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Publié le 30 novembre 2007
Par "R.C.W.B"
Humeur : Au secours !

ABIDJAN (Top Visages), Zone de grosses turbulences pour le groupe Magic System. Pendant qu’au Sénégal la presse ne décolère pas contre le groupe, accusé d’avoir composé un titre ironique contre le Président Wade, en Côte d’Ivoire, c’est Angelo Kabila, manager Afrique du groupe qui part. Au vu de tout cela, faut-il s’inquiéter pour le futur immédiat du groupe ? A’Salfo, chef de groupe et lead vocal répond.

Un quotidien sénégalais t’accuse d’avoir composé une chanson ironique sur le Président Abdoulaye Wade. Qu’en est-il ?
- Franchement, je ne sais pas… J’ai été surpris moi-même de l’apprendre par la presse. Tout le monde sait que Magic System ne chante pas la politique. On a beaucoup de problèmes ici en Côte d’Ivoire qu’on n’a pas fini de chanter. Je pense que ce serait mal vu de laisser nos problèmes ici pour aller chanter les problèmes des autres pays. J’ai entendu dire qu’on aurait  fait une chanson qui devrait figurer sur l’album Tapé Dos (Ki dit mié en France, ndlr) et qu’on a reçu des consignes de hautes personnalités ivoiriennes pour le faire. Le journal dit qu’on traite le Président Wade de fantômas, de quelqu’un qui ne respecte pas ses promesses.
 
Personnellement, je n’ai jamais entendu le discours d’investiture du Président Wade, je ne sais pas les promesses qu’il a faites pendant sa campagne. Et puis, ce n’est pas notre genre. Magic System chante le vécu quotidien. Les gens connaissent notre concept. Cette information est  imaginaire et je ne sais pas d’où elle vient. Et quand on dit qu’on a soustrait la chanson, c’est de la folie ! La réalisation d’un titre en France coûte 18 000 euros c’est-à-dire environ 12 millions de FCFA. On ne va pas faire une chanson à 12 millions pour ensuite la laisser tomber. Notre maison de disques n’allait même pas l’accepter. Je m’excuse auprès de tous ceux que cette information a choqués. Nous ne nous reconnaissons pas dans cette information. Si toutefois, cette chanson existait, tôt ou tard, ça va sortir. Aucun de nos titres n’est resté en studio. C’est seulement la chanson Abou qui devrait figurer sur l’album Petit Pompier qui a finalement été gardée pour figurer sur le disque Tapé Dos. Voilà !

A côté de ça, il y a aussi  que ça chauffe dans la cuisine Magic System avec le départ de votre manager Angelo Kabila ?
Il ne se passe rien sauf qu’il y a un petit remue-ménage chez Magic System. Je ne voulais pas qu’on en arrive  là et ça me met mal à l’aise d’en parler.

Tu es en colère ?
Je ne suis pas en colère, je suis plutôt déçu. Kabila et moi avons été tellement intimes que je ne pensais pas que notre séparation pouvait se faire dans la presse.
Je suis déçu que ça se passe de cette manière. Ce n’est pas une guerre entre lui et moi. Je crois qu’il y eu de la précipitation de sa part. Ceux qui ont conseillé Kabila sur ce coup, l’ont mal fait. Kabila, c’est quelqu’un que je respecte beaucoup. Et quand on vit huit ans avec quelqu’un, je pense qu’il y a beaucoup de choses qu’on a partagées… Si on veut s’étaler dans la presse, on n’en finira pas. C’est vrai que professionnellement, ça peut ne plus aller entre nous, mais avant tout, Kabila et moi sommes «frères», même s’il a dit des choses pas du tout gentilles à mon égard. Pour le bonheur du groupe, il aurait pu m’en parler. Il s’est étalé dans la presse pour raconter des choses sans fondement. Ça fait quand même 10 ans que je suis à la tête de ce groupe-là et je pense que  si mes acolytes se sentaient aussi mal à l’aise que Kabila le dit, ils l’auraient signifié ou seraient partis du groupe…
Peut-être parce que les trois autres ont peur de toi…
Non, ils n’ont pas peur de moi. Kabila a évoqué le cas des droits d’auteur. Mais je n’ai jamais vu un artiste qui partage ses droits d’auteur avec son manager ou son producteur. Il a peut-être raison de parler de ça parce que c’est moi qui ai  eu un jour l’initiative de décaisser 10 millions de francs CFA de mes droits d’auteur pour le partager au groupe. Kabila voulait peut-être que ça continue comme ça.  Chacun a ses droits et personne ne connaît le bulletin de paie de son ami à la SACEM. Il a dit un jour dans vos colonnes que l’avantage que j’ai, c’est que je compose. Donc, ce sont mes droits d’auteur et je fais ce que je veux avec. Tout le monde sait que je mets mon argent au service du groupe parce que quand il y a de l’argent à décaisser, je le fais quitte à ce qu’on me rembourse après ou pas. A ce niveau, le débat est clos. Kabila a fait une fuite en avant. Au fait, il n’a pas abordé la vraie cause de la séparation et c’est ce qui me fait mal. Si on était encore ensemble, je lui aurais dit qu’il vient de commettre une gaffe.

