J’aurai bien pu
J'aurai bien pu pas naître
Pas voir ce monde immense
Cette campagne qui m'est chère
Ces champs pleins de semence
Et les feuilles qui vont dans l'air
L'automne qui commence
J'aurai bien pu pas croire
Dès les premières années
Au grand bonhomme rouge
A la petite souris
Au président qui s'bouge
Si bien qu'ça lui sourit
J'aurai bien pu pas m'asseoir
Sur les bancs de l'école
Comme tous ces mendiants
Qui réclament leur obole
Et pas entendre Renaud
Et sa voix qui détonne
J'aurai bien pu pas vouloir
Un tout premier amour
Caché quelque part
Je l'attend toujours
Et m'endormir le soir
Penser au prochain jour
J'aurai pas été l'fruit
D'un amour, d'un partage
Si mes parents pas s'connaître
Chacun leur vie bien sage
Et le temps s'écouler
Comme chaque être son âge
J'aurai bien pu pas naître







