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Publié le 14 septembre 2008 à 12:00:00
Par "R.C.W.B"
Humeur : Tendre

C'est le 4 mars 1969 que Bachlubaki, de son vrai nom Patrick Lubaki Balumeso, vu le jour au Congo, dans le faubourg le plus chaud de Kinshasa la Capitale, le très célèbre quartier des artistes, en l'occurrence Matonge. Il est issu d'une famille composée de 8 enfants au nombre desquels 4 garçons et 4 filles dont une est décédée en 1998. En 1973, son père, diplomate de carrière, fut muté au Japon. C'est à Tokyo qu'il tombe amoureux de la musique en écoutant les plus beaux tubes de tous les temps (Let it be, Imagine, My Way, Endless Love, Stay Alive...) que ses frères et soeurs jouaient en boucle sur la platine Hi-Fi du salon.  Très rapidement il fut épris, dès l'âge de 4 ans d'une passion folle pour la musique qui, jusqu'aujourd'hui, figure au centre de ces intérêts et son existence.
A la fin des années 70, il rentre à Kinshasa. Précoce, c'est à 10 ans qu'il écrivit  ses propres chansons. Et à 13 ans, après avoir évolué dans la mouvance Hip-Hop/Rap  et  Smurf/Break Dance (à la tête de la bande les - Breakers Fous -), entouré de quelques amis d'enfance (les frères Kim et Christophe Meko, Richard Lumbala), il monte son premier groupe de musique Rock amateur, SFW (Stand up For the World) dont la particularité était de dénoncer les injustices dans le monde. Celui-ci a eu du mal à s'affirmer parce que les producteurs jugeaient son style incompatible avec les exigences du public voué plutôt à la Rumba typiquement congolaise et au Soukousse. L'impasse fut longue mais pas insurmontable. Pendant ce temps, Bachlubaki continuait d'écrire ses plus belles chansons.Après moult tentatives, en 1999, il eut l'opportunité de participer au Festival Panafricain de la Musique (FESPAM) à Brazzaville où il accompagnait le groupe Nyota ya Mama (Une Girls Band qui militait pour l'émancipation de la femme congolaise, la seule du genre après la disparition de Taz Bolingo), en qualité de Manager et auteur-compositeur. Il écrivit effectivement quelques chansons à texte pour le groupe dont certaines furent retenues pour  la campagne en faveur de la paix au Congo, au moment où celui-ci était empêtré dans le conflit des Grands Lacs (1998-2003). Cette campagne fut organisée sous la houlette de l'Archidiocèse de Kinshasa (avec l'implication personnelle du défunt Cardinal Frédéric Etsou), à l'initiative entre autre du Groupe de Réflexion pour la Paix Lindonge (GRPL) qui regroupait en son sein plusieurs jeunes artistes, principalement de Kinshasa, mais aussi des autres régions. Tous étaient mobilisés autour d'un slogan : NON A LA GUERRE ! STOP AU BRADAGE DE LA R.D.CONGO !  Sous la direction du Père Daniel KATONA, le GRPL était devenu une plate-forme associative incontournable pour la  relance de la paix au Congo, jusqu'à sa dissolution en 2003. Cette notoriété n’était malheureusement pas sans danger, car certains membres du GRPL furent arrêtés à cause de leur activisme politique, et Bachlubaki l’avait échappé belle, compte tenu des hautes responsabilités qu’il détenait dans le mouvement (membre de la coordination locale, Secrétaire Rapporteur).De 1998 à 2001, Bachlubaki a œuvré au sein de l’organisation internationale, à savoir le Centre d’Orientation Culturelle (COE), en tant qu’animateur socioculturel et éducateur des jeunes dans la section Musique. Il aidait également au bon fonctionnement de l’administration de l’institution humanitaire au poste de Secrétaire Administratif.En 2003, foudroyé par une scoliose paralysante, c'est en chaise roulante que Bachlubaki fut contraint d'être évacué vers la Belgique où il retrouvait sa famille, pour bénéficier des soins de santé appropriés, faute d'infrastructures médicales adéquates dans son pays. Au mois de novembre 2004, il rencontre Artibano Benedetto (producteur de musique louviérois) qui, appréciant ses performances artistiques (chanteur, auteur interprète), n'a pas hésité à l'intégrer dans son label, SIPEM. Cette collaboration a accouché d'un album publié en fin 2006 et auquel participeront plusieurs autres artistes de Bruxelles et  de Wallonie, voire des célébrités internationales comme Ella Wood des Magic Platters. Cet album intitulé « http://www.logementdecentducentre.com/PagesAlbumMusic/PageExtraits_Album.html » devrait servir de support de sensibilisation en faveur de la campagne contre la pauvreté en Belgique, au travers d'un projet de comédie musicale dont il fut le rédacteur attitré. L'écho de ce CD ne fut certes pas retentissant, mais selon ses propres propos, " l'expérience fut riche d'enseignements ".En février 2006, Bachlubaki a été sollicité pour  faire partie de ZILBANUM, un groupe polyphonique de Bruxelles qui interprète les chants du monde et s'illustre remarquablement dans les rythmes et folklores, dans un emballage de diversités culturelles impressionnant. Passer de la Pop à la polyphonie n'est évidemment pas une sinécure. Pourtant, au bout de quelques mois, Bachlubaki a fini par trouver ses marques au sein de ZILBANUM. " Ma mère m'a toujours incité à  faire partie d'une chorale chrétienne. Elle fut elle-même choriste et dirigeante dans une chorale protestante pendant une trentaine d'années. Sans doute qu'elle aurait voulu assurer sa relève. Je trouvais ça coincé et vieux jeu de me retrouver au milieu d'une centaine de personnes sur une même scène. Mais avec ZILBANUM, j'ai découvert une autre réalité de ce genre de formation : l'harmonie dans un groupe, la complicité d'une équipe, les émotions partagées, aller à chaque fois au-delà de ses limites vocales, la générosité et la sincérité dans une interprétation, l'improvisation et le dépassement de soi, bref, autant d'ingrédients pour pimenter un spectacle. C'est la preuve que l'on arrête jamais d'apprendre quel que ce soit son vécu. En tous les cas, c'est ma mère qui en sort ragaillardie, car j’ai bien l’impression que son vœu le plus cher a été exhaussé.", raconte-t-il. En ce moment, Bachlubaki vient d’enregistrer un nouvel opus «  Dunya  » qui a eu la prétention de regrouper une brochette variée d'artistes de la Belgique (Bruxelles, Namur, Liège, etc.). Cette chanson traite des problèmes et scandales auxquels sont confrontés les candidats à l’immigration dans le monde occidental. « Dunya » sera mis sur le marché dans le courant du mois de septembre 2008.

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