|
Publié le 18/03/2007
Par Rhodathewaves
Humeur : Gaie
Le week-end dernier, Thaïs et moi avons découvert un endroit merveilleux: le musée des Arts Décoratifs , ou plutôt son site de la rue de Rivoli, parce qu'il en a un autre dans l'hôtel particulier Nissim de Camondo que je me propose de visiter prochainement. Ce musée vient d'être rénové. Il est très agréable à visiter et les collections sont remarquables : elles présentent tous les efforts accomplis par les artisans, les designers, depuis le moyen âge, pour que le beau rejoigne l'utile. Parfois, des pièces entières ont été reconstituées, mais le plus souvent, les meubles ou la vaisselle ou les éléments de décoration sont présentés par thème. Nous avons commencé par la galerie des jouets. Chacune y a trouvé son compte. Thaïs fut charmée par le fait que les figurines Pokemon ou les consoles Nintendo, qui font partie de sa vie, soient prises au sérieux au point de les exposer dans des vitrines. Et moi je fus attendrie par les poupées en chiffon de Nicolas et Pimprenelle et par ce machin là, sur lequel ma soeur a tant joué: La galerie des bijoux est d'une richesse remarquable, en particulier pour les bijoux Lalique mais Thaïs n'a pas la même propension que moi à s'imaginer en princesse. Les bijoux l'ont rapidement ennuyée. En revanche elle se passionna pour le XVIII ème siècle, lisant avec dévotion toutes les explications, détaillant toutes les vitrines. A ce propos, savez-vous ce qu'est un cartel ? Rien à voir ici avec celui de Medellin, ni avec le désuet "cartel des gauches". Non. C'est une pendule portative décorée, faite pour être accrochée au mur. Thaïs a beaucoup réfléchi à l'étymologie de ce nom. Elle a imaginé qu'autrefois, les quarts s'écrivaient "carts" et que ces pendules sonnant tous les carts d'heure on les avait appelées cartels. Bien tenté. Je n'étais cependant pas convaincue. J'ai cherché. Merci au Wiktionary . En fait ça vient de l'italien "cartello", qui signifie "affiche". Ces pendules sont "affichées" au mur. On ne pense jamais trop aux mots (clin d'oeil pour l'Homme). Cartel sur console du XVIIIème
Publié le 26/02/2007
Par Rhodathewaves
Humeur : Tendre
Je n'écris pas cet article pour vous envoyer visiter cette exposition du Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme . Elle est fermée. Je l'ai vue à la toute fin. J'écris parce que tout le monde devrait connaître Roman Vishniac. Alors même si vous êtes 2.6 à lire cet article jusqu'au bout, c'est déjà ça. Vers la fin des années 30, ce petit bonhomme a pressenti que son monde était menacé, qu'il allait disparaître. Son monde c'était celui des ghettos juifs d'Europe centrale et orientale, le "Yiddishland". Ce sentiment était peu partagé. Mais lui, il savait. Peut-être parce qu'il avait déjà dû fuir les persécutions de la Russie révolutionnaire. Impuissant à convaincre, impuissant à sauver son peuple et son mode de vie, il a pris le parti de sauver au moins son souvenir. Il a dissimulé son matériel photographique au milieu d'effets de colporteur et il est parti sur les routes, pendant plusieurs années. Il fallait déjà pas mal de courage pour passer autant de frontières quand on était juif. Il fut arrêté plusieurs fois, emprisonné. Il s'en est toujours sorti. La guerre déclarée, il a émigré à nouveau avec sa famille, vers la France puis les Etats-Unis. Il n'a pu sauver qu'une petite partie de ses photos. Il n'était pas facile de se faire entendre sur l'holocauste là bas non plus. Les photos de Roman Vishniac ne paraîtront qu'en 1947 dans un recueil intitulé The Vanished World : Jewish Cities, Jewish People . Plus qu'un souvenir. Enfants étudiant le Talmud Trnava, Tchécoslovaquie, 1937Sur ces photos, on saisit toute la misère des juifs à cette époque. Les lois antisémites commencent à sévir. Ils perdent leurs emplois sans espoir d'en retrouver. Ils doivent fermer leurs boutiques. Sur les marchés, ils n'ont pas le droit de vendre aux non-juifs. Ils vivent dans des logements insalubres. Ils ont faim. Mais partout, les yechivas continuent de fonctionner, partout ils se plongent dans les livres, étudient le Talmud, enseignent l'hébreu aux enfants. Partout. Encore pour quelques années seulement.
