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Publié le 28/04/2006
Par Rhodathewaves
Humeur : En colère

bainturc.jpg   
Ma soeur, qui a fait des études d'histoire de l'art, et que ça ne rend pas prétentieuse pour autant, prétend qu'on ne peut pas aimer à la fois Ingres et Delacroix. Et elle, elle est Delacroix. Et moi je prétends que nous n'avons pas à prendre parti dans cette querelle vieille de 150 ans.

Donc Ingres. Aussi.

On regarde Delacroix et on est immédiatement percuté par la fougue de son génie, l'audace de ses compositions, de ses couleurs, la violence exotique des scènes.

On regarde Ingres et on a d'abord une impression de facilité, de joliesse. Un peintre classique, qui cherche à représenter ce qu'il voit à imiter la nature ...
     

Appliquons-nous un peu plus...

Imitateur de la nature ?
Vous avez bien regardé celle qu'on appelle la grande odalisque (ci-contre) ? Détachez-vous de la sensualité qu'elle dégage et regardez la longueur de son dos. De son coccyx à la base de son crâne, elle a au moins 50 vertèbres !
Et la position de ses jambes? La jambe gauche, qui est repliée sur la droite, ne semble pas partir de la fesse gauche. Elle doit être détachée, ou elle appartient à quelqu'un d'autre.

   
grandeodalisque.jpg

Et pourtant, ce n'est pas ce que nous voyons. Nous voyons une jeune femme moelleusement allanguie sur des brocards et des dentelles, dans une pose qui inspire l'amour (l'attente de l'amour) et la volupté, et qui pourtant nous considère d'un oeil froid.

Ne soupçonnez pas Ingres de ne pas savoir dessiner. Il est grand prix de Rome tout de même ! Il n'a jamais hésité à trahir le réalisme pour servir l'idée, l'émotion.

Regardez encore le Bain Turc, plus haut, cette accumulation de chairs somptueuses. Croyez-vous vraiment que des femmes, entre elles, dans un hammam, prendraient ces poses extravagantes ? Ca ne vous rappelle rien ? Plus près de nous, les Demoiselles d'Avignon de Picasso lèvent les bras de la même façon.

 brogliemet.jpg    Pour finir, je vous offre ce tableau plus habillé. Dans la grande série des portraits des gens de la bonne société qui ont été commandés à Ingres tout au long du XIXème siècle. Et celui-là, si vous voulez vraiment le voir, il vous faudra essayer de pénétrer dans l'expo du Louvre parce que d'habitude il est à New York.

Et que voulez-vous... moi je craque devant une robe pareille ! et pas seulement la robe, mais les mille détails de la toilette, de la coiffure. Je suis touchée aussi par la pose, comme si cette femme était surprise dans un moment de relâchement, accoudée au fauteuil où elle vient de poser son étole en rentrant du bal ou des Italiens. On imagine son léger déhanchement, loin sous les kilomètres d'étoffe.

J'aurais pu passer des heures dans cette expo, pourtant je n'y suis restée que 10 minutes. Imaginez un peu ma déception...
C'était mercredi soir, en nocturne.
Je suis arrivée vers 19h30 au Louvre. 30 minutes de queue annoncées. Sans hésiter je prends ma place et je m'installe dans la file. En fait j'ai attendu une heure. En entrant dans
l'exposition, j'ai immédiatement compris que c'était la catastrophe. Des grappes de gens agglutinés devant chaque tableau. Une véritable foule. Impossible de profiter de quoi que ce soit. Alors j'ai juste pris le temps d'envoyer un mms à Thaïs avec la photo du violon d'Ingres (parce qu'elle était intriguée par l'expression) et je suis partie. C'était la troisième fois que j'allais au Louvre pour cette expo mais à présent, je vais attendre qu'ils remettent les tableaux à leur place habituelle.

