Après deux réunions préparatoires enchaînées en deux mois seulement, le Comité Local d’Animation du Vermandois Thiérache a mis en place la première journée territoriale d’une série de trois pour l’année 2006 en Vermandois-Thiérache, au Centre Social de Moÿ-de-l’aisne, grâce notamment à Stéphanie Lebrun, son active « référente-famille ». C’est sous un soleil de bon augure qu’a démarré cette journée d’échanges qui a accueilli une quarantaine de professionnels et bénévoles oeuvrant autour de la parentalité.

Mr Patrice Ménard, Responsable des interventions territoriales à la CAF de St Quentin, a ouvert cette journée, faisant un bref rappel de l’historique du REAAP de l’Aisne et des enjeux de cette mise en réseau.
Ensuite, selon le cadre proposé par le Comité d’Animation, la journée, animée par Patrick Dublé, coordinateur du CRES de Picardie, Etablissement de l’Aisne, s’est découpée en deux temps. D’abord un temps de découverte et d’échanges lors des trois tables rondes de présentation d’actions, puis un temps d’approfondissement et d’échanges lors d’ateliers thématiques.
Les tables rondes :
- Actions autour de la parentalité et de la petite enfance
C’est Céline Mercier qui a ouvert le feu des tables rondes en présentant le CASOC de Fresnoy le Grand, avec ses spécificités de centre social rural, rayonnant sur un large territoire, avant d’en venir à une présentation du LAEP, ses difficultés, ses atouts et les projets dont il est porteur et instigateur.
Isabelle Lejeune a suscité l’intérêt du public en exposant l’initiative intéressante de LAEP itinérant sur 11 communes, mis en place par Tac-Tic Animation de La Capelle, le Ludobus.
Ensuite, Stéphanie Lebrun et Jennifer Mazzini ont à leur tour exposé les contraintes, les difficultés de mobilisation mais aussi tout l’intérêt du LAEP en cours de labellisation CAF du Centre Social de Moÿ de l'Aisne, qui s’inscrit dans un projet famille global. Les échanges entre la salle et les intervenantes ont essentiellement permis à chacun de percevoir les difficultés communes mais aussi inhérentes à chaque spécificité (environnement rural, large champs d’activité, itinérance, etc.)
- Actions d’échanges et d’entraide autour de la parentalité
Nathalie Wenzinger et Nadège Michaux, psychologue à la Mission Locale de Saint-Quentin, ont resitué dans le contexte global des champs d’intervention de leur structure le module « Comment concilier vie de famille et vie professionnelle? »
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Brigitte Gosse, Responsable Départementale des Actions Sociales de la Croix Rouge Française, a présenté le fonctionnement départemental de la Croix-Rouge, ainsi que son implication sociale. Puis, Danièle Brodziack, Vice-Présidente de la Délégation Locale Croix Rouge de Guise, l’a assistée pour expliquer le projet d’accompagnement à la scolarité qui se mettrait en place à Guise prochainement.
Madame Lion, Présidente et Dominique Bak, Directeur du Centre Social et d'Action Culturelle de Hirson, ont dressé un panorama des « Actions Familles » et présenté plus particulièrement l’action « Parents d'Aujourd'hui ».
- Actions collectives autour de la famille
Fortuitement, cette dernière table ronde a permis la présentation de 4 des 5 centres sociaux de Saint-Quentin. Le cinquième étant tout juste en phase de restructuration, n’était pas présent ce jour.
Corinne Bécourt a présenté à l’aide d’un diaporama-photos les différentes actions menées au Centre Social Artois Champagne autour de la famille et prétextes à ou abordant explicitement les questions de parentalité.
Ensuite, Marie-Christelle Zimmerman, après un tour d’horizon du fonctionnement du Centre Social du Quartier Saint-Martin a expliqué plus en détails le fonctionnement d’une action qui se partage entre deux centres sociaux et permet ainsi la rencontre autour du jeu de leurs usagers respectifs, en famille. En effet, les « Soirées Jeux » sont menées en lien avec le CS du Vermandois.
Puis Odile Plouseau a expliqué la manière dont le Centre Social de Neuville envisage et met en place les « Vacances Familles », leurs intérêts, enjeux et les difficultés rencontrées.
Enfin, et en quelque sorte, en synthèse de cette table ronde, à partir d’une action, Joëlle Dupont, a expliqué le cheminement d’une famille au sein du Centre Social du Vermandois et expliqué les interactions et les passerelles entre différentes actions, les passages obligés avant de parvenir à cerner les problématiques des différentes familles, leurs attentes et leurs besoins.

