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Publié le 01/11/2009 à 14:51
Par Virginie Gautier
Parce que, après des mois d'inquiétude, d'hospitalisation en urgence, de traitements à trouver... je sais que le bonheur ce peut être tout simplement une ballade par une belle journée d'automne avec mes fils, le long de la Saune.







Virginie Gautier - Relookemoi.com
Publié le 20/10/2009 à 12:05
Par Virginie Gautier
Bonjour à toutes et merci pour vos témoignages...

Je ne les mets pas tous car certains sont de toutes évidences un parti pris... et même si votre colère m'a fait plaisir, j'ai plus été victime de ma vanité que d'Olivier Delacorix... Ceci dit c'est le dernier journaliste que j'accepte de rencontrer et d'aider. (Pour l'anecdote, l'année dernière j'avais répondu à un interview par téléphone durant 2h00 et l'article avait été publié avec les coordonnées d'une école de relooking concurrente de la mienne !!! Quelques mois auparavent j'avais repondu par écrit à une journaliste qui m'a remercié et a plublié l'article sans me citer... sur un site de rencontre que je ne nommerai pas !)

Au-delà de vos témoignages de sympathie j'ai retenu aussi votre immense déception dans le traitement d'un sujet aussi grave que "changer de sexe pour un instant ou pour une vie" !

Il semblerait effectivement qu'Olivier delacroix soit plus à l'aise dans d'autres sujets (drogue, mutilations, prostitution...) mais il a peut être eu des pressions pour brosser Roselyne Bachelot car sur les heures de tournage réalisées il n'a finalement pas retenu l'essentiel et n'a pas fait avancer la cause des personnes transgenres. Dieu qu'il était timide devant le professeur...

Enfin, voila, dans quelques jours personnes ne se souviendra de ce documentaire. Je vous conseille de voir le film "Next Station Nana" et aussi un très vieux film réalisé avec beaucoup de sensibilité sur la transformation de Marie-Ange (documentaire réalisé dans les années 70), merveilleux et respectueux !

Pour terminer je vous propose de lire la lettre que Manon m'a adressé, elle est dure parce que "vraie" et belle parce que "vraie" !

Virginie Gautier


Chère Virginie,

 

Bien que prudente, je tenais à regarder le documentaire d’Olivier Delacroix… Rien d’original, beaucoup de banalité ou plutôt devrais-je dire de « banalisé ». Terrible comme les choses sont vendues comme « si simple ». Anne Gaëlle nous explique sur un pont de Toulouse comment on devient une femme… en retournant la peau des testicules et du pénis… pas de musique douce… rien… Alors il suffirait d’un retournement pour que tout baigne !

 

Et puis tout à coup ; un miroir… TON miroir ! J’en suis certaine. Tu aurais donc participé à cette émission ? On ne t’entend pas, on ne te voit pas… Et pourtant quand on sait le travail que tu fais avec nous, comment tu nous guide, nous accompagne, nous ouvre à ce monde féminin que nous désirons et qui va bien au-delà d’une modification de sexe…

 

Ce miroir dans lequel j’ai vu naître Manon. Ce miroir où je me suis découverte, où j’ai appris à apprivoiser mon image de femme, où j’ai appris à m’aimer. Ces moments durant lesquels tu m’as permis de comprendre ce qu’est une femme, où tu as décodé et démêlé pour moi tous les signes, les gestes, les mots, la voix qui font de moi la femme que je suis aujourd’hui.

 

Ce miroir qui me révélait à moi même avec ton regard complice. J’ai grandi, enfin, acceptant avec sérénité l’arrivée de Manon.

 

Le documentaire d’Olivier Delacroix ne montre hélas rien de ce qu’est notre calvaire pour n’être pas née dans le bon corps et malheureusement ne dit pas les effets catastrophiques de nombreuses opérations. Tout semble rose…

 

Qu’ai-je du faire pour être femme : suivre un protocole pendant 3 ans, prendre des hormones dont les effets ne sont pas satisfaisants puisque j’ai commencé très tard ma transformation mais qui ont modifié profondément mes manières d’être, épiler au laser chaque poil en sachant que les blancs ne partent pas… faire des implants capillaires car malheureusement j’étais bien dégarnie, faire des implants mammaires car les hormones ne suffisaient pas à féminiser ma silhouette, casser ma mâchoire volontaire et masculine, faire l’ablation de ma pomme d’adam trop proéminente, suivre des cours chez la phoniatre pour casser ma voix et puis il y a eu ce jour où je suis partie me faire opérer. Ce jour où Manon est née !

 

Le bonheur d’être enfin telle que je devais être et la sublimation de ce corps m’a fait supporter la douleur de l’opération, la gymnastique quotidienne, contraignante et longue à faire pour que ne ce referme pas mon nouveau sexe. La crainte que l’on ne m’ait fait un vagin de 7 cm (comme en France) qui pourrait se déchirer à la première pénétration…

 

Et puis la bataille juridique où je me suis trouvée confrontée à un juge qui estimait qu’une femme ne peut chausser du 45 et donc que Robert était plus légitime que Manon… La recherche d’un nouveau travail… La recherche de l’amour ! Et enfin, l’amour ! Et oui, depuis peu j’ai rencontré un homme charmant Nous avons regardé ensemble le documentaire… je lui ai parlé de toi, il aimerait te connaître, il sait le travail que j’ai fait avec toi. Tu vois, c’est incroyable je peux dire maintenant « je suis amoureuse » !

