Une forte délégation des femmes de la société civile congolaise et deux membres du gouvernement viennent de boucler un séjour d’affaires et d’échange d’expérience avec les femmes béninoises, à Cotonou. Ce lundi 24 juillet, ils ont été conduits au cabinet du ministre de la Micro finance et de l’Emploi des jeunes et des femmes du Bénin par M. Mavambu Nsakala-Suka, Ministre Conseiller et Chargé d’Affaires en pied de la République Démocratique Congo près le Bénin.


De notre correspondant permanent au BENIN ERIC MWAMBA
| Circonscrivant le cadre de la visite, Mme Charlotte Djimbo Lunguya, chef de délégation a déclaré : «Nous sommes venus au Bénin dans le cadre d’échanges d’expérience avec les femmes béninoises en particulier dans le domaine de la micro finance. Nous avons choisi le Bénin, avec l’autorisation de notre bailleur des fonds, African Capacity Building Foundation –ACBF, basé à Harare, à cause de ses avancées dans ce domaine.» Pourquoi les associations des femmes congolaises n’ont pas choisi les pays du Nord comme c’est souvent le cas ? Mme Charlotte Djimbo Lunguya répond : « Nous travaillons déjà avec des ONG occidentales sur le terrain au Congo. Le constat qui s’est dégagé est que ces ONG accordent souvent des financements aux femmes sans se soucier de des réalités de notre société. Au moment de remboursement, les bénéficiaires, souvent des femmes pauvres, éprouvent des difficultés. Ce qui entraîne la cessation des activités par manque de nouveaux financements. Du coup, au lieu de diminuer la pauvreté, elle s’aggrave davantage. Nous avons choisi de travailler avec des pays africains, en l’occurrence le Bénin, parce qu’ils sont confrontés aux mêmes problèmes que les nôtres. » A Kinshasa, Charlotte Djimbo Lunguya est Présidente du Comité de Pilotage du Projet de Renforcement des Capacités des Structures d’Encadrement et de Promotion du Secteur Privé et des Réseaux des Organisations Féminines de la Société Civile « Projet CASPOF ». | ![]() ![]() ![]() ![]() |
DE LA MICRO FINANCE
Mme la Ministre Sakinatou Abdou Alfa Orou épouse Sidi « qui a reçu la délégation avec promptitude », selon M. Mavambu, s’est dite « heureuse que la RDC ait choisi le Bénin comme source d’inspiration dans le domaine de la micro finance. » Mme Sakinatou est la seule femme reconduite dans le deuxième gouvernement du Dr Yayi Boni après les législatives de mars denier. Elle a la réputation de bien maîtriser le dossier de la micro finance dans ses moindres secrets. Au cours de cette séance de travail, elle a édifié la délégation congolaise en même temps qu’elle a suscité de l’admiration : « Notre pays, le Bénin, traverse une situation particulièrement difficile caractérisée par la détérioration constante. La pauvreté est devenue le vécu quotidien de la majorité de nos concitoyens qui aspirent pourtant au bien-être. Aujourd’hui, la micro finance est perçue à travers le monde comme un outil incontournable de développement à la base et de lutte contre la pauvreté. C’est pourquoi, ce ministère a été créé au sein du nouveau gouvernement afin de proposer des pistes des solutions. Deux stratégies ont été mises en place, la promotion de la micro finance et l’emploi des jeunes et des femmes. Quatorze mois après, nous avons réalisé beaucoup de choses. Notamment l’instauration d’un fonds national de la micro finance destiné à financer plus de 450 mille personnes parmi les couches les plus démunies de notre population. Les femmes et les jeunes sont les plus concernés. Cette politique a été adoptée par le gouvernement à cause de l’absence des crédits ou l’existence des crédits non adaptés et aux taux d’intérêt très élevés qui ne sont pas à la portée de tout le monde. » A ce jour, de milliers des personnes ont déjà bénéficié de financement en raison de 30.000 Fcfa par personne. Un montant qui passera à 50.000Fcfa à la deuxième phase du programme. « Cette somme est apparemment insignifiante, a dit la ministre, mais considérant la précarité dans laquelle vivent les bénéficiaires et vu les mesures d’accompagnement mis en place, elle constitue un capital de démarrage important ». La particularité de ce concept est la bonification du taux d’intérêt. Selon la ministre, « on accorde aux concernés un crédit sans une garantie préalable et le taux d’intérêt est diminué jusqu’à 5 p. cent l’an. En cas du respect d’engagement, on restitue au bénéficiaire 3 p. cent du capital. » A la question de savoir, si l’Etat béninois en créant tout un ministère chargé de la micro finance, et en accordant des crédits directs ne faisait pas la concurrence déloyale avec des structures traditionnelles de la micro finance, la ministre répond : « Le gouvernement ne fait pas de la micro finance, mais sa promotion. Il s’intéresse aux pauvres qui sont abandonnés. Certes, le Fonds a été entièrement financé par le gouvernement. Mais, les structures traditionnelles de micro finance s’occupent de l’exécution du programme sur le terrain. Les personnes ciblées n’auraient pas bénéficié d’un financement n’eût été ce fonds, puisque ne disposant pas d’une épargne et des garanties souvent exigées dans ce cas. Donc, il n’ya pas de concurrence. Au contraire, nous aidons des gens très pauvres qui deviennent ensuite des clients formés pour ces institutions ».
DE L'EMPLOI DES JEUNES
Selon Mme Sakinatou, un autre fléau qui mine la société béninoise est le chômage. Il faut créer des emplois pour les jeunes. « Mais, il n’y a pas d’emploi sans financement », dit-elle avec emphase. C’est pourquoi à travers le projet « Carte d’Activités du Bénin » le gouvernement « du changement » de Dr Yayi Boni a décidé de sortir les jeunes qui ont des idées, mais sans moyens de l’auberge espagnole. « A ce jour, 500 jeunes et femmes sont déjà formés. Le gouvernement est à pied d’œuvre pour leur financement. Nous comptons recrutés 1000 jeunes par an, » précise la ministre. Au niveau de nos 77 communes, poursuit-elle, des activités phares ont été identifiées selon les spécificités de chaque entité. » Par exemple, une commune capable de produire du riz sera financée afin qu’elle en produise davantage et revende à celles qui en manquent. Et vice versa. Une expérience dont certains pays africains peuvent se servir pour le que le bien-être auquel le peuple aspire cesse d’être une vue d’esprit. Parmi les femmes venues de Kinshasa, on a noté la présence remarquable de Mme Tayaye Muyala Claudine, Professeur à la faculté de Droit de l’Université de Kinshasa et Présidente du Conseil d’Administration de Espace Femme. M. Safari Chimanuka du Ministère du Plan représentait le Gouvernement de la Rdc.
De notre correspondant permanent au BENIN
ERIC MWAMBA
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ERIC MWAMBA











