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Mon bloc perso.
Ce blog note quelques réflexions diverses concernant l'école, la pédagogie, l'éducation et l'évolution du système.
Il est un objet mouvant et inabouti, un carnet "à la volée"...
Le lecteur en pardonnera la rédaction imparfaite.
Le s commentaires sont possibles mais modérés.
Son contenu est indépendant de toute attache mais reste fidèle à l'Institution et au service public de l'école.
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Le blog de prepaclasse.net
Publié le Mercredi 14 février 2007 à 06:31
Par Vincent Breton
On entend dire, tour à tour, et parfois des mêmes enseignants, que les parents sont "trop absents" ou au contraire "trop intrusifs".
Le paradoxe peut s'expliquer...
Néanmoins, difficile de juger les parents sans cette "moraline" dénoncée par E. Morin...
La moraline (j'emprunte ce terme à Nietzsche) est la simplification et la rigidification éthique qui conduisent au manichéisme, et qui ignorent compréhension, magnanimité et pardon. Nous pouvons reconnaître deux types de moraline : la moraline d'indignation et la moraline de réduction, qui, du reste, s'entre-nourissent.
L'indignation sans réflexion ni rationalité conduit à la disqualification d'autrui. L'indignation est tout enveloppée de morale, alors qu'elle n'est souvent qu'un masque de l'immorale colère.
(Éthique (La méthode 6), p.57, Seuil, 2004)
Bien entendu, on pourrait renverser le propos et certainement des parents font ils preuve de "moraline" à l'égard des enseignants qu'ils jugent injustement...
Mais... des deux groupes l'un est "professionnel" et l'autre "usager" de l'école.
C'est donc à l'école d'initier le mouvement, de faire "un pas vers", d'expliciter et sans naïveté se placer sincèrement dans une position communicante, d'explicitation, de partage, c'est à l'école qu'il faut poser les premières pierres de la "co - éducation ".
Dans le modèle d'antan, l'école se chargeait des élèves et supposait n'avoir que peu de comptes à rendre.
Seul l'inspecteur garantissait le système.
Aujourd'hui, la Loi engage la co - éducation comme principe.
Ce n'est pas toujours facile quand la vérité des uns peut s'opposer au projet des autres.
Ce n'est pas toujours aisé si l'on veut responsabiliser et dépasser le consumérisme... mais ce peut être une démarche utile, si elle est sincère et si le maître construit un geste pédagogique cohérent, qui s'inscrit dans le projet de l'école et les programmes. Oser dire, c'est déjà lever bon nombre de soupçons...


Publié le Samedi 10 février 2007 à 03:43
Par Vincent Breton

Bien que présente dans de nombreux textes institutionnels « la performance » reste un terme encore difficile à intégrer dans les discours et les pratiques des enseignants.

Pour certains, le terme appartient trop au monde économique et marchand, suggère l’idée de compétition, placerait les établissements en concurrence… pour d’autres encore il faudrait rester dans une logique de « moyens » sans avoir à rendre compte… « nerf de la guerre » l’argent reste suspect ou entaché d’une forme de tabou…

Dans l’administration, le concept de performance synthétise en réalité trois entrées :

- l’efficacité

- la qualité

- l’efficience.

Depuis la mise en place de la loi organique du 1er août 2001 relative aux lois de finances il s’agit d’avoir une lisibilité accrue de l’action publique.

Les objectifs sont votés par le parlement, à charge pour les gestionnaires de les mettre en œuvre dans un cadre où ils disposent d’une plus grande liberté d’action mais il leur faudra rendre compte a posteriori sur des indicateurs définis.

La loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’école inscrit d’ailleurs avec le socle commun des connaissances « l’obligation de résultats » qui suppose de ne laisser aucun élève sortir du système éducatif sans les connaissances de base.

Cette obligation là peut sembler difficile : elle exige la définitions de normes où le possible ne s'opposerait pas à un manque d’ambition ou une surestimation…

Ce d’autant plus, que l’école n’est pas une manufacture mais travaille avec des élèves de contextes différents avec des interactions complexes entre le social, le psychologique, le culturel etc.

