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Publié le 04/01/2007
Par Rhodathewaves
Humeur : Tendre
Que tout le monde se rassure, l'Homme a survécu à cette terrible semaine des trois sorties consécutives. Il est aujourd'hui en vacances avec ses enfants et il va bien. Mais nous avons frôlé la catastrophe. Il faut que je vous raconte ça. Le 28 décembre, soir de la troisième et dernière sortie, nous sommes allés au théâtre du Vieux Colombier. Je n'étais jamais allée dans cette salle, petite, chaleureuse et très bien agencée. L'Homme est venu avec moi, en métro. A mi chemin, un incident de parcours nous a fait craindre d'arriver en retard. L'Homme cachait difficilement son espoir de devoir renoncer à la pièce et de m'orienter vers une fondue savoyarde. Très habile! Généralement, on n'en appelle pas en vain à ma gourmandise. Mais là, après Noël, déjà gorgée de foie gras, j'ai résisté. Et nous sommes arrivés à l'heure. Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, l'Homme s'est installé dans son fauteuil du rang R et a casé ses jambes longues et déliées entre les rangs Q et R. Il me réservait un coup d'éclat.  | | | | | Les Temps Difficiles est une pièce d'Edouard Bourdet, écrite dans les années 30, qui présente une satire sociale de la grande bourgeoisie industrielle de province au moment de sa chute.
L'un des représentants émérites de cette classe, Jérôme, chef de famille, à la tête d'une entreprise dont on ne sait pas ce qu'elle fabrique, se trouve dans de grandes difficultés après la crise de 29. Il entame des négociations avec un groupe lyonnais pour le rachat d'une partie des parts de son entreprise.
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Afin de conserver la majorité, le voilà obligé de se réconcilier avec Marcel le bohème de la famille. Marcel s'est déclassé en épousant une comédienne en mal de respectabilité. Il a 2 enfants dont la charmante Anne-Marie, 18 ans, championne de natation qui aspire à une carrière d'actrice. Les négociations avec les lyonnais échouent (trop malins ces lyonnais!). La famille n'entrevoit plus qu'une seule porte de sortie : marier Anne-Mrie à Bob Laroche, héritier d'une très très riche famille mais débile léger. On se prend à trembler pour cette moderne Iphigénie. On a bien tort. Eblouie par le diamant d'une bague de fiançaille, miroir aux alouettes pour écervelée crétine, Anne-Marie se marie avec enthousiasme. Elle s'en repentira un peu quand Bob se révélera être un obsédé sexuel très actif, complètement quand sa belle famille se révélera à son tour ruinée. Cette ruine sera l'occasion pour Jérôme de déclamer LE morceau de bravoure de la pièce, véritable portrait de ce qu'était la bourgeoisie avant qu'elle ne sache plus garder son rang. Il dépeindra dans un grand élan leurs compagnes plutôt laides mais sérieuses, plus associées qu'amoureuses, leurs intérieurs sinistres,mais ce n'est pas à la maison qu'on se distrait, c'est au bureau. La perte de ces valeurs, l'aspiration au beau, au luxe, à l'intellectualité, aux relations humaines causent d'après lui la ruine et la disparition de ces dynasties, bien plus sûrement que la crise économique. La pièce est remarquable, véritable charge sociale mâtinée de vaudeville. On rit sans retenue puisqu'aucun des personnages ne nous est sympathique, aucun n'est sauvé. Les comédiens sont un peu à l'étroit. Ils sont au moins une douzaine sur cette petite scène. Ils sont excellents. Ils sont de la Comédie Française. Ils savent dire leur texte. Là je vous ai tout raconté sans interruption. Il n'en fut pas de même ce soir là. Au milieu de la première partie, l'Homme s'est senti mal. Pris de vertiges, victime de bouffées de chaleur, il a fui aux toilettes. Courageusement, il est revenu. Mais à l'entracte, épuisé, il m'a plantée là, préférant le froid de décembre et le désarroi de devoir prendre le métro tout seul à l'épreuve d'une seconde partie plus longue encore. Bouteille à moitié pleine, à moitié vide ?
Publié le 28/12/2006
Par Rhodathewaves
Humeur : En colère
L’Homme dit qu’il va me la faire payer cette semaine. Trois sorties de suite, coincées entre le week-end à Saint Cyr et l’arrivée de ses enfants. Trois malheureuses petites sorties. Un ciné, un restau avec des copains, un théâtre. Le bonheur, en somme. Evidemment, pour Lui qui ne supporte pas plus d’une sortie par semaine, ça vire à la décadence. D’ailleurs le matin Il est épuisé, Il n’arrive plus à sortir du lit avant 7h30. Ça reste honnête. Mais pendant ce temps la terre s’arrête de tourner parce qu’il ne répond pas à ses mails, et le projet le plus vital pour la planète n’avance pas parce qu’il n’y met pas son grain de sel et il n’est pas impossible qu’il soit évincé de sa place d’Homme le plus connecté de Yahoo, MSN et Google Talk réunis. Jugez un peu de ma responsabilité ! Tout ça pour trois petites soirées. Un acteur doué peut se passer d'anti-rides une fois sa période jeune premier achevée.
