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Publié le 17/02/2007
Par Rhodathewaves
Humeur : Rebelle
 Milena Agus |  |
Ce livre parle de ce qu'il y a de plus important au monde. Ce livre parle d'amour. Ce livre parle aussi du désir d'amour, de rêves d'amour, d'amour refusé, d'amour écrit. Et aussi de folie. Ce livre est à la fois très fort et très court. Je vous le conseille vivement.
Publié le 16/02/2007
Par Rhodathewaves
Humeur : Au secours !
C'était une soirée improbable. Parmi tous les films à l'affiche, malgré la rareté de nos sorties cinéma, l'Homme et moi sommes allés voir Rocky Balboa. Nous aurions pu voir ... bien des choses en somme. La Vie des Autres, par exemple, dont on dit tant de bien. Mais non. Rocky. Laurent et Maya étaient avec nous. Qui a entraîné qui ? L'Homme est un homme. Il avait envie de voir Rocky. Laurent est un homme. Il avait envie de voir Rocky. Maya n'est pas un homme. Elle a été attirée par la perspective des câlins sur les sièges rouges du MK2 Bibliothèque. Quant à moi... C'était mon premier Rocky. Ca manquait à l'universalité de ma culture. Mon premier Rocky, pour le reste du monde c'est le 38ème. Rocky est un gentil has been qui décide tout à coup de remonter sur le ring parce que le reste de sa vie est une vaste jachère. C'est pas mal. Assez touchant. Le seul vrai problème du film c'est Stallone. Qu'est-ce qui lui est arrivé? C'est un monstre. Son corps est surgonflé. Son visage est figé à jamais dans une expression d'imbécilité profonde. Abus de Botox sans doute. Il n'a plus l'air humain. On comprend la gêne de son fils quand le vieux boxeur se pointe sur le lieu de son travail ! Deuxième point un peu gênant, c'est la sempiternelle opposition entre les vieux voyous irlandais ou italiens (mais en tous cas blancs) qui étaient plutôt sympa et qui obéissaient à un code de l'honneur et les nouveaux voyous qui sont vraiment méchants et qui sont noirs. Cette thématique est ridicule. Mais peut-être que c'est moi qui vais trop loin. Peut-être qu'il n'y faut voir aucune malice. Il faut bien construire la dramaturgie sur une opposition, un personnage ne représente pas forcément tout une classe sociale... Mouais... Enfin, je ne supporte pas de voir un match de boxe. Je ne comprends pas. Je pense sans arrêt au cerveau qui fait shlooôook contre la boîte crânienne et aux millions de cellules qui sont détruites lors de chacun de ces chocs. Je trouve ça tellement effrayant. Sinon c'était pas mal. La ville surtout.
Publié le 15/02/2007
Par Rhodathewaves
Récemment, j'ai dû faire un cours par sms sur l'affaire Dreyfus. L'Homme faisait réviser son brevet blanc à sa fille loin d'ici et je suppose qu'il regardait son téléphone en douce pour avoir l'air du papa qui sait réparer le PC, qui cuisine comme un chef ET qui est câlé sur l'histoire et la littérature du XXème siècle.
De mon côté je ramais. Le capitaine Dreyfus, l'antisémitisme de l'armée et de la société, l'accusation de haute trahison, les faux fabriqués par l'état major, la dégradation, Zola, J'Accuse, la déportation, la réhabilitation. Tout ça puisé dans mes souvenirs du bouquin de Denis Bredin et tapé, lettre après lettre sur mon pink Motorola au T9 mal conçu.

George | | | | | | Figurez-vous qu'à peu près à la même époque, en Angleterre, se déroulait une affaire un peu similaire : l'affaire Edalji. La famille Edalji vit dans les tréfonds de la campagne anglaise. Le père, pasteur, est d'origine indienne. La famille est persécutée : lettres anonymes, annonces mensongères, cadavres d'oiseaux leur sont infligés sans relâche pendant des années. Les persécutions culminent lorsque la police relaie les accusations infondées de la population pour faire de | | | | | | | 
Arthur |
George Edalji, le fils aîné, le coupable d'une série de sauvages mutilations d'animaux. George Edalji fut condamné. Mais lui aussi trouva un champion : Sir Arthur Conan Doyle. Le roman de Julian Barnes, Arthur et George, trace les portraits parallèles de ces deux hommes : George, inadapté, persécuté, conditionné depuis l'enfance pour devenir une victime et Arthur, l'image de la réussite,  | | | | | | parfait sportesman, preux chevalier, so british, so cricket. Les parallèles se croisent. Mais ce n'est pas tout.
Toute la société anglaise est là. Le système judiciaire, la police, les préjugés raciaux, les collèges de garçons, les clubs, l'hypocrisie, la crasse, les chemins de fer, la tuberculose, les courses, les guerres, la misère et la grande richesse.
Tout est peint en couleurs vives, comme dans un thriller. Et on se prend au jeu. L'innocence de ce pauvre George sera-t-elle reconnue? J'imagine que tous les anglais connaissent l'histoire. Décidément, nous nous intéressons bien peu à nos voisins, fussent-ils européens. |
C'est habile, très bien fait, très bien écrit, passionnant. J'ai dévoré Arthur et George en un week-end. Ensuite j'ai cherché Le perroquet de Flaubert. J'ai juste 20 ans de retard et il est épuisé. Espérons qu'une édition en livre de poche ne va pas tarder.