Sincèrement qu’est-ce qui explique ce départ de Kabila ?
- A un moment donné de la vie, je crois qu’il faut savoir dissocier l’amitié du travail. Jusqu’en 2003, Kabila touchait 20% des cachets de Magic System.  Mais à un moment donné, il n’était plus concentré. Pour préserver le groupe, il fallait trouver une structure plus professionnelle qui connaît le milieu du show-biz en France. Cette structure a alors commencé à encaisser, la part du manager. Parce qu’on ne peut pas payer une structure en France et payer un manager en Côte d’Ivoire qui ne fait rien. Un manager est payé sur les contrats qu’il rapporte au groupe. Malgré tout, on a tenté à maintes reprises, de remettre Kabila dans le bain. On a refait des voyages avec lui.  Mais quand on arrivait en France, il n’avait pas de rôle à jouer. Demandez à Kabila combien de fois, il est allé avec un membre du groupe  chez Virgin pour savoir comment va Magic System. On ne le sentait plus impliqué. Or nous, on a notre carrière à défendre. Voilà pourquoi j’ai décidé de dissocier mon amitié avec Kabila du travail de Magic System. Sinon en vérité, c’est depuis 2002, ça ne va plus entre Kabila et Magic System. Il y a eu peut-être une autosatisfaction quelque part. Nous, on voulait aller de l’avant. Et pour aller de l’avant, il nous fallait prendre le taureau par les cornes. C’est ce qu’on a fait. Nous avons  donc donné la gestion de l’Afrique à Kabila. Mais cette gestion a été aussi bâclée. Il y a eu beaucoup de gaffes.

Qu’est-ce que tu appelles «gaffes» ?
- Un manager concentré, c’est quelqu’un qui veille sur son groupe au jour le jour. Or avec Kabila, on lisait les mails adressés au groupe avec parfois un mois de retard. Ça, ce n’est pas un manager. Il a sa vie et je ne peux pas l’empêcher de s’amuser. Mais quand on finit l’amusement, il faut veiller à la bonne marche du groupe. Si je n’avais pas pris les devants de la chose, je pense qu’on allait chavirer. Or, il faut qu’on justifie notre statut auprès de ceux qui nous soutiennent, des partenaires… Je ne peux pas tout dire dans une interview, parce que je veux que Kabila quitte le groupe avec dignité et honneur.

