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Publié le 06/03/2007
Par Rhodathewaves
Humeur : En colère
Je déteste ça. Je déteste abandonner un livre en cours de lecture, m'avouer vaincue.
Mais après tout, après une semaine d'efforts, si je n'en tire aucune satisfaction, à quoi bon? Ma vie est trop courte et il y a trop de livres à lire.
Au bout de 100 pages je n'y comprends toujours rien. La prose de Elfriede Jelinek est comme un éboulement dans lequel je me tords les chevilles à chaque pas. Je tourne en rond.
J'avoue que ce n'est pas la première fois que je me casse les dents sur un prix Nobel de Littérature.
Déjà avec le n° 2000 : Gao Xingjian, et sa montagne de l'âme. Là je comprenais, mais c'était si ennuyeux.
Alors quoi? vous avez honte de moi? Je ne devrais pas le dire? tant pis.
Mais si vous avez essayé de lire ce pavé, je serais curieuse de connaître vos impressions.
Publié le 17/02/2007
Par Rhodathewaves
Humeur : Rebelle



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Milena Agus
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        Ce livre parle de ce qu'il y a de plus important au monde. Ce livre parle d'amour. Ce livre parle aussi du désir d'amour, de rêves d'amour, d'amour refusé, d'amour écrit. Et aussi de folie. Ce livre est à la fois très fort et très court.
        Je vous le conseille vivement.

Publié le 15/02/2007
Par Rhodathewaves


Récemment, j'ai dû faire un cours par sms sur l'affaire Dreyfus. L'Homme faisait réviser son brevet blanc à sa fille loin d'ici et je suppose qu'il regardait son téléphone en douce pour avoir l'air du papa qui sait réparer le PC, qui cuisine comme un chef ET qui est câlé sur l'histoire et la littérature du XXème siècle.


De mon côté je ramais. Le capitaine Dreyfus, l'antisémitisme de l'armée et de la société, l'accusation de haute trahison, les faux fabriqués par l'état major, la dégradation, Zola, J'Accuse, la déportation, la réhabilitation. Tout ça puisé dans mes souvenirs du bouquin de Denis Bredin et tapé, lettre après lettre sur mon pink Motorola au T9 mal conçu.

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George 
      Figurez-vous qu'à peu près à la même époque, en Angleterre, se déroulait une affaire un peu similaire : l'affaire Edalji. La famille Edalji vit dans les tréfonds de la campagne anglaise. Le père, pasteur, est d'origine indienne. La famille est persécutée : lettres anonymes, annonces mensongères, cadavres d'oiseaux leur sont infligés sans relâche pendant des années. Les persécutions culminent lorsque la police relaie les accusations infondées de la population pour faire de        arthur.jpg
Arthur
George Edalji, le fils aîné, le coupable d'une série de sauvages mutilations d'animaux. George Edalji fut condamné. Mais lui aussi trouva un champion : Sir Arthur Conan Doyle.

Le roman de Julian Barnes, Arthur et George, trace les portraits parallèles de ces deux hommes : George, inadapté, persécuté, conditionné depuis l'enfance pour devenir une victime et Arthur, l'image de la réussite,

 ArthuretGeorge.gif     parfait sportesman, preux chevalier, so british, so cricket. Les parallèles se croisent. Mais ce n'est pas tout. 

Toute la société anglaise est là. Le système judiciaire, la police, les préjugés raciaux, les collèges de garçons, les clubs, l'hypocrisie, la crasse, les chemins de fer, la tuberculose, les courses, les guerres, la misère et la grande richesse.

Tout est peint en couleurs vives, comme dans un thriller. Et on se prend au jeu. L'innocence de ce pauvre George sera-t-elle reconnue? J'imagine que tous les anglais connaissent l'histoire. Décidément, nous nous intéressons bien peu à nos voisins, fussent-ils européens.

C'est habile, très bien fait, très bien écrit, passionnant. J'ai dévoré Arthur et George en un week-end. Ensuite j'ai cherché Le perroquet de Flaubert. J'ai juste 20 ans de retard et il est épuisé. Espérons qu'une édition en livre de poche ne va pas tarder.
Publié le 23/01/2007
Par Rhodathewaves
Humeur : Tendre

Voilà 6 mois environ, ma mère m'a beaucoup surprise en m'annonçant qu'elle avait adoré lire Orgueil et Préjugés de ma chère Jane Austen. Où avait-elle pu pécher l'idée de lire ce roman?

Aussi c'est d'une oreille plus attentive qu'on n'aurait pu s'y attendre que je l'écoutai lorsqu'elle me recommanda un roman de la rentrée littéraire 2006 : L'Elégance du Hérisson de Muriel Barbery.

Bien m'en prit. C'est un roman léger, agréable, comme une bulle de savon. Les personnages principaux sont si attachants que j'ai pleuré à la fin, au moment de quitter Madame Michel. Les personnages secondaires ne sont pas moins savoureux.


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La concierge, le vendredi matin.
    

Madame Michel est concierge depuis plus de vingt ans dans un immeuble huppé du VIème arrondissement parisien. A de rares exceptions près, les familles bourgeoises qui habitent cet immeuble font preuve d'une étroitesse d'esprit révoltante. Pour préserver sa tranquillité, Madame Michel réalise beaucoup d'efforts pour dissimuler sa vraie nature et se conformer à l'archétype de la concierge. Peu soignée, revêche, affublée d'un chat obèse et somnolent, hypnotisée par sa télévision à toute heure du jour et de la nuit, coutumière de l'emploi des "pallier à " ou des "par contre". C'est en fait une fine lettrée, passionnée de littérature (Ah! Anna Karénine!), lectrice des textes les plus difficiles (l'auteur est prof de philo, on ne peut l'ignorer), grande admiratrice des films d'Ozu, et du Beau partout où il se trouve.


Dans le même immeuble vit une autre solitaire, Paloma, 12 ans, petite fille surdouée. Elle se protège avec le même soin et les mêmes procédés. Toute discordance, toute vulgarité la heurte jusqu'à la douleur. Pour échapper au "bocal à poisson" qui l'attend tôt ou tard (cette exigence d'insertion et de performance que notre entourage fait peser sur nous), elle est décider à se suicider en juin. Cela lui laisse 6 mois pour traquer toute la beauté du monde.

A force d'isoler des fragments de beauté, Paloma s'ouvre aux autres. Pas à sa famille d'intellos rive gauche snobinards mais à Madame Michel, au nouvel arrivant dans l'immeuble. Ceux qui se méritent se reconnaissent.

Vraiment je vous le recommande. Pour un week-end au chaud.

 


Publié le 26/10/2006
Par Rhodathewaves
Humeur : Au secours !


Les anniversaires ça me rend mélancolique. Les anniversaires de 40 ans c'est encore pire. Justement ce soir... Alors je pense à ce piano:

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Mais non! pas celui-là. Un vrai piano. Un piano à queue magnifique. Le jour où celui qui en rêvait l'a acheté, il a soudain plongé dans l'angoisse de la mort. Il a réalisé que même s'il passait le reste de ses jours à se perfectionner, il ne jouerait jamais assez bien pour ce piano. Sa vie ne contenait désormais plus ce possible.
Toutes ces choses qu'on ne peut plus accomplir, même en y consacrant tout ce qui nous reste de vie, de force. Elles sont de plus en plus nombreuses, de plus en plus présentes à notre conscience. Jusqu'à ce qu'elles soient tout.

Cette histoire de piano se trouve dans Train de nuit pour Lisbonne de Pascal Mercier.


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