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Publié le 02/03/2007
Par Rhodathewaves
Humeur : Ironique
Sous-titre : le cauchemar de Laurent



Laurent a du mal à se réveiller ce matin. Il mérite une fois de plus son surnom de clignottant borgne. Sa tête le fait horriblement souffrir, il s'est couché tout habillé, le moindre bruit, le moindre rayon de lumière l'agresse. Il a tellement soif qu'il s'empare du vase sur la cheminée, en évince les fleurs et boit l'eau croupie. Des fleurs? dans la chambre de Laurent? et oui... ça lui revient : il est marié depuis quelques années.

Un horrible ronflement le fait sursauter. Quelqu'un ! dans son lit ! Mais qu'a-t-il bien pu faire la veille au soir? Des images lui reviennent ... il s'est rendu (seul et contre l'avis de sa femme) à un repas d'anciens Synapticiens. Mais qui a-t-il bien pu ramener ? Il n'y avait quand même pas beaucoup de filles, et encore moins de baisables. Pourvu que...

Mais le ronfleur s'extirpe de la couette. C'est Olivier ! son éternel complice. Dans le même état, sinon pire. Ses cernes atteignent le milieu de ses joues. Ses yeux sont congestionnés et injectés de sang.

Après quelques émouvantes embrassades, les deux rédhibitoires tentent de rassembler leurs souvenirs. Force leur est de constater qu'ils ne se rappellent plus rien après les desserts, les digestifs et le numéro de stript-ease d'Hélène accompagné par une chanson grivoise de Biscotte.

Petit à petit ils rassemblent les indices : des noyaux dans leurs poches, un soulier de femme, quelques mèches de cheveux blonds (décolorés), un parapluie oublié, et surtout ... du charbon dans leurs poches.
Le journal qui traine près de la cheminée leur fournit la réponse à toutes ces énigmes : rue Lourcine, une charbonnière a été sauvagement (expression consacrée, comme si...) tuée par deux complices à coups de parapluie.

Dès lors, nos deux amis, que nous tenons pourtant en haute estime, chez qui nous ne soupçonnerions pas la moindre once de lâcheté ou de mesquinerie, n'ont qu'un seul but : faire disparaître les indices et les témoins gênants, même le chat.

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Tel est le début (à peine transposé) de la pièce de Labiche : L'affaire de la rue Lourcine. Vous pouvez la voir en ce moment au Théâtre de l'Odéon .

C'est une pièce absurde, grinçante, drôle. Mise en scène par Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff, elle est tirée vers le loufoque. J'ai ri aux éclats pendant les intermèdes chantés et dansés : "pas quiqui, pas tété, pas quitté de la soirée, pas quiqui, pas tété, pas quitté de la soirée, pas quiqui, pas tété, pas quitté de la soirée".
Enfin je voudrais souligner la qualité visuelle du décor, qui est, je crois, l'oeuvre de la dame Makeïeff : un intérieur bourgeois du XIXème, des franges et des peluches, un papier mural à ramages chargé. On se croirait dans un tableau de Vuillard.

Publié le 26/02/2007
Par Rhodathewaves
Humeur : Tendre
Je n'écris pas cet article pour vous envoyer visiter cette exposition du Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme . Elle est fermée. Je l'ai vue à la toute fin.

J'écris parce que tout le monde devrait connaître Roman Vishniac. Alors même si vous êtes 2.6 à lire cet article jusqu'au bout, c'est déjà ça.

Vers la fin des années 30, ce petit bonhomme a pressenti que son monde était menacé, qu'il allait disparaître. Son monde c'était celui des ghettos juifs d'Europe centrale et orientale, le "Yiddishland". Ce sentiment était peu partagé. Mais lui, il savait. Peut-être parce qu'il avait déjà dû fuir les persécutions de la Russie révolutionnaire.

Impuissant à convaincre, impuissant à sauver son peuple et son mode de vie, il a pris le parti de sauver au moins son souvenir. Il a dissimulé son matériel photographique au milieu d'effets de colporteur et il est parti sur les routes, pendant plusieurs années. Il fallait déjà pas mal de courage pour passer autant de frontières quand on était juif. Il fut arrêté plusieurs fois, emprisonné. Il s'en est toujours sorti.