Un système éducatif efficace, c’est celui qui parvient à faire réussir les élèves et sur les objectifs fixés dans la perspective du processus de Lisbonne et de l’Europe de la connaissance.

Mais la performance se mesure également à l’aune de la qualité du service apporté à l’usager.

Les questions sont multiples ici.

Le rapport conjoint de l’iGEN et de l’IGAEN de 2006 consacre un volet à la question « du meilleur service » à rendre aux usagers…

Mais qui est usager de l’école ?

Pensons-nous à l’élève ? Y pensons-nous vraiment ?

Car si La loi « pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées » du 11 février 2005 place l’idée d’une scolarisation possible pour tous et non seulement d’une intégration, si les textes engagent donc le système à s’adapter et l’Etat à compenser, l’école reste souvent dans la logique où c’est à l’élève de s’adapter au cadre.

La logique des programmes nationaux et du socle reste le cap pour tous, l’école lieu de citoyenneté et de laïcité suppose également une part d’acculturation et de respect par l’usager de modes d’organisation et de fonctionnement qu’il ne choisit pas… même si les propositions d’orientation ou de redoublement doivent le plus souvent rencontrer l’adhésion de la famille…

L’école sait-elle s’adapter aux besoins réels de ses élèves ? On pourrait même ajouter sans vouloir provoquer, le veut-elle toujours ?

Mais il n’y a pas d’élève sans famille.

Et voici un nouvel usager qui peut également avoir ses choix, qui doit avoir sa place… Les parents sont co-éducateurs. La circulaire du 25 août 2006 rappelle leurs droits... Dans notre société hautement médiatique prompte aux raccourcis, certains choix parentaux ou représentations peuvent entrer en conflit avec les exigences des programmes...

Mais l’élève et sa famille doivent faire l’objet d’une écoute particulière. La réponse institutionnelle réclame de savoir répondre aux demandes, aux besoins individuels, d’accompagner le projet personnel de l’élève et de sa famille… projet qui se construit toutefois en dialectique avec les contraintes des programmes ou de l’orientation professionnelle qui croise alors le possible et les capacités…

Mais au fait, qu’apprennent véritablement les élèves et que communiquons-nous aux familles de ce qu’ils apprennent ?

La lecture de certaines formules lapidaires ou notes globales d’un livret, sont-elles des éléments parlants qui aident à donner du sens et se mobiliser ?

A quoi sert une moyenne de notes ou pire encore une moyenne globale de disciplines ?

Travailler à l’amélioration de la performance engage vers une culture de l’évaluation qui innove et dépasse les représentations figées.

Il n’existe pas que l’évaluation certificative (laquelle est souvent vue comme seulement sélective et éliminatoire) . Il nous faut apprendre aussi à recenser et repérer les premières réussites pour en faire des points d’appui sincères, y compris lorsqu’il faudra imaginer des dispositifs d’aide…

D’autres usagers seraient peut être à penser : la collectivité locale qui investit dans l’école et voudrait que soit rendu visible l’effet de son investissement, le parlement et à travers lui le citoyen qui cherche l’efficacité et la réduction de l’impôt, peut-être les enseignants eux-mêmes qui ont des attentes vis à vis de l’Institution et à certains égards deviennent consommateurs de leur propre institution, y compris lorsqu’ils sont en attente de « reconnaissance ».

Les enseignants empilent plus qu’ils n’intègrent les tâches et ils ont besoin d’un management qui les responsabilise, leur donne du sens, autrement dit qui leur donne à voir aussi l’effet de leurs choix, qui les engage, … ce qui ne peut s’envisager que sous le double versus de l’éthique (déontologie exigeante) et de la liberté pédagogique ( une responsabilité) voulue par la Loi.

