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Publié le 15/03/2007
Par Rhodathewaves
Humeur : En colère
Autant l'avouer tout de suite, la soirée théâtrale de mardi fut ratée. Peu importe me dire-vous. Il faut voir autant de spectacles qu'on peut, en aimer certains et oublier les autres. Certes ce n'était pas grave pour moi. Mais outre l'Homme tiré à grands efforts de sa tanière, j'avais entrainé dans cette aventure deux jeunes amis auprès de qui ma réputation est irrémédiablement compromise. Pourtant l'affiche était diablement attirante : Chaillot + Torreton + un classique russe encore inconnu. Il eût mieux valu le laisser inconnu. Il est difficile de condamner une pièce après en avoir vu une seule représentation et sans l'avoir lue, mais quand même j'incline à penser qu'elle est lourdingue, prétentieuse et sans rythme et que la mise en scène de Jean-Louis Benoit renforce ce caractère. L'énergie de Philippe Torreton ne sauve rien. Sa diction est toujours impeccable mais certains de ses camarades sont difficilement compréhensibles. Et puis ce personnage ! Ce Tchatsky ! Il regarde tout le monde de haut mais il n'est pas meilleur. Pourquoi un homme qui se pique d'avoir de l'esprit reste-t-il amoureux de cette vierge folle de Sofia ? Pourquoi se sent-il blessé que ceux qu'il méprise tant le traitent de fou ? Pourquoi lui faut-il toute une journée pour comprendre ce qui se trame en ces murs ? A quoi bon déployer cette révolte, ces flammes, ces provocations au milieu de ces insectes. Car les autres sont tous à jeter bien entendu. Courtisans serviles, conformistes obtus, comploteurs d'opérette, débauchés concupiscents, stupides stupides stupides. C'était long. Dans le public, beaucoup sont sortis, d'autres ont dormi (à ma droite). Même avec une demi-heure de sieste c'était long, paraît-il. Quel dommage.  |  | de près
| de loin
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Publié le 14/03/2007
Par Rhodathewaves
Humeur : Tendre
Lettre à Thaïs. Petite Perle de Rosée,
Tu as sûrement encore présent à l'esprit le spectacle de danse que nous sommes allées voir vendredi soir à l'Opéra Bastille. Tu manques peut-être un peu d'expérience pour estimer à son juste prix le bonheur d'un ballet parfaitement réussi. Les danseurs étoiles étaient éblouissants, toute la troupe était impeccable, les costumes magnifiques, les décors somptueux, il ne manquait pas un ruban, pas un diadème. Qualité Opéra de Paris. La grande classe. Tu étais un peu surprise par le fait que le ballet colle si peu au roman, et surtout que Dom Quichotte ne soit qu'un personnage très secondaire. Que veux-tu, on ne peut pas transposer un classique de 1000 pages en deux heures de ballet ! La danse se prête peu à la narration. Et le personnage de Dom Quichotte est loin du type traditionnellement incarné par le danseur classique : un beau jeune homme, romantique, à la fois viril et gracieux. C'est sans doute la raison pour laquelle Rudolf Noureev (chorégraphe de cette version du ballet) a choisi de le mettre au second plan et de renforcer son côté bouffon en le faisant s'exprimer par pantomine. Il a aussi choisi quelques épisodes très courts du roman, quelques personnages, qui ont inspiré le ballet. Cela lui a permis de construire un divertissement varié, vif et enjoué qui mèle le folklore espagnol (éventails et castagnettes) et la pure tradition classique (toute la scène des dryades, en tutus). Cette version est certainement beaucoup plus digeste que celle de Marius Petipa (chorégrapphe français du XIXème siècle) qui comportait 5 actes. Tu ne connais peut-être pas Rudolf Noureev. Il est mort avant ta naissance. Ce fut un grand danseur, et une personnalité hors du commun. Il a marqué le XXème siècle. Pour toi, c'est déjà de l'histoire. Il a commencé sa carrière de danseur au Kirov à Leningrad (St Petersbourg), en 1959. Il est très vite remarqué pour son grand talent. A l'époque, les gens qui vivaient en URSS n'étaient pas libres de voyager comme ils voulaient, pas libres du tout d'ailleurs. En 1961, lors d'une tournée à Paris, Rudolf Noureev a refusé de remonter dans l'avion avec le reste de la troupe. Il est resté en occident. Cela a beaucoup marqué les esprits. Il a eu de la chance de ne pas avoir été ramené de force puis envoyé en Sibérie. Il a consacré toute sa vie à la danse, comme danseur, chorégraphe, et même directeur de la danse à l'Opéra de Paris entre 1983 et 1989. Il a eu une carrière internationale exceptionnelle. Il a même réussi à retourner danser au Kirov mais en "invité". A la fin de sa vie, il était très malade, atteint par l'épidémie du SIDA qui marqua la fin du siècle en Europe. Sous ses bonnets et ses châles, il ressemblait de plus en plus à une babouchka. Il avait 54 ans seulement quand il est mort en 1993. Tu peux regarder le site de sa fondation : tu y trouveras beaucoup de photos qui conservent quelque chose de sa magie.
