Autant l'avouer tout de suite, la soirée théâtrale de mardi fut ratée. Peu importe me dire-vous. Il faut voir autant de spectacles qu'on peut, en aimer certains et oublier les autres. Certes ce n'était pas grave pour moi. Mais outre l'Homme tiré à grands efforts de sa tanière, j'avais entrainé dans cette aventure deux jeunes amis auprès de qui ma réputation est irrémédiablement compromise.
Pourtant l'affiche était diablement attirante : Chaillot + Torreton + un classique russe encore inconnu.
Il eût mieux valu le laisser inconnu. Il est difficile de condamner une pièce après en avoir vu une seule représentation et sans l'avoir lue, mais quand même j'incline à penser qu'elle est lourdingue, prétentieuse et sans rythme et que la mise en scène de Jean-Louis Benoit renforce ce caractère.
L'énergie de Philippe Torreton ne sauve rien. Sa diction est toujours impeccable mais certains de ses camarades sont difficilement compréhensibles.
Et puis ce personnage ! Ce Tchatsky ! Il regarde tout le monde de haut mais il n'est pas meilleur. Pourquoi un homme qui se pique d'avoir de l'esprit reste-t-il amoureux de cette vierge folle de Sofia ? Pourquoi se sent-il blessé que ceux qu'il méprise tant le traitent de fou ? Pourquoi lui faut-il toute une journée pour comprendre ce qui se trame en ces murs ? A quoi bon déployer cette révolte, ces flammes, ces provocations au milieu de ces insectes.
Car les autres sont tous à jeter bien entendu. Courtisans serviles, conformistes obtus, comploteurs d'opérette, débauchés concupiscents, stupides stupides stupides.
C'était long. Dans le public, beaucoup sont sortis, d'autres ont dormi (à ma droite). Même avec une demi-heure de sieste c'était long, paraît-il.
Quel dommage.
| | |
| de près | de loin |
