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Publié le 24/10/2006
Par Rhodathewaves
Humeur : Maussade

Ce mois-ci, au théâtre de Gennevilliers, j'ai vu les deux Iphigénie à la suite, celle d'Euripide et celle de Racine. Je suis toujours attirée par ces marathons théâtraux. Cette immersion de plusieurs heures de grands textes m'enchante, me sort de moi-même.

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Les textes étaient au rendez-vous, les acteurs étaient bons, mais je n'ai pas aimé les mises en scène.

Pendant la pièce d'Euripide, le choeur était joué par une bande de comédiens amateurs. Je comprends l'idée mais l'usage est horripilant. Je regrette aussi la fin détournée, comme si le miracle de la transformation d'Iphigénie en biche ne pouvait plus être compris ni accepté par le  public du XXIème siècle.  Que nenni!

La pièce de Racine contenait moins de trouvailles de mise en scène, tant mieux peut-être, mais c'était un peu plat. Je ne connaissais pas cette pièce. J'ai été surprise de découvrir le coup de théâtre, cette deuxième Iphigénie surgie fort à propos pour prendre la place de la dulcinée d'Achille sur l'autel du sacrifice. Une happy end ! Sacré Racine !
Le mois prochain, le même théâtre monte Vêtir ceux qui sont nus , de Pirandello mis en scène par Stéphane Braunschweig. J'ai toujours aimé ce metteur en scène. Je vais essayer de convaincre quelques amis de franchir avec moi le périphérique.



Publié le 23/10/2006
Par Rhodathewaves
Humeur : Ironique

En ce temps là (au tournant du XIIIème et du XIXème siècle), les gens n'avaient pas d'appareil photo sur leur portable. Alors ils se faisaient tirer le portrait en peinture. Moyen long et coûteux, certes, mais non sans mérite.

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portraita.jpgportrait2.jpgportraitb.jpg
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un pape
Thaïs
Un général d'empire
Alain
Une actrice
Olivier


Portraits Publics Portraits Privés
au Grand Palais
Jusqu'au 8 janvier 2007
Publié le 18/09/2006
Par Rhodathewaves
Humeur : Rebelle

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C'est ma lecture de la rentrée. Finies les légèretés estivales. Je me lance à la découverte d'un auteur contemporain important. Important à quel point ? Si j'en juge par le nombre de fois où son nom est cité sur TF1,
        En lisant l'évocation de la persécution de Willi Münzenberg, je repense à cet extrait des mémoires de Jan Zabrana, lu il y a quelques mois. Très intéressant personnage que ce Willi Müzenberg. Haut dignitaire du régime soviétique, il a inventé la propagande communiste en occident.
il est tout à fait négligeable et bien loin derrière Harry de l'Ile de la Tentation (je ne regarde pas l'Ile de la tentation mais je lis le Blog d'un Fou ). En revanche, si je n'écoute que mon jugement, il est bien loin devant Ségolène Royal.

Qu'est-ce donc que ce livre : Séfarade. Ce n'est pas un roman mais un recueil de 17 récits. Ces récits reprennent parfois les mêmes anecdotes, les mêmes personnages mais surtout ils ont un sujet commun. Ils évoquent ceux qui ne sont plus parmi nous. Ni vivants ni morts. Passés de l'autre côté, dans un désert de solitude provoqué par la persécution, l'exil, la maladie...

        
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Jan Zabrana
   

C'est lui qui a eu l'idée d'utiliser les intellectuels occidentaux. Staline ou Lénine n'étaient pas assez séduisants dans cette société de l'image. Il a découvert que la sympathie pour des révolutions très lointaines s'insufflait facilement dans l'esprit d'un prix Nobel ou d'une actrice d'Hollywood. Il a lancé des campagnes de solidarité, il a monté un empire de presse.  

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Antonio Munoz Molina
   La frontière est si mince. Tel qui marche aujourd'hui dans la rue le sourire au lèvres, attentif à la caresse du soleil sur sa peau sortira demain du cabinet du cardiologue complètement changé. Plus rien ne le touchera. Plus personne ne le comprendra.

