute estime des objets les plus simples à enseigner, il faut avoir une haute estime de l’intelligence des élèves et des questions qu’ils peuvent poser… mais ne pas la confondre avec des connaissances qui ne peuvent se reconstruire toutes. |
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