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Mon bloc perso.
Ce blog note quelques réflexions diverses concernant l'école, la pédagogie, l'éducation et l'évolution du système.
Il est un objet mouvant et inabouti, un carnet "à la volée"...
Le lecteur en pardonnera la rédaction imparfaite.
Le s commentaires sont possibles mais modérés.
Son contenu est indépendant de toute attache mais reste fidèle à l'Institution et au service public de l'école.
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Le blog de prepaclasse.net
Publié le Mercredi 06 septembre 2006 à 06:21
Par Vincent Breton
Entendu un maître parler avec vigueur de "son projet pour cette année"...

L'enthousiasme sera certainement moteur, les évènements riches pour les élèves, le travail intense, en particulier du côté du maître qui aura beaucoup à rechercher, préparer... On "fera" et "produira"...

Mais le projet du maître sera-t-il celui de l'élève ?

Le projet du maître s'inscrira-t-il dans les programmes et construit en relation avec le projet d'école ?

Une représentation heuristique ne permettrait - elle pas d'envisager les interactions entre les différents aspects, d'équilibrer le projet en le reliant aux apprentissages, en permettant de mesurer les acquis des élèves qui risquent d'être noyés et masqués (ces acquis, les élèves peut-être aussi)  dans la vastitude d'un projet envahissant qui entrera souvent en concurrence avec l'emploi du temps "habituel" de la classe ?

Publié le Mardi 05 septembre 2006 à 04:31
Par Vincent Breton
Humeur : Ironique
Qui flatte-on lorsqu'à l'école pratiquant d'utiles débats, on les baptise "philosophiques" ?

On peut très jeune philosopher, apprendre à questionner le Monde...

Mais ne nous leurrons pas : la philosophie a besoin de langage, de textes, de Culture.

Le petit "philosophe", sagement assis, n'aura t-il très vite compris ce qui flatte l'adulte face à lui ?

Il donne à dire ce que le maître attend.
Comme en mathématiques, il pose la potence de la division pour faire plaisir au maître, même s'il a déjà compris et trouvé le résultat.

Il se conforme.
Et tout tend chez l'enfant au conformisme social.
Rien ne lui est plus difficile que de marquer une différence...

Et quelle frustration nous dit-il ce maître qui ne se contente pas de "débat" mais le veut "philosophique" ? Quelle élévation espère-t-il ainsi ?

Par prétention, le débat philosophique ne vient-il pas "snober" le "simple débat"qui pose l'apprentissage du partage de parole et de point de vue ?

Ni excès d'honneur, ni d'indignité... mais un peu d'humble prudence calmerait nos ardeurs et ne nous mépriserait pas à bon compte dans la facile flatterie...
Publié le Mardi 29 août 2006 à 00:00
Par Vincent Breton

Je relisais l'article percutant que Daniel Hameline consacre à l'autonomie dans "Questions pédagogiques" chez Hachette Education (1999). Je renvoie le lecteur à sa lecture...

Percutant parce que l'autonomie fait partie de ces sortes de "tartes à la crème" sur lesquelles tout le Monde s'accorde en apparence...
Développer l'autonomie... qui serait contre ?

Et pourtant à bien des égards, l'une des fonctions premières de l'école n'est pas de laisser l'individu vivre selon ses propres schémas mais bien de se plier d'abord à la loi commune.
Dans certains cas, il n'est pas certain que les maîtres ne craignent pas l'autonomie de leurs élèves : pas seulement dans "l'aller et venir" mais y compris dans la capacité d'aller plus vite dans un travail...
Combien de maîtres contraignent à passer par des étapes obligatoires pour formuler longuement une réponse trouvée en un geste mental simple et rapide ?
Certes, cet étapisme est parfois utile, mais parfois aussi comme un frein... Pour mémoire, certains maîtres craignent encore de trouver devant eux au cours préparatoire spécialement, des élèves "qui en sauraient trop" et risqueraient de s'ennuyer... Le comble ! en savoir trop serait-ce possible ?

Choses vues : un cahier d'autonomie... comme si l'autonomie s'apprenait ou se pratiquait pour elle même.
Ailleurs, des annotations lues dans des livrets regrettent tour à tour "manque d'autonomie" (mais du fait de qui ou de quoi ? )et "n'en fait qu'à sa tête"(ce qui pourtant serait preuve d'une grande autonomie...).

A l'autonomie, Roland Goigoux dit préférer l'auto-régulation.
Mais l'auto-régulation, si elle intègre la centration sur la tâche et impose de se souvenir qu'il existe des règles extérieures à son agir propre, ne pose pas encore la société des autres comme lieu de droit gagné et de devoir engageant...

Dans cette difficulté, peut-être l'école retrouverait un peu plus de place et de sens si chaque savoir gagné conférait un peu plus de pouvoir. Ce pouvoir de faire des choses en plus qui doit aussi engager à plus de devoirs solidaires en particulier vers ceux qui savent moins...

Le savoir comme une clé vers soi et vers les autres ?

Publié le Jeudi 24 août 2006 à 10:39
Par Vincent Breton
En 2006,  81,9% des candidats au baccalauréat ont été reçus .
L'objectif de 80 % d’une génération accédant au niveau du baccalauréat avait été inscrit dans la loi Jospin en 1989. Il fut repris en 2005 par la Loi Fillon qui lui ajouta celui de 50 % de diplômés de l’enseignement supérieur

Il s'entend à présent que le diplôme se dévalorise.

La rareté est associée à la richesse dans notre modèle économique... mais ce serait ici oublier les potentialités, l'éducabilité de tous, l'émancipation de son destin que doit permettre l'école...