Publié le 20/02/2007
Par Rhodathewaves
Humeur : Au secours !
L'Homme a lui-même voulu voir cette exposition. Le phénomène est assez rare pour que je me précipite sur la réservation de 2 places pour la séance de 18h30 samedi soir. Maintenant, il y a des séances pour les expositions, comme au cinéma. Ca permet de créer plusieurs classes de visiteurs : les pervers polymorphes inorganisés qui font la queue et les autres qui paient plus cher et qui leur passent devant. Encore que... le succès des billets coupe-file est tel que parfois la file du coupe-file est plus longue que la file sans coupe-file. Et en plus c'est plus cher. Va comprendre !
| | | | | | Cette exposition, c'est le contraire du Musée du Caire. Vous n'avez peut-être pas eu le bonheur de le visiter alors laissez-moi vous décrire l'impression que ça laisse. C'est un merveilleux capharnaüm. Les sculptures, les objets sont en si grand nombre et leur qualité est si exceptionnelle que les conservateurs successifs n'ont visiblement pas su choisir. Ils ont entassé, entassé... par terre, sur tous les murs, dans le jardin... La muséographie n'existait pas encore ou peut-être l'ont-ils méprisée. Du coup s'est consolidée dans ce musée une atmosphère d'une poésie extraordinaire.
L'exposition du grand palais est aux antipodes exactes. Peu de pièces, beaucoup de mise en scène.
On comprend la volonté : transmettre au visiteur de l'exposition quelque chose de la magie vécue par les plongeurs qui ont fouillé les sites de Alexandrie est, Héracléion et Canope lorsqu'ils ont découvert sous l'eau, au milieu du sable et des poissons, un visage de pharaon, la statue d'une reine oubliée, ou même de simples pièces de monnaie. Alors on essaie de créer l'atmosphère, avec d'immenses photos, la musique des fonds marins (exactement telle qu'on se l'imagine), plein de films avec des plongeurs. Et puis on explique, avec plein de panneaux à lire, plein de maquettes.
Mais le pauvre visiteur en question, il est coincé dans le métro à 18h. Et l'évocation des fonds marins se transforme vite en sensation de sardine à l'étroit dans sa boite.
|
Alors on slalome entre les groupes agglutinés devant les écrans, devant les panneaux, devant les grandes vitrines qui contiennent une toute petite croix. On passe, pn passe. On arrive quand même à capturer au passage l'éclat que quelques pièces vraiment exceptionnelles, comme cette reine vêtue d'un voile transparent au sortir de l'eau (ci-contre), cette immense stèle de 6 m de haut qui proclame pour l'éternité les décrets d'un roi troué aux mites, ces trois statues monumentales qui ne gardent plus l'entrée d'aucun temple, ce jeune prêtre qui tient dans ces bras son idole avec mille précautions. Je préfère signaler aux amateurs d'égyptologie que le musée des beaux arts de Lyon possède une collection vraiment remarquable. Parce que celle du Louvre, vous la connaissez déjà par coeur n'est-ce pas?
Publié le 23/10/2006
Par Rhodathewaves
Humeur : Ironique
Publié le 28/04/2006
Par Rhodathewaves
Humeur : En colère
 | | | |
Ma soeur, qui a fait des études d'histoire de l'art, et que ça ne rend pas prétentieuse pour autant, prétend qu'on ne peut pas aimer à la fois Ingres et Delacroix. Et elle, elle est Delacroix. Et moi je prétends que nous n'avons pas à prendre parti dans cette querelle vieille de 150 ans.
