Ce blog note quelques réflexions diverses concernant l'école, la pédagogie, l'éducation et l'évolution du système.
Il est un objet mouvant et inabouti, un carnet "à la volée"...
Le lecteur en pardonnera la rédaction imparfaite.
Le s commentaires sont possibles mais modérés.
Son contenu est indépendant de toute attache mais reste fidèle à l'Institution et au service public de l'école.
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Publié le Vendredi 19 octobre 2007 à 18:14
Par Vincent Breton
Encore un reportage ce soir sur France 2 présentant l'instruction à domicile sous un jour favorable. Certes, ce choix d'instruction dans la famille est une possibilité qu'autorise la loi. Un contrôle est même prévu et le tout est très encadré (déclaration à l'Inspecteur d'académie et au Maire)...
Mais les reportages se sont bien gardés de souligner plusieurs aspects : - cette instruction reste réservée à des familles aisées et favorisées d'un point de vue culturel. - cette approche ne contribue pas à la rencontre de la différence et au brassage social - même si plusieurs enfants suivent cette instruction dans la famille, les modes de communication que propose la vie en collectivité, ne sont pas développés...
2,5% d'une classe d'âge est en situation de rupture et de refus scolaire. Situation inquiétante de jeunes qui vont souvent être contraints eux à l'instruction à domicile... et qui rencontreront parfois des difficultés à s'insérer.
Bien sûr l'instruction à domicile interroge : - les familles qui en font le choix considèrent peut être la vie de l'école trop coercitive - certaines familles peuvent dériver également vers un enfermement sectaire, ce point à d'ailleurs justifié une règlementation plus ferme...
Plus loin encore, il nous faut nous interroger sur ce qui dans l'esprit des médias, justifie une promotion de ce choix éducatif... rien n'étant anodin...
Publié le Dimanche 07 octobre 2007 à 04:10
Par Vincent Breton
Lorsque le maître donne l'exercice à l'élève, il ne serait pas vain souvent qu'il prenne le temps de vérifier que celui ci , l'exercice, pas l'élève, répond bien à la compétence recherchée et n'engage pas vers d'autres chemins... L'habillage de l'exercice peut dire tout autre chose. La consigne se faire langue étrangère. Parfois même la leçon n'est plus qu'un prétexte lointain à de l'exercice qui n'exerce ni ne renforce ce que l'on voulait enseigner...
Publié le Mercredi 03 octobre 2007 à 02:04
Par Vincent Breton
De nombreuses communes lors du temps de repas scolaire, mais aussi des écoles par un choix collectif ou des maîtres dans leur classe,instaurent le permis à points .
Une fédération de parents réagit sur ce sujet. Le permis à points en usage pour les titulaires du permis de conduire, est un capital de points donné à tous les titulaires de cet examen, capital qui se perd de manière graduée dès lors qu'une faute est commise et surtout repérée.
Le fautif peut reconstituer son capital en suivant par exemple des formations, avec un temps imposé... Ce principe du permis à points pour le permis de conduire est dans la Loi.
Il a pour certains été vu comme un bon modérateur des comportements... Il suppose pour fonctionner une surveillance active de la route.
Il semblerait que certains soient de très gros consommateurs de points tandis que d'autres voient leur capital totalement préservé. Des amendes financières sont associées au dispositif.
D'un point de vue philosophique ou éthique, le permis à points à l'école n'est pas sans problèmes : - il suppose évidemment le risque pour le fautif d'engager des stratégies pour se dissimuler à la surveillance - il dit surtout, "il me reste encore x points", c'est à dire x droits de faire encore des bêtises et surtout de ne pas respecter les règles.
Finalement, le permis à points, dans l'esprit des élèves, n'ouvre-t-il pas un droit bien contradictoire avec l'objectif visé ?
Il me souvient d'un élève de CM2 qui m'avait expliqué qu'il allait s'engager dans un jeune religieux, parce que cela lavait les péchés... et qu'en conséquence, il pouvait faire autant de bêtises qu'il voulait avant ledit jeune...
Peut être pourrait-on réfléchir à des organisations qui aideraient l'enfant à reconnaître "in situ" ce qui est acceptable et de ce qui ne l'est pas, ce qu'est l'intérêt général... Par exemple, des "parcours de repérage" des lieux autorisés ou non, des mises en scène pour théâtraliser une situation, le recours aux enregistrements peuvent aider...
Tout s'apprend, même des choses simples comme, monter un escalier en silence. L'exercice peut prendre une forme ludique... mais être exigeant.
Si la sanction est nécessaire, il faudrait aussi que les maîtres apprennent à valoriser les bons comportements, changent de statégie en montrant à l'élève que c'est celui qui est attentif, qui est moins bruyant etc. qui attire son attention... Car sinon, que fera l'enfant pour attirer le maître à lui ?
Il faut provoquer une forme de renversement.
A l'élève qui n'écoutait pas, ponctuellement j'usais d'un "je t'interdis d'apprendre, ce que nous allons apprendre ici est très important, n'écoute surtout pas ! " (dit avec conviction, sans humour, provoque un renversment et capte l'attention).
Le comportement de l'élève est une construction complexe, sans démagogie, avec exigence, il peut s'appuyer sur l'estime de soi, non pas le fait de perdre des points en cas d'erreur mais celui d'en gagner au fur et à mesure des réussites... Peut être faut il un permis à points "à l'envers" où l'on gagne un droit nouveau dès lors que l'on prouve sa capacité à respecter une règle... Il faut surtout pour certains de nos élèves que l'école soit ce lieu où l'on gagne et non où l'on perde.