| | | | | Mais quel plaisir, mon dieu quel plaisir de retourner au cinéma ! Je n’y étais pas allée depuis Little Miss Sunshine avec Thaïs. J’étais en manque. Je tannais l’Homme avec ce désir depuis quelques semaines déjà. Il a fini par craquer, à l’occasion de cette semaine de flemme nationale. Nous avons vu un film que je vous recommande chaudement : Les Infiltrés de Martin Scorcese. Il trace les destins parallèles d’un jeune flic, bleusaille à peine sorti de l’école, infiltré dans les rangs de la pègre irlandaise; et d’un jeune malfrat, taupe du même gang irlandais dans les rangs de la police. Ils sont jumeaux. Ils se ressemblent même physiquement. Le premier est orphelin, humilié par ses supérieurs, privé de son identité, il se drogue pour résister à la panique. Le second se prend pour le fils spirituel du vieux chef de gang irlandais. Il se croit malin mais il finit par perdre pied, s’enferrant dans des coups de plus en plus retors pour éviter de se faire prendre. Leonardo Di Caprio et Matt Damon sont excellents dans ces rôles. Avec un chapeau bas spécial pour Di Caprio, affûté comme un rasoir. Autour d’eux, la société n’est que méprisable faux-semblant. Les flics ne valent pas mieux que les voyous. Leurs méthodes, leur langage, leur conduite sont également repoussants. Et la peur est partout, elle s’insinue dans tous les cœurs. Tous des rats.
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Publié le 13/12/2006
Par Rhodathewaves
Humeur : Gaie
C'est la dernière saison de Jérôme Savary à l'Opéra Comique. En cinq ans, avec des moyens limités, il a ressucité ce théâtre qui croûlait sous la poussière.
Mais en cinq ans, je n'avais pas vu un seul de ses spectacles. Pourtant je ne pense que du bien de ce metteur en scène qui monte toujours des spectacles populaires et de bonne qualité. Savary ne méprise jamais son public qu'il surnomme des "boubous" pour bouchers-boulangers. Il a parfois des côtés soixante-huitards un peu agaçants, je le reconnais. Mais son oeuvre est en accord avec le meilleur des idéaux de cette époque.
Avant que Savary ne disparaisse des scènes parisiennes, je suis allée voir son spectacle "Looking for Josephine".
| | | | |  | Description en quelques mots : une comédie musicale jazzy. La nouvelle Orléans, de l'esclavage à Katrina. Le Paris de Josephine Baker et des expositions coloniales. Une troupe de chanteurs et de danseurs exceptionnels.
Ne faisons pas les difficiles : le fil conducteur est plaqué entre les numéros de très maladroite façon. Peu importe. La troupe est composée de musiciens, de danseurs, de chanteurs presque tous originaires de la Nouvelle Orléans. Ils sont exceptionnels. Ils swingent comme personne. Il faut les voir !
Il faut voir Nicolle Rochelle, qui incarne Joséphine. Je ne sais pas si elle chante comme elle mais il y a quelque chose des années folles dans sa voix, et elle a su capter le pétillant, la drôlerie, l'énergie de son modèle.
Une très bonne soirée (surtout la deuxième partie).
Pour y aller: Opéra Comique Place Boiedlieu 75002 Paris 0 825 00 00 58 Métro Richelieu Drouot ou Quatre Septembre Le spectacle se joue jusqu'au 14 janvier avant de partir en tournée en Espagne et à la Nouvelle Orléans. Il revient à l'Opéra Comique en avril.
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Publié le 11/12/2006
Par Rhodathewaves
Humeur : Au secours !
 | | | | | Nous fêtions dimanche l'anniversaire de Thaïs, ma fille, 10 ans. Elle a reçu les cadeaux d'une fille de son temps : appareil photo numérique, téléphone portable, jeux de DS.
Parmi ces cadeaux nous avons découvert un monstre, mille fois plus inquiétant que le Raptor de l'année dernière. Moustache-mon-chat , chat interactif.
Il se présente sous la forme d'une grosse merigue blanche poilue. Il dispose de quatre ou cinq réactions qu'il oppose inlassablement aux stimuli enfantins. Pire : il ne sait pas se taire. Hier au soir, il regardait la télé avec nous et ne pouvait s'empêcher de lancer un retentissant "Miaow" toutes les 6 minutes 20. Il a fallu l'enfermer dans une chambre.
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Ce qui m'effraie, ce n'est pas de côtoyer un robot. Non, j'en ai vu d'autres. Je prends le métro tous les jours. Mais je suis glacée, horrifiée, agacée par cette imitation d'une réalité parfaite. Le chat est forcément blanc, avec de longs poils forcément, et d'immenses yeux bleus. Je déteste les robots qui ressemblent à des chats. Je préfère R2D2.
Publié le 26/10/2006
Par Rhodathewaves
Humeur : Au secours !
Les anniversaires ça me rend mélancolique. Les anniversaires de 40 ans c'est encore pire. Justement ce soir... Alors je pense à ce piano: Mais non! pas celui-là. Un vrai piano. Un piano à queue magnifique. Le jour où celui qui en rêvait l'a acheté, il a soudain plongé dans l'angoisse de la mort. Il a réalisé que même s'il passait le reste de ses jours à se perfectionner, il ne jouerait jamais assez bien pour ce piano. Sa vie ne contenait désormais plus ce possible. Toutes ces choses qu'on ne peut plus accomplir, même en y consacrant tout ce qui nous reste de vie, de force. Elles sont de plus en plus nombreuses, de plus en plus présentes à notre conscience. Jusqu'à ce qu'elles soient tout. Cette histoire de piano se trouve dans Train de nuit pour Lisbonne de Pascal Mercier.
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