Donc Ingres. Aussi.
On regarde Delacroix et on est immédiatement percuté par la fougue de son génie, l'audace de ses compositions, de ses couleurs, la violence exotique des scènes.
On regarde Ingres et on a d'abord une impression de facilité, de joliesse. Un peintre classique, qui cherche à représenter ce qu'il voit à imiter la nature ...
| | | | | | |
Appliquons-nous un peu plus...
Imitateur de la nature ? Vous avez bien regardé celle qu'on appelle la grande odalisque (ci-contre) ? Détachez-vous de la sensualité qu'elle dégage et regardez la longueur de son dos. De son coccyx à la base de son crâne, elle a au moins 50 vertèbres ! Et la position de ses jambes? La jambe gauche, qui est repliée sur la droite, ne semble pas partir de la fesse gauche. Elle doit être détachée, ou elle appartient à quelqu'un d'autre.
| | | |

|
Et pourtant, ce n'est pas ce que nous voyons. Nous voyons une jeune femme moelleusement allanguie sur des brocards et des dentelles, dans une pose qui inspire l'amour (l'attente de l'amour) et la volupté, et qui pourtant nous considère d'un oeil froid. Ne soupçonnez pas Ingres de ne pas savoir dessiner. Il est grand prix de Rome tout de même ! Il n'a jamais hésité à trahir le réalisme pour servir l'idée, l'émotion. Regardez encore le Bain Turc, plus haut, cette accumulation de chairs somptueuses. Croyez-vous vraiment que des femmes, entre elles, dans un hammam, prendraient ces poses extravagantes ? Ca ne vous rappelle rien ? Plus près de nous, les Demoiselles d'Avignon de Picasso lèvent les bras de la même façon.  | | | | Pour finir, je vous offre ce tableau plus habillé. Dans la grande série des portraits des gens de la bonne société qui ont été commandés à Ingres tout au long du XIXème siècle. Et celui-là, si vous voulez vraiment le voir, il vous faudra essayer de pénétrer dans l'expo du Louvre parce que d'habitude il est à New York.
Et que voulez-vous... moi je craque devant une robe pareille ! et pas seulement la robe, mais les mille détails de la toilette, de la coiffure. Je suis touchée aussi par la pose, comme si cette femme était surprise dans un moment de relâchement, accoudée au fauteuil où elle vient de poser son étole en rentrant du bal ou des Italiens. On imagine son léger déhanchement, loin sous les kilomètres d'étoffe.
J'aurais pu passer des heures dans cette expo, pourtant je n'y suis restée que 10 minutes. Imaginez un peu ma déception... C'était mercredi soir, en nocturne. Je suis arrivée vers 19h30 au Louvre. 30 minutes de queue annoncées. Sans hésiter je prends ma place et je m'installe dans la file. En fait j'ai attendu une heure. En entrant dans |
l'exposition, j'ai immédiatement compris que c'était la catastrophe. Des grappes de gens agglutinés devant chaque tableau. Une véritable foule. Impossible de profiter de quoi que ce soit. Alors j'ai juste pris le temps d'envoyer un mms à Thaïs avec la photo du violon d'Ingres (parce qu'elle était intriguée par l'expression) et je suis partie. C'était la troisième fois que j'allais au Louvre pour cette expo mais à présent, je vais attendre qu'ils remettent les tableaux à leur place habituelle. Si vous voulez tenter l'épreuve: Lieu : Musée du Louvre - Hall Napoléon Dates : 24-02-2006 au 15-05-2006 Horaires : Exposition ouverte tous les jours, sauf le mardi, de 9h à 17h30, en nocturne jusqu’à 22h les mercredi, vendredi et samedi. Renseignements : 01 40 20 53 17
 |
Noter ce blog :
1242 connectés
33671 visiteurs
Ce blog est classé 2189ème
Score de ce blog : 3,12
|
<
|
Déc. 2009 |
|
| L |
M |
M |
J |
V |
S |
D |
| | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | | 28 | 29 | 30 | 31 | | | |
|