Publié le Dimanche 23 septembre 2007 à 05:01
Par Vincent Breton
De la lettre aux éducateurs du Président de la République, un passage reste peu commenté : "Il ne faut pas cloisonner, isoler, opposer les différentes formes de savoir. L'enseignement par discipline doit demeurer parce que chacune a sa logique propre, parce que c'est le seul moyen d'aller au fond des choses. Mais il faut le compléter par une vision d'ensemble, par une mise en perspective de chaque discipline par rapport à toutes les autres. Par-dessus les catégories traditionnelles de la connaissance, je suis convaincu qu'il nous faut maintenant tisser la trame d'un nouveau savoir, fruit de la combinaison, du mélange, de la fécondation réciproque des disciplines." Tout lecteur assidu d'Edgar Morin y retrouvera ses petits. Il nous semble également possible de réactiver ici le concept de polyvalence du maître de l'école primaire dont l'une des tâches essentielles est d'enseigner à différencier et relier. Différencier pour classer, organiser, donner des repères, structurer la pensée. Relier pour aider à comprendre que toute connaissance porte un sens et un sens nouveau éclairée par les autres. Dans un Monde en perpetuelle évolution, où l'incertitude domine, où la connaissance elle même évolue, il est utile de se préparer à savoir dépasser ses représentations pour se dépasser. Dans un Monde bousculé, il est utile que le scientifique puisse agir avec éthique, que l'intellectuel apprenne à joindre le geste à la parole... Peut-être est-ce aussi une façon de renouer avec l'idéal de Diderot lorsqu'il décrivait son encyclopédie : "Le but d'une encyclopédie est de rassembler les connaissances éparses sur la surface de la terre; d'en exposer le système général aux hommes avec qui nous vivons, et de le transmettre aux hommes qui viendront après nous; afin que les travaux des siècles passés n'aient pas été inutiles pour les siècles qui succèderont; que nos neveux devenant plus instruits, deviennent en même temps plus vertueux et plus heureux; et que nous ne mourions pas sans avoir bien mérité du genre humain". L'école doit oser aimer le savoir, oser dire qu'il n'est pas de petit savoir et le maître doit oser donner pleine place à l'activité intelligente de l'élève. Le savoir est la seule richesse qui augmente en étant partagée. Il aide chacun à prendre sa place et à trouver sa récompense dans la participation à ce qu'Edgar Morin nomme la "démocratie cognitive". L'élève au centre disait-on autrefois... au centre des savoirs complèterait utilement la formule. Il faudrait faire de ce partage du savoir et de cette construction collective, une valeur fédératrice...
Publié le Dimanche 23 septembre 2007 à 05:01
Par Vincent Breton
En réintroduisant le redoublement dans la Loi de 2005, le législateur a semblé revenir sur un dispositif qui pose pourtant plus de problème qu'il ne vient en résoudre : la loi de 1989 parlait de prolongation du cycle ou de maintien exceptionnel... mais la mise en place imparfaite des cycles n'a pas su éviter la logique négative et enfermante du redoublement. La loi de 2005, si elle parle de redoublement l'encadre pourtant strictement et ne l'accepte qu'assorti de dispositifs dont le PPRE. Par pudeur, ou avec l'idée de ne pas nuire plus encore à l'estime de soi des élèves, des enseignants ou des conseillers continuent de préférer le terme de "maintien". Oui, sauf que cette terminologie n'est pas conforme au texte et surtout peut masquer de fait la réalité des redoublements. Oser parler du redoublement qui est présent dans la Loi, c'est aussi souligner le caractère exceptionnel qu'il doit revêtir : aucune étude ni française ni internationale ne vient prouver son efficacité, au contraire. Redoubler est cher économiquement et humainement. Très rares sont les élèves pour lesquels on peut supposer que "tout serait à refaire dans tous les domaines". Dans tous les cas, le redoublement ne saurait dédouaner les équipes de la nécessité d'un accompagnement rapproché. Il ne devrait pas y avoir de redoublement sans PPRE avant redoublement et sans PPRE d'accompagnement de ce redoublement... La difficulté est que ces affirmations aussi étayées soient-elles, ne peuvent se contenter de se construire en doxa injonctive pour que l'on progresse en ce domaine et c'est là toute la limite des textes. Il nous faut donc promouvoir l'urgente nécessité d'une pédagogie différenciée dès l'amont qui ne saurait se confondre avec la seule individualisation : une pédagogie à l'écoute des essais des élèves et pas seulement de leurs erreurs. Une pédagogie où le maître apprenne à décrypter le cheminement intellectuel de l'élève face à l'objet d'apprentissage. Pourquoi n'a-t-il pas compris ? ou plutôt , qu'a-t-il compris de ce qui lui était présenté ? Qu'a-t-il répondu ? ou mieux encore qu'a-t-il pensé devoir répondre en fonction du contexte dans lequel il se trouvait, de son expérience antérieure... Passeur de connaissances, le maître est aussi celui qui observe et comprend le cheminement de l'élève vers le savoir. Le maître est celui qui décode, explicite, aide l'élève à comprendre ce qu'il a tenté et le rassure sur cette chance qu'il doit favoriser et développer : l'école est le lieu du libre essai, où se tromper est sans danger. Combien d'élèves le pensent vraiment ?
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prepaclass : Très bons voeux à toutes et tous !
prepaclass : Le blog déménage et devient l'atelier pédagogique : http://lewebped agogique.com/at elier/ Cette évolution pour gagner en lisibiité.
mo : impossible de poster le com à l'école de la réussite ! marrant non !
Loic : il y a des poésies en ligne sur le site de prepaclasse, pour la rentrée, mais plutôt cycle 3. Je vais les donner au choix des élèves
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