Publié le 02/03/2007
Par Rhodathewaves
Humeur : Ironique
Sous-titre : le cauchemar de Laurent Laurent a du mal à se réveiller ce matin. Il mérite une fois de plus son surnom de clignottant borgne. Sa tête le fait horriblement souffrir, il s'est couché tout habillé, le moindre bruit, le moindre rayon de lumière l'agresse. Il a tellement soif qu'il s'empare du vase sur la cheminée, en évince les fleurs et boit l'eau croupie. Des fleurs? dans la chambre de Laurent? et oui... ça lui revient : il est marié depuis quelques années. Un horrible ronflement le fait sursauter. Quelqu'un ! dans son lit ! Mais qu'a-t-il bien pu faire la veille au soir? Des images lui reviennent ... il s'est rendu (seul et contre l'avis de sa femme) à un repas d'anciens Synapticiens. Mais qui a-t-il bien pu ramener ? Il n'y avait quand même pas beaucoup de filles, et encore moins de baisables. Pourvu que... Mais le ronfleur s'extirpe de la couette. C'est Olivier ! son éternel complice. Dans le même état, sinon pire. Ses cernes atteignent le milieu de ses joues. Ses yeux sont congestionnés et injectés de sang. Après quelques émouvantes embrassades, les deux rédhibitoires tentent de rassembler leurs souvenirs. Force leur est de constater qu'ils ne se rappellent plus rien après les desserts, les digestifs et le numéro de stript-ease d'Hélène accompagné par une chanson grivoise de Biscotte. Petit à petit ils rassemblent les indices : des noyaux dans leurs poches, un soulier de femme, quelques mèches de cheveux blonds (décolorés), un parapluie oublié, et surtout ... du charbon dans leurs poches. Le journal qui traine près de la cheminée leur fournit la réponse à toutes ces énigmes : rue Lourcine, une charbonnière a été sauvagement (expression consacrée, comme si...) tuée par deux complices à coups de parapluie. Dès lors, nos deux amis, que nous tenons pourtant en haute estime, chez qui nous ne soupçonnerions pas la moindre once de lâcheté ou de mesquinerie, n'ont qu'un seul but : faire disparaître les indices et les témoins gênants, même le chat. ~~~~~~~~~~~~ Tel est le début (à peine transposé) de la pièce de Labiche : L'affaire de la rue Lourcine. Vous pouvez la voir en ce moment au Théâtre de l'Odéon . C'est une pièce absurde, grinçante, drôle. Mise en scène par Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff, elle est tirée vers le loufoque. J'ai ri aux éclats pendant les intermèdes chantés et dansés : "pas quiqui, pas tété, pas quitté de la soirée, pas quiqui, pas tété, pas quitté de la soirée, pas quiqui, pas tété, pas quitté de la soirée". Enfin je voudrais souligner la qualité visuelle du décor, qui est, je crois, l'oeuvre de la dame Makeïeff : un intérieur bourgeois du XIXème, des franges et des peluches, un papier mural à ramages chargé. On se croirait dans un tableau de Vuillard.