La guerre déclarée, il a émigré à nouveau avec sa famille, vers la France puis les Etats-Unis. Il n'a pu sauver qu'une petite partie de ses photos.

Il n'était pas facile de se faire entendre sur l'holocauste là bas non plus. Les photos de Roman Vishniac ne paraîtront qu'en 1947 dans un recueil intitulé The Vanished World : Jewish Cities, Jewish People . Plus qu'un souvenir.

roman-vishniac.jpg
Enfants étudiant le Talmud
Trnava, Tchécoslovaquie, 1937


Sur ces photos, on saisit toute la misère des juifs à cette époque. Les lois antisémites commencent à sévir. Ils perdent leurs emplois sans espoir d'en retrouver. Ils doivent fermer leurs boutiques. Sur les marchés, ils n'ont pas le droit de vendre aux non-juifs. Ils vivent dans des logements insalubres. Ils ont faim. Mais partout, les yechivas continuent de fonctionner, partout ils se plongent dans les livres, étudient le Talmud, enseignent l'hébreu aux enfants. Partout. Encore pour quelques années seulement.

Publié le 24/02/2007
Par Rhodathewaves
Humeur : Gaie

Désolée pour les autres, mais je n'ai pris que des photos des plus beaux ce soir là. Ensuite j'ai cherché à les associer à d'autres images. ça donne ça :

Akram.jpegRenaud-Cecile.jpegSophie.jpeg
Akram1.jpegCecile Renaud1.jpgSophie1.jpg
Akram
Cécile et Renaud
Sophie

Publié le 22/02/2007
Par Rhodathewaves
Humeur : Maussade
        Comme toutes les femmes je suis victime de l'ESB (épilation sous les bras). Jusqu'à vendredi, ça voulait dire que moi et mes aisselles vivions sous la contrainte du cycle suivant :

  • J : rdv chez l'esthéticienne pour une épilation à la cire. Douleur intense mais brève. La rougeur disparaît en quelques heures sauf si elle m'a vraiment brûlée.
  • de J+1 à J+13 : liberté. Je peux mettre des débardeurs, lever haut les bras. Pour que cette période dure bien 14 jours, j'applique tous les matins un déodorant anti-repousse.
  • J+14 : je réalise que la repousse est là et que c'est plus qu'une ombre. Et la salle de bains est plutôt mal éclairée. Donc c'est pire. Je range le tube de déodorant anti-repousse.
  • J+14 à J+20 : plus de débardeur sauf dans la salle de gym.
  • J+21 à J+28 : plus de débardeur du tout. Faire attention à ne pas se laisser aller à s'étirer dans le lit, sous le nez de l'Homme.
et on recommence...

(pour David B. : ceci est un cycle qui n'est ni en V ni en W ni en Y mais simplement rond)

        Et pourquoi je me laisse imposer ça ? Par conformisme. Uniquement par conformisme.
Si j'étais une écolo féministe allemande, je me laisserais pousser les poils sous les bras.
Si j'étais une hispanique à la sexualité agressive et musquée, aussi.

        Je suis victime du contrôle social, j'ai intériorisé la norme, accepté que la marque de ma féminité, de ma maturité sexuelle soit considérée comme répugnante. Pourtant quand j'essaie d'être objective, je ne comprends pas très bien en quoi l'aisselle glabre est supérieure à l'aisselle poilue.

pab.jpg
Penelope Cruz et d'autres courageuses résistantes visibles ICI.

        Mais je suis trop flemmarde pour m'embarquer dans cette croisade. Elle ne me tient pas vraiment à coeur. Je me conforme à des tas de normes vestimentaires alors un peu plus un peu moins.

Si seulement cela pouvait être un peu moins contraignant.

        Alors je me lance, je teste l'épilation définitive. Ce qu'on appelait avant l'épilation définitive. Maintenant, par peur de procès pour publicité mensongère, on appelle ça l'épilation "longue durée" ou autre euphémisme. J'espère que la durée sera longue d'au moins 50 ans.

        Le discours publicitaire est rôdé, on vous fait remplir un questionnaire médical pour faire plus sérieux et justifier le prix. On vous explique que le procédé arrive seulement en France mais qu'il est utilisé aux USA, en Angleterre et en Israël depuis cinq ans (c'est à la fois nouveau et rassurant). ça s'appelle PPX. Et ne me demandez pas ce que ça veut dire. Il faudra 4 séances, peut-être plus.