Le temps du déjeuner fut un moment propice à de riches partages entre les participants, sur les pelouses autour du Centre Social de Moÿ, puis les échanges ont repris au sein des différents ateliers. Après deux heures de travaux en ateliers, chaque rapporteur est venu présenter, pour le groupe, une synthèse des réflexions et pistes explorées.
Synthèses des Ateliers :
Comment intervenir dans la relation qu’entretiennent famille et école afin de faciliter les rapports ?
Animatrice : Brigitte Gosse – Croix-Rouge / Rapporteuses : Stéphanie Lebrun – CS de Moÿ & Brigitte Gosse
Constat :
Les parents désabusés, démissionnaires, en situation d’exclusion pour des raisons linguistiques ou économiques se sentent aussi mis à l’écart de la vie scolaire.
Par ailleurs les enseignants disent manquer de moyens et de temps pour être à leur écoute.
Les attentes :
Malgré leurs problèmes avec l’école les parents souhaitent la réussite scolaire de leur enfant.
Les enseignants attendent d’eux une meilleure compréhension de leur action.
Un lien parents-école :
Les associations peuvent remplir le rôle de médiateur. Un coéducateur diagnostique un problème individuel ou d’un groupe de parents et agit dans le respect des valeurs de l’école et de l’association.
Le rôle du médiateur :
Les contrats locaux d’accompagnement à la scolarité (CLAS) soutenus par les CAF, DDASS…permettent de créer un réel partenariat avec les parents qui s’engagent à accompagner l’enfant lors de l’aide aux devoirs. Ces actions menées dans les centres sociaux prennent en compte l’éducation de l’enfant dans sa globalité.
Pour valoriser les compétences éducatives des parents, leur donner une place au sein de l’école, le coéducateur ou le référent pourrait aider l’enseignant, être la personne relais facilitant l’intégration des personnes en « difficulté de langage » ou en situation d’exclusion.
Connaissance et reconnaissance de chaque partenaire :
L’engagement des parents, des enseignants mieux formés à la connaissance du « monde social », du bénévole – relais auprès des structures compétentes, est le garant d’un partenariat où chaque individualité est respectée et enrichie par une meilleure connaissance de l’autre.
Comment évaluer les besoins réels des parents ? Comment mener un diagnostic avec les parents ? Pour aborder le sujet de la fonction parentale, de quel point de vue se place-t-on ? Celui du parent ? De l’enfant ? De l’institution ?
Animateur : Patrick Dublé - CRES / Rapporteuse : Magali Rairat – CRES
Les objectifs de l'atelier étaient d'exprimer et de mettre en commun les représentations de chacun sur ce qu'est « mobiliser » et de réfléchir, à partir des expériences vécues, sur ce qui fonctionne bien et les freins à la mobilisation.
En s'appuyant sur la technique du brainstorming, il est ressorti que les membres du groupe avait une vision très positive de la mobilisation. En effet, pour le groupe, mobiliser signifie à la fois donner envie, faire bouger, sensibiliser et aussi valoriser les compétences de chacun, faire partager, rendre acteur, amener à faire soi-même. Autrement dit, la mobilisation permet de se libérer de ses propres contraintes, quelles qu'elles soient.
Cependant, des freins à la mobilisation existent et persistent… Que ce soit du fait de la méconnaissance, l'incompréhension, le manque d'intérêt, le manque de confiance en soi, la méfiance du regard institutionnel, la peur du jugement, etc. il n'est pas toujours aisé de mobiliser les parents.
Ainsi, la question de la mobilisation se joue à différents niveaux :
- Au niveau de la communication
Pour mobiliser les parents, il est important de se faire connaître, de communiquer sur les enjeux, les objectifs, le contenu de l'action, la méthode employée.
Si par exemple une plaquette de présentation est réalisée, il est important de bien réfléchir au vocabulaire employé. En effet, certains mots peuvent faire peur (ex : "venez au lieu d'accueil pour vous aider à vous séparer de votre enfant" … mais je ne veux pas me séparer de mon enfant, moi) et d'autres ne pas susciter l'intérêt de venir (ex : "au lieu d'accueil, vous pourrez jouer avec votre enfant"… mais à la maison, il y a des jouets et je joue déjà avec mon enfant, pourquoi j'irai au lieu d'accueil ?).
Il est important également de réfléchir au support de communication. L'écrit n'est pas forcément le plus adapté. L'information doit être relayée oralement par un professionnel qui pourra donner une explication adaptée à l'interlocuteur et lui donner envie.