Jean-Louis Auduc rappelait il y a quelques années dans "Les institutions scolaires et universitaires" (Education 128 - Nathan Université) combien le "curseur" s'était déplacé en peu de temps et justifie en cela le terme de "massification" de l'enseignement.

En effet, en 1960, un élève sur deux seulement atteignait la classe de 6ème.
Imaginerait-on aujourd'hui cela en voyant une classe de CM 2 ?
Certes les autres allaient vers le certificat d'études mais tous ne l'obtenaient pas...
[Je me souviens avoir fait passer le dernier certif à la fin des années 80, il était nécéssaire à de jeunes adultes qui présentaient des concours... mais le niveau de nos candidats était inférieur à celui de nos élèves de cm2...]

En 1980, le curseur était monté au lycée : un élève sur deux rejoignait la classe de seconde.
En 1990, un élève sur deux seulement obtenait le baccalauréat.
En 1997, un élève sur deux obtenait bac + deux.
La même année, six jeunes sur dix étaient détenteurs du baccalauréat et un actif sur quatre seulement disposait du baccalauréat

Le baccalauréat fêtera son bicentenaire en 2008.
Au delà de la question de son éventuelle réforme, se pose avec force la question des 150 000 jeunes qui quittent chaque année l'école sans diplôme... et probablement sans réel projet.

Avec la mise en place du socle commun des compétences, nous touchons la problématique des contenus, des champs disciplinaires, du niveau d'exigence et de l'évaluation.

On peut choisir un modèle qui élimine au fur et à mesure pour n'en garder que quelques uns "au sommet", ou un modèle qui s'appuie sur les réussites de chacun et envisage un parcours tout au long de la vie.
Ce que tu n'as pas réussi aujourd'hui tu l'essaieras demain : nous allons chercher le maximum de clés pour t'aider, dont celle de la mise en confiance pour que tu t'engages dans l'effort. Effort qui n'est en rien l'ennemi du plaisir pourvu qu'on lui donne un sens, une direction...

Chacun changera de métier au moins deux à trois fois dans sa vie.

Cette adaptation permanente aux évolutions, suppose une vision qui ne soit pas seulement utilitariste des connaissances : ce serait l'occasion de donner meilleure place aux humanités, à la Culture, à la langue et de réfléchir aux ponts entre les différents domaines. Notre monde a besoin d'éthique et le spécialiste ne saurait travailler en vase clos. Le biologiste a besoin d'être philosophe, le mécanicien informaticien, le vendeur assez cultivé pour répondre aux aspirations de sa clientèle et surtout chacun pour son épanouissement personnel doit pouvoir enrichir son quotidien au delà des standards commerciaux d'une culture télévisuelle éprouvante faite pour occuper "son temps de cerveau disponible" comme l'avouait un jour Le Lay de TF1.

Se donner des valeurs, donner de la valeur à... montrer en quoi le savoir est savoureux... comment certaines oeuvres nourrissent mieux que d'autres... c'est donc les faire goûter et accepter l'idée "qu'on en redemande"... choix et chemins difficile dans ce monde d'urgences mercenaires et de cris.

Peut-être aussi nous faut-il dès la petite école redonner pleine force à la capacité d'émerveillement (sur ce qui est beau, ce que dit l'essai), à la capacité d'étonnement et de questionnement, au langage comme témoin d'une intelligence en action...

Le diplôme doit être vu non comme un but, mais une clé pour aller plus loin... Savoir doit donner un peu de pouvoir, non pas sur les autres mais sur soi et sa compréhension de la complexité du Monde. Il pourrait être aussi vu comme une reconnaissance...
Publié le Vendredi 18 août 2006 à 09:50
Par Vincent Breton

Jean Pierre Dupuy évoque le catastrophisme éclairé : pour lui, lorsque la catastrophe est là, inévitable, nous nous refusons à l'évidence. Il faut déjà travailler sur le scénario de l'après-catastrophe.
"La catastrophe, comme événement surgissant du néant, ne devient possible qu'en se possibilisant".
S'il faut prévenir la catastrophe, elle doit être crédible avant d'arriver. Il faut pouvoir croire  en sa possibilité avant qu'elle ne se produise dans les faits... mais prévenir efficacement, c'est maintenir la catastrophe dans le domaine de l'impossible en l'éloignant de notre réalité,  c'est même dans l'imaginaire rendre la prévention  rétrospectivement inutile.

Avant la Première guerre mondiale Bergson ne disait-il pas que la celle - ci était tout à la fois "probable et impossible" ?

On se souvient  de la manière dont à chaque fois nous nous sommes préparés à ces deux guerres; l'expérience de la première ne servant pas la préparation de la deuxième .

D'aucuns cyniques sans vergogne, disent parfois "souhaiter une bonne guerre" pour provoquer les reconstructions et mises à plat nécessaires...

En matière d'éducation, le projet d'instruire et de former ne saurait s'autoriser à désespérer maîtres et élèves.
Crier et même vouloir "sauver l'école" malgré elle, c'est prendre le risque d'abord de favoriser dans un "sauve qui peut", la compétition avec toutes ses tentations de "dopage"et la mise en concurrence des individus dans un chacun pour soi forcément dangereux pour tous ...

Entre la dénégation et le catastrophisme, la voie est étroite pour que se maintiennent des valeurs collectives qui respectent chacun, s'attachent à nous faire progresser avec rationalité, pragmatisme, ouverture aux évolutions accélérées du Monde et des connaissances...


J'entends à la radio que le système solaire compterait finalement plus de neuf planètes... peut-être douze.



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prepaclass : Très bons voeux à toutes et tous !
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mo : impossible de poster le com à l'école de la réussite ! marrant non !
Loic : il y a des poésies en ligne sur le site de prepaclasse, pour la rentrée, mais plutôt cycle 3. Je vais les donner au choix des élèves
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