        

Il aimait le brillant, le luxe, comme peuvent les aimer ceux qui sont partis de rien.
Il fut persécuté par les nazis, ce sont pourtant les siens qui l'ont abattu. Comme Trotsky. Evoquant sa traque pendant la débâcle, Munoz Molina nous rend proches de cet homme qui a tout perdu, qui n'est plus rien. Qui tremble pour sa femme qu'il ne reverra pas. Qui le sait. Qui fuit à pied. Qui sera trahi, abattu, oublié.

Zabrana lui n'aurait pas compatti. Il l'aurait condamné sans appel, honni, maudit. Quiconque a favorisé ce régime broyeur d'individu, il le haïssait. Quiconque en a profité, tant soit peu, même avant de tomber. Quiconque s'est tu.
 
Ses mémoires sont composés de petits paragraphes, acerbes. Il cingle non seulement les communistes mais aussi les américains que ses travaux de traduction lui permettent d'approcher. Il les trouve bêtas et naïfs. Peu nombreux sont ceux qui trouvent grâce à ses yeux.  Et tant de noirceur rendent ce livre éprouvant. Le désespoir de Zabrana, mort en attente, est aussi communicatif que sa révolte absolue, sa haine profonde.

Chez Munoz Molina, la littérature est oeuvre de compassion, de sympathie. Elle défie par là même tous les systèmes qui nient l'individu, voudraient le perdre dans la masse, plus facile à manipuler.
Chez Zabrana, elle est un défi solitaire.
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Beaucoup de personnages historiques réels sont évoqués. Les drames les plus épouvantables sont placés à côté des tragédies individuelles.
Kafka, tuberculeux et ses rendez-vous amoureux avec Milena qui mourra dans un camp de concentration. Primo Lévi, Jean Améry... autres victimes de la fureur nazie. Heinz et Margarete Neumann, Willi Münzenberg victimes des purges staliniennes. Mais aussi l'andalou exilé à Madrid, le malade condamné qui observe la vie depuis son balcon, le provincial inadapté à l'étroitesse de sa vie...
        

Publié le 24/08/2006
Par Rhodathewaves
Humeur : Tendre
Comme elle me manque un peu, je repense à ce moment d'intimité au Café des Nattes, au début de l'été. Moment de calme après la poussière et la chaleur d'une visite touristique.
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   Dans très peu de temps maintenant, elle reviendra sur Paris, et tout de suite après la joie des retrouvailles, nous vivrons la bousculade de la rentrée. Je sais qu'elle éprouve un terrible mélange de joie, de fierté et de peur à l'idée de rentrer au collège cette année. Elle grandit. Elle va faire de nouvelles choses. Elle va devenir plus indépendante.
Et moi si j'ai peur, c'est de cette nouvelle personne qu'elle va devenir petit à petit. La reconnaitrai-je ?
Retrouverons-nous ces petits moments d'accord parfait, ces moments woolfiens ? Petite fille déjà si raisonnable et si attentive, quelle femme seras-tu ?


Publié le 23/08/2006
Par Rhodathewaves
Humeur : Gaie
Autrefois, j'avais une collègue qui était commerciale. C'était une grande fille qui avait le poli et la retenue des écoles de commerce. Elle semblait plutôt embarassée par son corps et sa féminité. Sa voix était douce et son humeur égale.
fout-le-camp.jpg    Jeudi dernier, j'ai vu une comédienne éclatante d'énergie qui prenait possession de la scène avec envie et passion. Elle bougeait, elle criait, elle était renversante, tour à tour bretonne nigaude, stripteaseuse en pull informe, femme flic... C'était vraiment la meilleure de la troupe. Je le dis sans parti pris ! 

Elle passe jusqu'au 2 septembre au Point Virgule avec les Fout-le-camp, à 18h30.

Elle s'appelle Erell.

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