Publié le 14/02/2007
Par Rhodathewaves
Humeur : Tendre
| | | | | | Ce film sort aujourd'hui. Je l'ai vu il y a deux semaines déjà. Tout le monde en parle alors je vais juste vous confier 2 ou 3 réflexions.
D'abord j'ose une critique. L'enfance de Piaf est traitée sur le mode du cliché, entre Cosette et la Maison Tellier. Il n'y a pas de tendresse chez les pauvres. On devra attendre la fin du film pour que cet axiome soit contredit. Mais heureusement, comme le film ne respecte pas la chronologie, ça ne gâche pas la première moitié du film.
Et pour le reste, c'est très réussi, sortez les mouchoirs. Dahan y va fort, et ça colle au tempérament excessif et passionné de Piaf.
Vous l'avez entendu dire, j'ai presque honte de répéter ce poncif : Marion Cotillard incarne Piaf. Au delà du maquillage, elle partage avec Piaf deux qualités qui la rendent aussi émouvante que son modèle. Piaf n'a jamais été belle et sa déchéance physique fut très rapide. Mais sur scène, quand elle chante ou quand elle regarde l'homme qu'elle aime, elle le devient. Sa passion, son amour, sa mystique rayonnent. Cotillard sait faire ça, ce n'est pas le moindre de ses mérites. Elle sait aussi se donner toute entière, totalement, sans calcul, en prenant tous les risques. Vous me direz que c'est quand même plus facile dans un film que sur une scène. Je ne suis pas sûre. Prise après prise, malgré les interruptions, les contraintes technique, retrouver cet engagement... je ne pense pas que ce soit facile. En tous cas c'est spectaculaire.
Si j'ai vu ce film en avant première, ce n'est pas parce que je fais désormais partie du gratin parisien (non... il faut un peu plus qu'un blog à 10 000 visites pour ça) (d'ailleurs il y avait aussi Sophie), c'est parce que j'y avais été invitée par Maya qui, elle, fait partie du gratin... ou plus exactement qui milite pour l'association organisatrice de la soirée : l'AFFMF (petit lien pour les curieux et pour améliorer leur référencement).
Entre la petite Edith devenue subitement aveugle et tous ces gens qui ne parlaient que de maladie génétique, la soirée a été un peu difficile.
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Publié le 30/01/2007
Par Rhodathewaves
Humeur : Maussade
Encouragée par mes succès précédents, j'ai à nouveau organisé une soirée théâtre vendredi pour Renaud, Olivier, Laurent et Alain (of course). Pour les remercier de m'avoir suivie dans mes entreprises précédentes, j'ai choisi une pièce que je connaissais pour être un bijou de divertissement: L'importance d'être Constant d'Oscar Wilde. Ça joue actuellement au Théâtre Antoine, dans une distribution très "télévisuelle" : Lorànt Deutsch, Frédéric Diefental, Macha Méril …Les places sont chères, c'est un théâtre privé. |
Les costumes sont jolis (même s'ils font parfois de drôles de plis sur les acteurs), les décors sont jolis. La pièce est un chef d'œuvre de précision ciselée. C'est presque du boulevard, les répliques fusent, acides, savoureuses, drôles. Derrière la drôlerie, pointe la satire de cette société qui n'a pas d'autre vérité que l'apparence la plus superficielle. Les dandys eux-mêmes s'inventent des alibis pour fuir ce carcan de temps à autres. Et les femmes ! quand elles sont jeunes ce sont des gourdes, quand elles sont vieilles ce sont des dragons. | | | | | |
 | Pendant qu'il écrivait ce bijou de porcelaine, Oscar Wilde voyait sa vie ruinée par l'hypocrisie de la bonne société victorienne. Il perdait tout. Il allait être envoyé au bagne. Dentelles et mousselines masquant la fange des esprits.
| | | | | | | | | Comme je regardais ce spectacle, ça m'est revenu tout d'un coup. J'avais déjà vu cette pièce ! Il y a longtemps mais c'était inoubliable. C'était à Chaillot je crois et Rupert Everett tenait le rôle principal. Que rêver de mieux qu'un vrai dandy anglais pour incarner Algernon? Il était si beau, si "A Rebours" sur les pub d'Yves St Laurent. Sur scène, de dos, il laissait glisser son peignoir et écartait les bras. Il était nu jusqu'à la taille. Son dos reflétait la lumière comme un Rembrandt. Je mordis le dos de ma main très fort pour maîtriser l'exclamation qui me montait aux lèvres. Au théâtre Antoine on reste loin de la pamoison. Même si Lorant Deutsch déploie un jeu primesautier et plein d'énergie, il manque de classe et de détachement. Quant à Frédéric Diefental, il a l'air mal à l'aise, sa coiffure est son seul artifice crédible, pour le reste…Les femmes ne sont pas mal mais Macha Méril est carrément bien. Ce n'est pas une surprise. Alors allez-y, pour passer une bonne soirée, pour rire et sourire pendant deux heures. Mais si vous avez encore l'image de Rupert Everett dans un coin de votre mémoire, ne superposez pas cette version. |
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