        1ere séance. ça en fait pas mal. La peau est aspirée et flashée (lumière bleue) par petites touches. ça sent le cochon grillé.
 
        Mais là où je suis mal, c'est que c'est à peu près sans effet. J'ai autant de poils avant qu'après. Et interdiction de m'épiler ! Juste le droit de les raser. Sinon ça va perturber les phases et le ppx ne sera pas aussi efficace. Et il faut attendre 5 semaines pile avant la prochaine séance.
En attendant : mode singe. Je ne supporte pas les poils rasés. C'est tellement dur que le frottement m'irrite l'aisselle. J'ai l'impression qu'ils rentrent dans la peau d'en face! Ils vont pousser pendant 5 semaines. En espérant que la deuxième séance sera plus spectaculaire que la 1ere.

        J'ai peur d'avoir compromis les vacances d'été. Parce que de 5 semaines en 5 semaines... Je vais devoir convaincre l'Homme que je me suis découvert une passion pour les banquises et qu'il faut absoooolument que nous fassions découvrir ces immensités gelées à nos progénitures.
Publié le 20/02/2007
Par Rhodathewaves
Humeur : Au secours !
L'Homme a lui-même voulu voir cette exposition. Le phénomène est assez rare pour que je me précipite sur la réservation de 2 places pour la séance de 18h30 samedi soir. Maintenant, il y a des séances pour les expositions, comme au cinéma. Ca permet de créer plusieurs classes de visiteurs : les pervers polymorphes inorganisés qui font la queue et les autres qui paient plus cher et qui leur passent devant. Encore que... le succès des billets coupe-file est tel que parfois la file du coupe-file est plus longue que la file sans coupe-file. Et en plus c'est plus cher. Va comprendre !


Arsinoe.jpg
      Cette exposition, c'est le contraire du Musée du Caire. Vous n'avez peut-être pas eu le bonheur de le visiter alors laissez-moi vous décrire l'impression que ça laisse. C'est un merveilleux capharnaüm. Les sculptures, les objets sont en si grand nombre et leur qualité est si exceptionnelle que les conservateurs successifs n'ont visiblement pas su choisir. Ils ont entassé, entassé... par terre, sur tous les murs, dans le jardin... La muséographie n'existait pas encore ou peut-être l'ont-ils méprisée. Du coup s'est consolidée dans ce musée une atmosphère d'une poésie extraordinaire.

L'exposition du grand palais est aux antipodes exactes. Peu de pièces, beaucoup de mise en scène.

On comprend la volonté : transmettre au visiteur de l'exposition quelque chose de la magie vécue par les plongeurs qui ont fouillé les sites de Alexandrie est, Héracléion et Canope lorsqu'ils ont découvert sous l'eau, au milieu du sable et des poissons, un visage de pharaon, la statue d'une reine oubliée, ou même de simples pièces de monnaie. Alors on essaie de créer l'atmosphère, avec d'immenses photos, la musique des fonds marins (exactement telle qu'on se l'imagine), plein de films avec des plongeurs. Et puis on explique, avec plein de panneaux à lire, plein de maquettes.

Mais le pauvre visiteur en question, il est coincé dans le métro à 18h. Et l'évocation des fonds marins se transforme vite en sensation de sardine à l'étroit dans sa boite.

Alors on slalome entre les groupes agglutinés devant les écrans, devant les panneaux, devant les grandes vitrines qui contiennent une toute petite croix. On passe, pn passe. On arrive quand même à capturer au passage l'éclat que quelques pièces vraiment exceptionnelles, comme cette reine vêtue d'un voile transparent au sortir de l'eau (ci-contre), cette immense stèle de 6 m de haut qui proclame pour l'éternité les décrets d'un roi troué aux mites, ces trois statues monumentales qui ne gardent plus l'entrée d'aucun temple, ce jeune prêtre qui tient dans ces bras son idole avec mille précautions.

Je préfère signaler aux amateurs d'égyptologie que le musée des beaux arts de Lyon possède une collection vraiment remarquable. Parce que celle du Louvre, vous la connaissez déjà par coeur n'est-ce pas?


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