Publié le 30/01/2007
Par Rhodathewaves
Humeur : Maussade
Encouragée par mes succès précédents, j'ai à nouveau organisé une soirée théâtre vendredi pour Renaud, Olivier, Laurent et Alain (of course). Pour les remercier de m'avoir suivie dans mes entreprises précédentes, j'ai choisi une pièce que je connaissais pour être un bijou de divertissement: L'importance d'être Constant d'Oscar Wilde. Ça joue actuellement au Théâtre Antoine, dans une distribution très "télévisuelle" : Lorànt Deutsch, Frédéric Diefental, Macha Méril …Les places sont chères, c'est un théâtre privé. |
Les costumes sont jolis (même s'ils font parfois de drôles de plis sur les acteurs), les décors sont jolis. La pièce est un chef d'œuvre de précision ciselée. C'est presque du boulevard, les répliques fusent, acides, savoureuses, drôles. Derrière la drôlerie, pointe la satire de cette société qui n'a pas d'autre vérité que l'apparence la plus superficielle. Les dandys eux-mêmes s'inventent des alibis pour fuir ce carcan de temps à autres. Et les femmes ! quand elles sont jeunes ce sont des gourdes, quand elles sont vieilles ce sont des dragons. | | | | | |
 | Pendant qu'il écrivait ce bijou de porcelaine, Oscar Wilde voyait sa vie ruinée par l'hypocrisie de la bonne société victorienne. Il perdait tout. Il allait être envoyé au bagne. Dentelles et mousselines masquant la fange des esprits.
| | | | | | | | | Comme je regardais ce spectacle, ça m'est revenu tout d'un coup. J'avais déjà vu cette pièce ! Il y a longtemps mais c'était inoubliable. C'était à Chaillot je crois et Rupert Everett tenait le rôle principal. Que rêver de mieux qu'un vrai dandy anglais pour incarner Algernon? Il était si beau, si "A Rebours" sur les pub d'Yves St Laurent. Sur scène, de dos, il laissait glisser son peignoir et écartait les bras. Il était nu jusqu'à la taille. Son dos reflétait la lumière comme un Rembrandt. Je mordis le dos de ma main très fort pour maîtriser l'exclamation qui me montait aux lèvres. Au théâtre Antoine on reste loin de la pamoison. Même si Lorant Deutsch déploie un jeu primesautier et plein d'énergie, il manque de classe et de détachement. Quant à Frédéric Diefental, il a l'air mal à l'aise, sa coiffure est son seul artifice crédible, pour le reste…Les femmes ne sont pas mal mais Macha Méril est carrément bien. Ce n'est pas une surprise. Alors allez-y, pour passer une bonne soirée, pour rire et sourire pendant deux heures. Mais si vous avez encore l'image de Rupert Everett dans un coin de votre mémoire, ne superposez pas cette version. |
Publié le 25/01/2007
Par Rhodathewaves
Humeur : Gaie
Elles sont deux sur scène. Bien plus haut que la scène en fait. Tout en haut d'un monolithe sombre. Elles ne savent pas comment descendre. Elles descendront pourtant. Et chercheront alors à remonter. Descendre. Monter. Eternelles Sisyphe modernes. Trapézistes sans trapèze apprivoisant la verticalité.
| | | | | | Très joli, très original spectacle. Il dure une heure et c'est assez. Plus long eût été trop.
Il est conçu et interprété par Chloé Moglia et Mélissa Von Vépy. Elles ont fondé leur compagnie: la Cie Moglice - Von Verx, et signent là leur quatrième création.
En janvier elles étaient au Théâtre de la Cité Internationale. Elles n'y sont plus et je vous entends râler que je vous préviens trop tard. On ne sait jamais, elles sont en tournée, elles passeront peut-être près de chez vous.
Petit supplément, pour vous conseiller un restau, découvert à cette occasion, sur une recommandation de Michaël : le Bus Canteen
81, Rue d'Alésia 75014 Paris L'endroit ne brille ni par sa déco, ni par son raffinement mais les plats sont gargantuesques et pas chers pour autant. L'ambiance est sympa. Merci Mike !
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