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Mon bloc perso.
Ce blog note quelques réflexions diverses concernant l'école, la pédagogie, l'éducation et l'évolution du système.
Il est un objet mouvant et inabouti, un carnet "à la volée"... Le lecteur en pardonnera la rédaction imparfaite. Le s commentaires sont possibles mais modérés. Son contenu est indépendant de toute attache mais reste fidèle à l'Institution et au service public de l'école. Contactez-moi
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Publié le Mardi 28 août 2007 à 06:42
Nous n'avons pas fini d'entendre des polémiques sur ce rapport. C'est en soit normal.
Ce matin, le Café Pédagogique ne s'en prive pas. Il faut espérer que chacun ira à la lecture du texte pour n'en rien oublier et se faire une opinion propre... Le Café comme d'autres semble reprocher au dit rapport d'énoncer des vérités déjà connues. Devraient-elles pour autant être oubliées ou remisées ? Est-il certain que tous les esprits soient convaincus de l'intérêt d'une pédagogie par cycle ou du manque d'efficacité du redoublement ? M. Picard note "Parce que franchement, si le gouvernement français décidait de s’occuper prioritairement des enfants qui ont du mal à réussir à l’Ecole, on devrait s’en apercevoir"... Sans vouloir polémiquer ni jouer les provocateurs, peut-on dire aussi que si chaque maître dans sa classe ou chaque équipe décidait de s'occuper prioritairement des élèves en difficulté on risquerait de s'en apercevoir et d'ailleurs on s'aperçoit dès lors que cela est fait ? Il faut rappeler que certains maîtres ou équipes savent s'organiser pour proposer des aides massées et concentrées sur des objectifs ciblés et que cela marche. Le rapport l'évoque d'ailleurs. Véritablement, il faudrait que nous arrivions à dépasser anathèmes et moraline pour nous concentrer sur l'urgence et aussi probalement dans chaque école, avec les RASED, savoir définir au plus juste ce que nous entendons par élèves à besoins éducatifs particuliers, car il semble que tout le monde ne soit pas forcément au clair... J'en veux pour preuve cette interview télévisée où une enseignante veut immédiatement confier ses élèves en difficulté à des "spécialistes" ou au "RASED" alors qu'avec une aide différenciée en amont, un vrai travail du langage dès la maternelle, tout enseignant peut compenser la majorité des difficultés enfantines. Mais cela n'est pas encore une conviction partagée. L'école ne doit elle pas apprendre à être un véritable lieu d'apprentissage et non un lieu d'exercice pour des compétences acquises au dehors ? Publié le Vendredi 20 juillet 2007 à 09:31
Notre enseignement est victime du mille-feuilles, de l’empilement des connaissances, des petites boites à savoir juxtaposées… A l’école primaire plus qu’ailleurs nous ne pouvons dans le même temps relever le niveau d’exigence, étendre les champs des connaissances, assurer les savoirs fondamentaux si nous ne concevons pas notre travail comme une tapisserie de haute lisse où se croiseront trame et chaîne. Le maître est celui qui construit et tient le métier à tisser de sa professionnalisation et de la construction des apprentissages dans la classe. D’aucuns ont cru que l’approche thématique faussement confondue avec la polyvalence « fourre-tout » allait pouvoir répondre à ce besoin de servir tous ces nouveaux domaines ou ces connaissances élargies : mais elle est souvent prétexte et se contente de glisser un décors fixe sous des notions à traiter… Le sens ne se construit pas de ce jeu factice. L’approche transversale et la métaphore du métier à tisser semblent plus pertinentes. Ainsi la maîtrise de la langue se tisse-t-elle d’un domaine à l’autre, tout comme l’usage des TIC se croise avec les besoins recensés dans chaque domaine. Redondance et croisement et nous le verrons plus loin explicitation du projet attendu. Ce croisement n’est pas aléatoire, il est structurant, fait de repères, il est pensé et programmé, construit. Les exercices peuvent même parfois sembler répétitifs quand il s’agit de « tasser le fil », ou d’avoir des exigences formelles. Le savoir faire s’assure aussi dans la reprise, la concentration, la correction du geste, la régularité (respect des règles comprises dans un souci « qualitatif » et non pas seulement normatif). Je file la métaphore plus loin en ajoutant que l’enjeu est encore de produire par acculturation un objet commun : le patrimoine. Produit du tissage collectif. La classe rassemble des élèves réunis autour du projet d’apprendre, projet qui donne un savoir nouveau, identifié et émancipateur. A l’école l’élève n’est pas seul. Interactions. Regards croisés. Vicariance. Copier c’est savoir refaire mais il faudra