L’efficience qui est le troisième axe et qui nous engage sur la réflexion permanente à propos des moyens mis en œuvre pour parvenir aux objectifs, doit être économique (passer par l’amélioration du rapport entre les moyens consommés et les réalisations) mais ergonomique, c’est à dire apporter « un mieux » non seulement dans les résultats obtenus mais dans le rapport entre les différents acteurs engagés, l’espace et le temps scolaire, les objectifs…

L’efficience suppose une capacité à faire des choix : déterminer des urgences, se donner des normes et des repères….

Il faudra se libérer de certains habitus, accepter d’aller regarder l’efficacité d’un dispositif : cela commence au cœur de la pédagogie de tous les jours avec des questions simples. Que font les élèves ? Font-ils quelque chose ? Apprennent-ils ? Apprennent-ils une compétence demandée par les programmes et à quel prix ?

Combien de fois par exemple, l’école se contente-t-elle de demander aux meilleurs de ses élèves de répéter ce qu’ils avaient déjà appris à l’extérieur ?

Que faire de ces postulats étonnants quand un maître de cours préparatoire vient se plaindre d’élèves arrivant dans sa classe « sachant déjà lire » ?

Pourquoi n’aide-t-on un élève qu’après l’avoir vu échouer dans un travail même si l’on savait prévoir cet échec ?

Pourquoi continue-t-on d’écrire « élève agréable » dans un livret sans parler de ses compétences ?

Le travail de la performance, c’est peut être la possibilité d’avoir une feuille de route, de se poser la question des acteurs et de rechercher comment progresser en intégrant la complexité mais en marquant une volonté.

Publié le Vendredi 09 février 2007 à 06:44
Par Vincent Breton
Prendre connaissance d'un ou plusieurs documents, trier et organiser l'information, les petits français savent faire correctement. Interpréter, mettre en perspective est plus difficile.  "Réagir", c'est à dire mettre un texte à distance pour l'analyser du point de vue de sa forme et de son contenu, autrement dit se l'approprier vraiment est plus difficile.
Connaissances, capacités doivent s'articuler pour permettre une attitude "utile à".
Ce que Pisa mettait en exergue avec la lecture ne pourrait-il se transposer à d'autres domaines où l'esprit d'initiative manque à nos élèves ?
Publié le Mercredi 07 février 2007 à 06:45
Par Vincent Breton
Ainsi, il y a encore dix ou quinze ans, suggérer le réchauffement de la planète relevait de la fantaisie ou à tout le moins restait une hypothèse encore bien vague.
La montée du niveau des eaux engagera probablement le déplacement de 200 millions d'habitants. "200 milliards" a même lancé le journaliste l'autre soir à la télévision... Millions ? Milliards ?
Le lapsus traduit à sa façon une perte de rationalité ou de prise avec le réel.
Dans un monde complexe où l'effet de nos actions et interactions n'est pas toujours mesurable, il nous faut apprendre l'incertitude sans la transformer en angoissante perspective.
Que dire à nos enfants ?
Faudra-t-il comme ce fut souvent le cas dans l'histoire humaine, de vraies catastrophes pour que la solidarité puisse s'engager ?
On oppose souvent "globalisation" et "identité" et pourtant il faudra intégrer les deux tout en pensant une identité de l'espèce humaine fondée sur "le droit à la ressemblance" et le partage d'intelligence... Une bonne écologie passe par l'égologie prétendent certains...
Le principe de précaution ne fait pas une stratégie. Dans les temps qui viennent, il faudra peut être à la fois des repères solides et des liens personnels forts, mais de la souplesse et de la créativité...
Si je... si toi... si nous... alors peut-être.
L'incertitude s'enseigne-t-elle ?


Publié le Lundi 29 janvier 2007 à 19:56
Par Vincent Breton
Une compétence est la conjugaison de connaissances, capacités et attitudes.
D'autres pays européens notent "aptitudes" pour "capacités", ce qui renvoie chez nous à d'autres représentations plus proches d'un savoir inné qu'acquis.
Le cahier des charges de la formation des maîtres, à l'instar du socle commun reprend cette approche.
Les programmes eux proposent des compétences qui croisent parfois ces trois entrées et peut-être faudra-t-il réajuster chez nombre d'enseignants cette idée de compétences à l'aune européenne...

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