A écouter Kabila, on a l’impression qu’il y avait un manque de respect à son égard…
- Un groupe qui ne respecte pas son manager ne va pas à une décoration officielle avec lui. On est allés chez le Président de la République avec Kabila pour montrer à toute la nation ivoirienne que nous lui sommes reconnaissants. Et tenez-vous bien, ça n’allait pas entre nous au moment d’aller  chez le Président de la République. Mais comme d’habitude, on a calmé le jeu. Constant Anagonou, Charles Blé Goudé, Claude Bassolé …sont témoins. Plusieurs fois, on s’est rencontrés pour discuter, tard dans la nuit des gaffes de Kabila. On m’a toujours dit : «laisse tomber, donne lui une dernière chance.» Mais à force de donner sa chance à Kabila, on va préparer un jour la chute du groupe. Il se plaint d’être réduit à manager Afrique. Mais, Dieu merci, ses gaffes sont commises seulement en Afrique parce que ce sont des choses qui ne pardonnent pas en Europe… Il est arrivé un moment où les promoteurs ne voulaient traiter qu’avec le groupe directement. Ils n’avaient plus confiance en Angelo Kabila. Kabila a signé plusieurs contrats de spectacles où on n’est jamais allés jouer, par sa faute. Le pire c’est que même mes ingénieurs m’ont dit en France que si jamais Kabila doit gérer quelque chose ici, ils ne viennent pas à Abidjan.

Mais si tu l’as toujours couvert, pourquoi tu ne continues pas à le faire ?
- Que Kabila ne paye pas les cachets du groupe, ce n’est pas la première fois que ça arrive. Ça reste en famille et on gère.  Or avec les concerts de nos dix ans, ça s’est étendu à notre entourage. Tous ceux qui ont travaillé sur ces concerts, les ingénieurs, les musiciens, les prestataires… ont été payés au compte-gouttes, or l’argent était là. Je ne pouvais plus couvrir cela parce qu’en le faisant, c’était comme si je cautionnait la gaffe que Kabila avait commise. Ce qui discréditerait le groupe. Voilà la vraie cause de notre mésentente. Aujourd’hui, personne ne veut louer sa sono à Magic System sans avoir été payé d’avance. Personne ne veut céder son podium à Magic System sans avoir d’abord pris son argent. La preuve, à la dédicace à Koumassi, nous avons tout payé cash pour avoir le matériel. Alors qu’avant, rien qu’avec un coup de fil, on déplaçait tout le monde, on nous faisait confiance. Si on ne prend pas nos responsabilités, ce discrédit que Kabila a provoqué va nous suivre jusqu’à la fin de notre carrière. 
 
As-tu consulté les trois autres (Manadja, Tino et Goudé) avant de décider du départ de Kabila ?
Avant de prendre une décision, je concerte toujours les autres membres du groupe. Je parle en tant que chef de groupe. Vous ne pouvez pas me dire que Manadja, Tino et Goudé ne veulent pas du départ de Kabila et que moi je force. Non ! C’est une décision unanime. Que ce soit les musiciens, les ingénieurs ou les membres du groupe, chacun me manifestait son mécontentement vis-à-vis de Kabila. Tenez, chaque fois qu’il y a quelque chose à faire, chacun me disait : «si tu veux nous «gérer» (payer, ndlr), on ne veut pas avoir affaire à Kabila». On ne pouvait pas continuer comme ça. Il y a une crise de confiance entre le manager et le reste du groupe. Chaque fois, je faisais asseoir Kabila pour lui dire tout ce que les autres membres du groupe lui reprochent. Mais il n’a rien fait pour changer…
C’est vrai qu’il dit qu’il a pitié des trois autres Magiciens, mais je pense qu’il est plus fautif vis-à-vis d’eux que moi.

Ton niveau de vie semble poser problème…
- Ce que vous ne savez pas, c’est que quand on est producteur de 1er Gaou et que de surcroît, on est manager, on touche deux fois plus de l’argent. Sur l’album 1er Gaou, Kabila touche quatre fois plus d’argent que moi. Personne ne peut dire que le producteur de 1er gaou est pauvre. Quand Kabila touchait 250 FCFA par cassette, je touchais 15 Frs c’est-à-dire que Magic System avait 60 francs qu’on divisait par 4. C’est à partir de mes 15 Frs que j’ai commencé à préparer ma vie. J’ai acheté ma maison pour réaliser un vieux rêve. Mais en principe, si j’achète une villa, Kabila doit avoir des immeubles. Aucun artiste n’a encore égalé le record de ventes de 1er Gaou en Côte d’Ivoire. Il s’est vendu à plus de 300 mille cassettes ici. Il a été double Disque d’or (200 mille CD vendus) en France. Qu’on arrête ! Kabila a reçu plus d’argent que moi. Ce n’est pas tout. Angelo Kabila est inclus dans notre contrat que nous avons signé avec notre maison de disque et qui court jusqu’à 2008. Il a des droits sur les albums vendus de Magic System. Pas en tant que producteur mais en tant qu’artiste. Nos royalties sont partagées en cinq. Kabila sait qu’on n’était pas obligés de le faire. Mais on l’a fait parce qu’il est comme notre frère. C’est un geste pour dire qu’on a commencé ensemble, nous lui devons reconnaissance.