aussi savoir dire comment et pourquoi. Le métier à tisser c’est l’outil professionnel du maître : la trame s'incarne dans les compétences visées, la chaîne les activités proposées. Ainsi le maître croise, relie, veille à la régularité… Différencier et relier c’est le travail du maître qui veille sur chacun confortant l’estime de soi et les apprentissages. La classe en est le cadre, forcément austère. La connaissance n’a pas besoin de motivation externe factice fondée sur ce que l’on pressentirait de l’intérêt des élèves, de la mode ou de l’actualité. Le maître sait intéresser l’élève à une suite de nombre étonnante, la comparaison de deux objets apparemment semblables, les mystères d’une orthographe que l’on croyait issue du seul hasard, les secrets d’un texte résistant. Le métier à tisser contraint l’élève à se concentrer sur un espace donné, à se poser des questions et travailler sur l’objet à atteindre, un nouveau savoir… Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y aurait pas d’espaces possibles en dehors du cadre ou que l’on puisse tisser à partir d’une figure imposée de nouvelles figures, enrichies d’apports, de perles… Enfin, la « navette » du métier à tisser, n’est pas seulement l’outil qui glisse d’un bord à l’autre… Le « lance-navette » en classe, c’est la parole, l’explicitation qui accompagne le geste ou l’essai… C’est le va et vient de la navette qui explicite et justifie et construit en classe de la rationalité, c’est ce va et vient de la navette qui permet au maître de mesurer le cheminement de la pensée de chacun de ses élèves. L’erreur repérée c’est un savoir en construction, une variable didactique imprévisible sur laquelle la pensée a buté.Publié le Mercredi 18 juillet 2007 à 11:13
Dans un article récent, le Café pédagogique rappelle que les apparents "bons chiffres" du bac ne doivent pas masquer la réalité. "En 2007, seulement 63,6% d'une génération obtient le bac. C'est moins en proportion et en volume qu'en 2006. Fait unique parmi les pays développés, depuis dix ans, en France le taux d'accès au bac stagne."
En 1960, seul un élève sur deux parvenait... en sixième. En 1997, c'était un sur deux à bac plus deux. Pour certains la massification dévaloriserait le diplôme. Pourtant, il reste un sésame indispensable à la suite du parcours. Les 150 000 personnes qui quittent chaque année le système éducatif sans qualification le mesurent à l'aune des difficultés professionnelles et probalement personnelles qu'elles éprouvent. Ces données pourraient se croiser avec les 3 100 000 personnes en situation d'illettrisme soit 9% de la population dont plus de la moitié est âgée de plus de 45 ans... 4,5% des jeunes gens sont en situation d'illettrisme. Selon Pisa, d'autres encore rencontrent des difficultés significatives en lecture. Pour conserver une image, cela laisse à penser que dans chaque classe à l'école primaire, 4 à 5 élèves sont en moyenne concernés par le risque de se trouver en grande ou très grande difficulté. Ce chiffre serait à pondérer selon les contextes : dans quelques quartiers ce sera un ou deux élèves par classe, ailleurs nettement plus... mais pour chacun c'est aussi une façon de repérer les urgences. Au demeurant, cibler et travailler prioritairement à "sauver" ces élèves, ce n'est pas abandonner les autres. L'étayage, les repères, les méthodes, les détours pédagogiques imaginés pour les uns serviront à tous. A cet égard, je garde en mémoire cette très belle réflexion d'un maître de CE1, qui après avoir travaillé lors d'un stage sur la question d'élèves fréquentant une classe spécialisée pour enfants en situation de handicap cognitif, avait souligné combien ce qu'il avait appris lui servait dans sa classe eu service de tous les élèves. Avec lucidité, mais sans moraline, il apparait important aujourd'hui de se dire que nous avons les moyens d'agir et que cette action doit porter d'abord sur les pratiques professionnelles (la pédagogie) conjointement aux contenus. A cet égard, le socle commun des connaissances pose bien la question à la fois de l'essentiel à apprendre, des relations entre les disciplines, de l'utile transversalité de la maîtrise de la langue à travailler à tous les niveaux. Publié le Dimanche 24 juin 2007 à 10:08
Le bon maître n'est pas seulement celui qui saura appliquer les programmes, s'attachera à faire réussir et progresser chacun de ses élèves, saura s'inscrire dans la continuité et travailler avec ses pairs; le bon maître ou même l'excellent, c'est celui qui saura créer de l'esthétique. Publié le Samedi 02 juin 2007 à 22:16
J'avais l'autre jour entre les mains, un ouvrage par ailleurs intéressant je crois dirigé par A.Bentolila et titré "Profession parents".