 

Voila Virginie, si le documentaire d’Olivier Delacroix semble plus être fait pour faire pleurer dans les chaumières et laisse à penser qu’une opération suffit à nous changer, il m’a permis de t’écrire ces quelques lignes pour te dire ma gratitude et mon bonheur quotidien.

 

Manon

Publié le 11/10/2009 à 21:55
Par Virginie Gautier
Humeur : Ironique
Bonsoir à tous,

je présente mes excuses à tous ceux que j'ai alerté et à qui j'ai dit : Regardez donc l'émission sur France 4 "changer de sexe pour un instant ou pour une vie". Cela passe ce soir, 11 octobre à 20h35... Vous allez me voir et surtout m'entendre...

Olivier Delacroix est venu m'interviewer. J'ai bloqué une journée pour cela et empêché de travailler Rosine (ma coiffeuse)... Cela va vous montrer, rapidement certes, une partie de mon travail auprès des personnes transgenres... Et vous pourrez comprendre en quoi cela consiste... Même si cela n'est qu'une seule phrase...

Anne-Gaëlle et Elsa étaient présentes et avaient été bouleversées par les propos que j'avais tenus car il disaient clairement la souffrance et les périodes qu'elles avaient traversées tout en portant un regard professionnel et extérieur...

Ah, ces journalistes... Tous les mêmes !!!

Ah, si, merci au cameraman qui montre les yeux d'Elsa dans le miroir. Jolie prise de vue...

Bon je vous autorise à vous moquer de moi !
Amicalement

Virginie Gautier - relookémoi.com
Publié le 09/09/2009 à 13:54
Par Virginie Gautier

Il y avait dans la voix tant de dignité, tant d’incertitude et tant de peur que je ne pouvais répondre. Si le chemin parcouru a été long et dans l’ensemble semé d’instants de bonheur, la fin semblant proche donnait aux mots un sens d’une profondeur extrême… Mais que dire? Que dire à celle que l’on aime, à celle qui vous a donné sans que l’on s’en rende compte une force de vivre incroyable, la force de se battre d’aimer et d’être aimée en retour ?

 

Comment répondre à l’appel de la peur de partir quand vous ne souhaitez qu’une chose, que ce moment là n’arrive jamais ! Quels sont les mots à employer, à dire ? Il n’y a jamais de phrases justes. On aimerait que l’imparfait n’existe pas et que le présent soit obligatoire.

 

Conjuguer le temps et se souvenir des comptines chantées en cœur, des bras serrés quand la fièvre est là, des mots d’amour murmurés… Tu te souviens «répète après moi : Je… je… suis… suis… une… une… petite… petite… fille… fille… idiote… i… ah, non pas ça ! » « Ah bon ! Alors répète après moi : je… ».

 

Et le rire qui revient submergeant comme une vague énorme la pièce, rebondissant sur chaque mur.

 

Mais l’heure est grave, la distance importante et mon incapacité à dire, inquiète celle qui m’aime. Comment la rassurer, les phrases sont dérisoires. L’impression que le temps s’en va et que c’est le moment de dire l’essentiel. La prendre dans mes bras et lui murmurer comme elle le faisait quand j’étais enfant qu’il ne faut pas avoir peur, que la vie est belle et qu’on ne sait jamais ce qu’elle nous réserve… La guérison dépend tellement d’elle et je la sens si fragile.

 

« Quand pourrais-je venir te voir ? »  « Je ne sais pas ma chérie ».

L’incertitude. Tant pour elle que pour moi.

La dignité. Le droit à être malade, à vieillir, à souffrir sans s’étendre en lamentations inutiles. Sans avoir à supporter le regard des autres et lire dans leur regard la peur, la compassion, la tristesse. Lutter. Seule.

 

« Je serais seule ». Elle a raison, quand ceux que vous aimez au plus proche possible de vous ne seront là quand la porte de la chambre se refermera. Et ce moment là est plus redouté que tous ceux à venir. Seule. Et cette solitude est terrible. A en pleurer.

 

Ce n’est pas le rire qui m’envahit aujourd’hui mais une tristesse énorme, ma propre peur à savoir que je ne peux rien face à sa solitude et que quelque soit ma force, mon énergie, elle sera seule à lutter. Dévorée par cette impuissance je n’ai su trouver les mots pour lui dire combien je l’aime ! Combien je suis soudain une petite fille et combien elle est la mère ! Amère constat, au moment où les mots essentiels devraient être dit je ne peux même pas les articuler « Tu comprends ce que je dis ma chérie ? » « Oui maman ! »

 

Je ne comprends que trop bien !


Virginie

 

Publié le 02/09/2009 à 17:43
Par Virginie Gautier
4 jours de vacances c'est peu... mais il suffit d'une autre ambiance, de calme, du bruit de la mer, du sel, d'étendues sauvages et protégées, de ballades les pieds dans l'eau pour que la tête se vide, que la respiration se plus calme. Hors du temps...











Photos Virginie Gautier - Relookémoi.com
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