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Publié le 18/09/2006
Par Rhodathewaves
Humeur : Rebelle

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C'est ma lecture de la rentrée. Finies les légèretés estivales. Je me lance à la découverte d'un auteur contemporain important. Important à quel point ? Si j'en juge par le nombre de fois où son nom est cité sur TF1,
        En lisant l'évocation de la persécution de Willi Münzenberg, je repense à cet extrait des mémoires de Jan Zabrana, lu il y a quelques mois. Très intéressant personnage que ce Willi Müzenberg. Haut dignitaire du régime soviétique, il a inventé la propagande communiste en occident.
il est tout à fait négligeable et bien loin derrière Harry de l'Ile de la Tentation (je ne regarde pas l'Ile de la tentation mais je lis le Blog d'un Fou ). En revanche, si je n'écoute que mon jugement, il est bien loin devant Ségolène Royal.

Qu'est-ce donc que ce livre : Séfarade. Ce n'est pas un roman mais un recueil de 17 récits. Ces récits reprennent parfois les mêmes anecdotes, les mêmes personnages mais surtout ils ont un sujet commun. Ils évoquent ceux qui ne sont plus parmi nous. Ni vivants ni morts. Passés de l'autre côté, dans un désert de solitude provoqué par la persécution, l'exil, la maladie...

        
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Jan Zabrana
   

C'est lui qui a eu l'idée d'utiliser les intellectuels occidentaux. Staline ou Lénine n'étaient pas assez séduisants dans cette société de l'image. Il a découvert que la sympathie pour des révolutions très lointaines s'insufflait facilement dans l'esprit d'un prix Nobel ou d'une actrice d'Hollywood. Il a lancé des campagnes de solidarité, il a monté un empire de presse.  

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Antonio Munoz Molina
   La frontière est si mince. Tel qui marche aujourd'hui dans la rue le sourire au lèvres, attentif à la caresse du soleil sur sa peau sortira demain du cabinet du cardiologue complètement changé. Plus rien ne le touchera. Plus personne ne le comprendra.

        

Il aimait le brillant, le luxe, comme peuvent les aimer ceux qui sont partis de rien.
Il fut persécuté par les nazis, ce sont pourtant les siens qui l'ont abattu. Comme Trotsky. Evoquant sa traque pendant la débâcle, Munoz Molina nous rend proches de cet homme qui a tout perdu, qui n'est plus rien. Qui tremble pour sa femme qu'il ne reverra pas. Qui le sait. Qui fuit à pied. Qui sera trahi, abattu, oublié.

Zabrana lui n'aurait pas compatti. Il l'aurait condamné sans appel, honni, maudit. Quiconque a favorisé ce régime broyeur d'individu, il le haïssait. Quiconque en a profité, tant soit peu, même avant de tomber. Quiconque s'est tu.
 
Ses mémoires sont composés de petits paragraphes, acerbes. Il cingle non seulement les communistes mais aussi les américains que ses travaux de traduction lui permettent d'approcher. Il les trouve bêtas et naïfs. Peu nombreux sont ceux qui trouvent grâce à ses yeux.  Et tant de noirceur rendent ce livre éprouvant. Le désespoir de Zabrana, mort en attente, est aussi communicatif que sa révolte absolue, sa haine profonde.

Chez Munoz Molina, la littérature est oeuvre de compassion, de sympathie. Elle défie par là même tous les systèmes qui nient l'individu, voudraient le perdre dans la masse, plus facile à manipuler.
Chez Zabrana, elle est un défi solitaire.
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Beaucoup de personnages historiques réels sont évoqués. Les drames les plus épouvantables sont placés à côté des tragédies individuelles.
Kafka, tuberculeux et ses rendez-vous amoureux avec Milena qui mourra dans un camp de concentration. Primo Lévi, Jean Améry... autres victimes de la fureur nazie. Heinz et Margarete Neumann, Willi Münzenberg victimes des purges staliniennes. Mais aussi l'andalou exilé à Madrid, le malade condamné qui observe la vie depuis son balcon, le provincial inadapté à l'étroitesse de sa vie...
        


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