En réalité n'y a-t-il pas malentendu lorsque nous évoquons ainsi "le métier de parent" ? Parce que justement, pour être parent, il ne faut aucun diplôme. Et c'est encore heureux. La société fixe y compris par la Loi un ensemble de droits et de devoirs. Cependant, prenons garde lorsque nous érigeons des principes en préceptes, construisons peu ou prou et non sans petite morale, une sorte de "parent modèle" dont nous attendons qu'il soit conforme et peut-être favorise la conformité de l'enfant au modèle scolaire. Il me souvient avoir travaillé, il y a longtemps, sur des cahiers journaux d'instituteurs au temps de Jules Ferry, où l'on voyait que des maîtres racontaient comment il leur fallait lutter contre l'absentéisme scolaire, ou comment tel instituteur soustrayait les enfants à leurs familles le dimanche pour les conduire pour des visites éducatives, histoire de les éloigner de milieux où l'alcoolisme faisait des ravages. Plus tard, des grands mouvements associatifs allaient d'ailleurs proposer des loisirs "éducatifs" où de fait on allait substituer à des carences éducatives ou sociales des propositions qui allaient permettre souvent à des enfants de vivre de belles expériences dans des cadres structurés... Mais aujourd'hui la tentation est grande d'ériger un modèle pour certains impossible à atteindre. On entend en salle des maîtres, on lit dans des articles, des conclusions à l'emporte pièce où nombre de préjugés étiquètent là les familles monoparentales, ailleurs les familles recomposées, ici tel milieu social accusé tantôt d'être "bobo" ou incapable de gérer l'éducation des enfants. Certes, la responsabilité individuelle n'est pas à dénier, l'origine sociale qui joue un rôle n'excuse pas tout... mais méfions nous lorsque nous considérons l'enfant au prisme de sa famille ou de ce que nous supposons en connaitre. Si nous devons différencier et diversifier notre regard, nous devons rester neutres et équitables. A chacun le même droit à l'accueil, à l'explicitation, à l'accompagnement. Pour tous l'idée que non, le parent n'est pas "professionnel" mais le monde enseignant oui. Il faut donc aussi penser professionnellement la relation aux familles. Nous n'avons pas à concéder la co - éducation ou à la baliser à l'aune de nos propres représentations. Elle est de droit. Il nous faut aussi apprendre à faire oeuvre de pédagogie en direction des familles. A négocier. A décoder leur point de vue. Notre langage, nos rites, nos exigences sont hautement ésotériques pour ceux qui n'en possèdent pas les clés. La question est complexe. L'enseignant est souvent lui même parent et quand il le devient à son tour ou quand il "exerce" en tant que tel , terriblement exigeant et craint parfois de ses collègues. Apprendre les parents, leur conserver et veiller dans l'esprit de laïcité, à leur conserver égale dignité, partager réellement avec eux la co- éducation pour permettre aussi au jeune de s'émanciper et de choisir sa voie, même si cette voie n'a été envisagée ni par ses parents, ni par ses maitres... où l'on voit qu'un savant dosage est à construire entre implication, décodage et bonne distance. L'enjeu n'est pas négligeable dans une société qui cherche sa voie entre individualisme et solidarité. |
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