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Le chant sort aussi naturellement que le souffle :
cela fait partie de son héritage.
Il vit au coeur même de la musique folklorique américaine
où l'homme blanc et l'homme noir échangent des particularités mineures.
la musique blanche, c'est le "killbilly", la musique noire le " blues",
et un jour les deux devront se rencontrer.
Donc le fait de chanter pour lui n'est pas inhabituel, c'est une chose
avec laquelle il grandit.
Ce qui est remarquable, c'est l'enthousiasme avec lequel il s'avance
pour le faire, c'est la tranquilité angélique de son visage quans il prononce
les paroles.
Mais il apprend tôt et bien. Il chante des gospels à l'église, des "folk-songs " sur
les vérandas, et quelques fois il balance son corps, en émule des nègres
qu'il a vus dans les champs.
De ses yeux innocents, il observe la misère écrasante de ses parents.
Ils se lèvent tous les deux à l'aube, travaillent dur toute la journée
et n'ont pas beaucoup de loisirs.
Son père n'arrête pas de changer de travail, ils doivent déménager
sans cesse, semble-t-il.
Il voit le visage de sa mère, sent la tension dans sa chair, et
il jure qu'un jour, il arrangera ça.
Il chante pour sa mère quand les orages les chassent de leur maison.
A l'école et à l'église, il se lève pour chanter, limpide, frémissant,
incertain, avec une sincérité attachante qui fait monter les larmes aux yeux.
Les chansons sont affectées, dans la veine " country & western", elles
parlent de lunes bleues, de coeurs brisés et de trains hurlants,
solitaires sur ces rails qui ramènent à l'histoire- d'un peuple privé de tout.
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