- Je vais lui pardonner tout ce qu’il dit sur moi, mais seulement, il a un peu trahi notre amitié. Il a fait des choses plus graves mais j’ai laissé tomber. Le problème, c’est que Kabila laisse croire que lui n’a pas tort. Mais je le connais. Au tréfonds de lui-même, il sait qu’il a tort. Il sait combien de fois et comment je l’ai protégé. Il sait que je ne pouvais pas le voir dans la déchéance sans intervenir. Je vous ai dit qu’il était mon conseiller, alors, il était au courant de tous mes projets. Je n’ai jamais rien fait sans aviser Kabila. Le seul Ivoirien à être au courant de mes droits d’auteur, c’était bien Angelo Kabila. Il était aussi mon best man à mon mariage et si mon mariage était à refaire, Kabila serai toujours mon best man.

Pour parler des trois autres gaou, tu ne penses pas que pour  l’harmonie du groupe il faudrait que ton niveau de vie ne soit pas si disproportionné par rapport au leur ?
Ce n’est pas moi qui repartis les droits d’auteurs. C’est la SACEM qui le fait par rapport aux compositions et aux titres joués. Et puis qu’est-ce qui vous fait dire qu’ils ne gagnent pas de l’argent ? Moi, mon objectif a toujours été de m’acheter une maison. Je ne connais pas celui des autres. J’ai cotisé de l’argent pendant cinq ans pour m’acheter ma maison. On ne peut pas me le reprocher. En plus des chansons qu’ils ont composées eux-mêmes, il m’arrive de composer des chansons et de mettre les trois autres comme auteurs compositeurs pour qu’ils aient des droits d’auteurs. Je les ai mis auteurs compositeurs de  C cho ça brûle, un single qui passe partout. Dernièrement sur la chanson On va s’amuzé qui est aussi une chanson qui passe sur toutes les radios et télés, j’ai remis tous mes gars comme auteurs compositeurs. Ce sont des sacrifices que je fais pour eux.

Comment se fait la répartition des cachets des spectacles entre vous ?
- Kabila est le seul manager en Côte d’Ivoire qui avait le même cachet que ses artistes. Les cachets de Magic System étaient toujours divisés par 5. Les quatre membres du groupe avaient chacun 20% du cachet et Kabila avait donc 20%.

Après le départ de Kabila, y a-t-il quelqu’un en vue pour gérer maintenant les affaires africaines ?
Non ! Je gère moi-même les affaires du groupe. Aujourd’hui, la technologie me permet de gérer ces affaires. Répondre à un mail, ça ne prend pas plus de 10 minutes. Pour l’instant, ici, je ne confierai rien à personne. Parce que si j’avais déjà quelqu’un pour remplacer Kabila, ce serait comme si on avait préparé son départ. Ça nous a surpris, lui et nous. A part le rôle de manager qu’il jouait, Kabila était membre à part entière du groupe. Donc, ce ne sera pas facile de le remplacer. Mais on peut envoyer quelqu’un pour faire les courses que Kabila faisait ici.

...
Aujourd’hui, je me sens seul.  Quand, ça n’allait pas  et que je me retournais, c’est à Kabila que je parlais. Aujourd’hui, je circule seul dans la ville avec mes «petits». Jamais de ma vie je n’ai fait deux semaines  à Abidjan sans voir Kabila. Mais, je suis obligé de protéger Magic System.

Les commentaires
Publié le 14 juillet 2008
Par ISAAC
tu as raison alsafo
Publié le 18 juillet 2008
Par Anicet BIAHOU
Ton métier est trop difficle pour te laisser baiser par un escro.Continues ton chemin, on est derrière toi
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