Si vous voulez tenter l'épreuve:
 

Lieu : Musée du Louvre - Hall Napoléon

Dates : 24-02-2006 au 15-05-2006

Horaires :
Exposition ouverte tous les jours, sauf le mardi, de 9h à 17h30, en nocturne jusqu’à 22h les mercredi, vendredi et samedi. Renseignements : 01 40 20 53 17

Publié le 10/04/2006
Par Rhodathewaves
Humeur : Gaie


cubacour.jpg



Ena Lucia Portela est une jeune écrivaine cubaine. Elle est née en 1972 à La Havane où elle vit toujours.
Elle a une écriture énergique et réjouissante, un remarquable sens de la construction romanesque. De quoi vous donner du peps pour toute l'année.
Ce roman-là, je vous le recommande.
Zeta, l'héroïne et narratrice, est une fille formidable. Une bonne fille. Dans un sens tout à fait positif. Elle est sentimentale, jouisseuse, généreuse, de son temps, de son argent, de son corps, de son petit logement dans la maison du joyeux marteau, où le bruit ne s'arrête jamais. Elle a ses défauts aussi, ses kilos en trop, sa mollesse, et si elle se décrit volontiers comme un peu bête, le lecteur n'en croit rien.
Elle est flanquée de ses deux copines.Yadelis, la superbe noire qu'un riche suédois emmènera dans les brumes de Malmö, Linda, la juive à la volonté et à l'intelligence acérées. Et puis Moisés, son amant paranoïaque et violent. Et puis tout un monde de personnages secondaires très attachants.
Ce n'est pas un roman politique, il reste dans les limites imposées par la censure cubaine et pourtant on en apprend beaucoup sur les mille astuces qu'il faut employer pour vivre au quotidien, sur le racisme latent de ceux qui ont la peau un peu plus claire envers ceux qui ont la peau un peu plus sombre, sur la grande disette des années 90, sur les émigrations si fréquentes, sur les tensions sociales, sur la solidarité perdue du peuple cubain.

Publié le 01/04/2006
Par Rhodathewaves
Humeur : Au secours !

bigmamma2.jpg

J'ai été repérée, clouée au pilori, jetée à la vindicte polulaire. "On" m'a reproché de parler ici même de Renaissance, et de ne pas avouer que la veille, j'avais vu Big Mamma 2.

Alors voilà, j'avoue et à la face du monde je crie "c'est pas ma faute, c'est Thaïs qui m'a obligée !"

En fait, c'était beaucoup plus supportable que je ne m'y attendais. J'ai même ri.

D'abord le comédien principal (désolée je n'ai pas retenu son nom et je n'ai pas le temps de chercher ) joue son rôle avec un abattage tout à fait convaicant.

Ensuite j'ai trouvé certains gags plutôt bien pensés, à l'usage de ceux qui ont des enfants. Par exemple cette idée que dans une famille comme il faut, on peut avoir un fils de 3 ans qui ne parle pas encore, qui mange les grattons laveurs sous l'évier, qui se jette de tout ce qu'il peut (de son lit sur-élevé, du haut des placards de la cuisine, de l'échelle du tobogan), trouver ça normal, juste un peu original, et se préoccuper tout de même de lui faire suivre une dizaine d'activités par la semaine sensées faciliter son entrée dans les meilleures universités.

En voyant l'immense tableau où la maîtresse de maison repérait les activotés de chacun par de petites touches de couleur ( bleu = solfège , rouge = flûte traversière, blanc = danse classique, vert = piscine, violet = tâches ménagères ), j'avoue que j'ai pensé à la
fois aux semaines surbookées de Thaïs et aux listes que je laisse à Sali sur la table le lundi et le mardi.

Dernier plaisir: celui de reconnaître 2 comédiennes de séries (vous savez, celles dont on se demande ce qu'elles vont bien pouvoir faire à la fin de la saison douze, quand les producteurs abandonnent.
Donc je suis rassurée sur le sort de
- la belle blonde graciale et un peu mûre qui joue une scientifique dans l'un des Experts
- la mignonne petite black qui joue la flic des affaires internes dans NY911.

Bon, à part ça, ce n'est vraiment pas un film que je conseille aux plus de 10 ans.


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