L'image véhiculée de la structure (centre social, lieu d'accueil, etc.) est importante à prendre en considération. En effet, si elle est positive, elle viendra renforcer la mobilisation alors que si elle est plutôt négative, elle la diminuera.
L'image que les gens se font de la structure se construit à partir du bouche à oreille, d'où l'importance du relais professionnel et parental.
L'accueil lors de la première visite est l'étape clé de la mobilisation. C'est un temps de rencontre qui doit permettre une reconnaissance réciproque des personnes et instaurer un climat de confiance. Il est important de faire place à "l'autre" - le parent - et de le considérer comme un partenaire à part entière en étant disponible et en lui proposant une écoute, une attention soutenue, de l'empathie et en l'informant du fonctionnement et de l'intérêt de la structure de façon adaptée.
Dès l'accueil, la question de la motivation est à prendre en compte : qu'est-ce qui a amené ces parents à venir ? Le bouche à oreille ? La PMI ? Et que viennent-ils chercher, sachant qu'il peut y avoir un décalage entre les motivations exprimées et les motivations réelles ?
L'analyse de la demande, des besoins et des ressources de la personne doit se faire dès l'accueil.
Les objectifs et les représentations des parents et ceux de la structure doivent ici se rejoindre sur certains points pour qu'il y ait mobilisation.
Quel cadre va permettre aux parents d'être acteurs, de s'approprier les lieux, de se sentir à l'aise et leur donner envie de revenir ?
Il semble important de laisser du temps. En effet, les parents ont besoin de temps pour faire connaissance avec les professionnels et les autres parents, pour se sentir bien, pour créer des liens et s'investir vraiment, ce qui n'est pas toujours en adéquation avec les contraintes institutionnelles.
Séparées, recomposées, monoparentales, etc : des configurations multiples avec des problématiques particulières ?
Animatrice : Véronique Leturque – CRES / Rapporteuse : Odile Plouseau – CS de Neuville
A la lueur des échanges entre les participants, il apparaît que sous cette notion de « familles d’aujourd’hui », un type schéma familial se détache immédiatement. Il est celui auquel les professionnels sont le plus « confrontés », il s’agit de la monoparentalité. Les contextes de familles recomposées ou homoparentales, citées dans les documents mis à disposition ne sont pas relevés car ne répondant pas à des situations rencontrées couramment par les acteurs présents.
Les participants consultent quelques documents qui ont la particularité de surprendre car ils battent en brèche de nombreux préjugés sur le milieu social des familles monoparentales.
Non, elles ne sont pas toutes en grande difficulté sociale, non elles ne sont pas toutes issus de milieux sociaux défavorisés, non elles ne sont pas toutes constituées par des femmes jeunes voire très jeunes…
S’ensuivent des échanges sur les expériences de chacun et notamment de référentes familles de centres sociaux et de travailleuses sociales concernant les familles monoparentales du public qu’elles ont pu accueillir.
Il en ressort donc une synthèse globale qui porte sur la nécessité de se méfier de toutes les représentations que l’on peut avoir fruit notamment de ce que l’on peut nommer « filtre de perception », composé de nos représentations, notre vécu, notre sensibilité qui, immanquablement vont induire nos orientations et nos décisions.
Il apparaît donc nécessaire de communiquer avec les familles sur les décisions à prendre, choix à faire, sur les actions les concernant, pour mettre en balance ces représentations avec le ressenti des familles elles-mêmes…
Présentation du jeu « Parents en jeu » par le Réseau Famille-Parentalité du Nord de la Fédération des Centres Sociaux de l’Aisne
Animatrice : Joëlle Dupont – CS du Vermandois / Rapporteur : Nicolas Delemer – CS ADEPAGUI
A l’origine c’est un jeu créé par des parents d’un quartier de Nantes.
Il est composé de :
- une casette vidéo
- un plateau avec jetons, dé et 5 thèmes de cartes ayant chacun sa couleur : communication / cohérence / respect / autorité / violence.
- La forme en 8 du plateau permet un arrêt du jeu à tout moment, sans contrainte de temps.
- Il n’y a ni perdant, ni gagnant.
- Les différents thèmes permettent un échange et une solution commune du moment.
1 – Discussion sur un temps donné
2 – Discussion sur différents sujets
Il y a facilité d’adaptation à toute phase du jeu.
Il est possible de jouer seul ou en équipe de 3 pour un meilleur échange.
La grille d’évaluation sur le ressenti est la meilleure possible et peut tout à fait être adaptée à d’autres évaluations.
- Améliorations possibles :
Il serait judicieux d’ajouter un dictionnaire au moment du jeu.
Le jeu permet une remise en cause de tous : participants et animateur compris…