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Publié le 19 juin 2006 à 11:42
Par Nekhbet
Humeur : Souriante


J'ai eu un très gros coup de coeur pour ce livre, que je n'ai pas pu lâcher avant de l'avoir terminé......
 








                               "Tout est illuminé" raconte l’histoire d’un jeune américain d’origine juive ukrainienne qui cherche à retrouver le village d’ou sa famille est originaire, Trachimbrod, et la trace d’une femme qui a sauvé son grand-père d’un massacre nazi pendant la guerre. Il est guidé par un jeune Ukrainien qui lui sert d’interprète (ses traductions valent leur pesant d’or ! ) par le grand père de celui-ci qui lui sert de chauffeur, et ils sont accompagnés d’un chien caractériel, Sammy Davis Junior Junior (qui est d’ailleurs une chienne).


                                 Le roman est constitué de trois histoires imbriquées, celle de l’interprète, celle du jeune américain et celle du village Trachimbrod, un shtetl peuplé d’enfants trouvés, de rabbins curieux, d’amoureux étranges, tous ces gens manipulant l’ordinaire et le sacré d’une façon très particulière. L’histoire des héros et du village vont se télescoper au long du récit, on navigue entre l’échange de lettres des deux jeunes gens et la chronique de Trachimbrod.

                                C’est un roman étrange et plutôt difficile, qui mêle un humour décapant et le tragique des histoires particulières et de l’histoire terrible des massacres nazis. On rit, on a le cœur serré, on est révolté, on pleure, impossible de rester indifférent, on passe par toutes les émotions qui, comme le récit, s’entremêlent.

                                J’ai été particulièrement prise par ce livre, mais j’ai beaucoup de mal à faire passer ce que j’ai ressenti, tellement il provoque un mélange d'émotions : j’ai aimé me paraît assez faible comme phrase. Magistral, à lire de tout son cœur…

                                Je viens de m'apercevoir que le livre a été adapté en film en 2004, avec Elijah Wood dans le rôle principal...Je ne sais pas quoi en dire, sauf que je ne le regarderais pas. D'une part je suis toujours décue par les adaptations de livre au cinéma, d'autre part... je ne vois pas comment rendre  ce maelstrom d'émotions et de ressenti...




Pour le plaisir, un petit extrait



       
Il s’éveillait chaque matin avec le désir de bien faire, d’être quelqu’un de bien et dont la vie aurait un sens, d’être, aussi simple que cela paraisse et aussi impossible que c’était en réalité, heureux. Et dans le cours de chacune de ses journées, son cœur descendait de sa poitrine à son ventre.

       Dès le début de l’après-midi, il était envahi par le sentiment que rien n’était bon, ou bon pour lui en tous cas, et par le désir d’être seul. Quand venait le soir, son désir était satisfait : seul dans l’immensité de son chagrin, seul dans sa culpabilité sans but, seul même dans sa solitude. Je ne suis pas triste, se répétait-il sans cesse, je ne suis pas triste. Comme s’il avait pu réussir à s’en convaincre un jour. Ou à se duper. Ou à en convaincre les autres- la seule chose qui soit pire qu’être triste, c’est que les autres sachent qu’on est triste. Je ne suis pas triste. Je ne suis pas triste.

      Car sa vie aurait pu accueillir un bonheur sans limites dans la mesure ou c’était une pièce vide, blanche. Il s’endormait avec son cœur au pied du lit, comme un quelconque animal domestique qui n’aurait pas fait partie de lui du tout. Et chaque matin il s’éveillait avec son cœur de retour dans le placard de sa cage thoracique, devenu un peu plus lourd, un peu plus faible, mais pompant toujours.

      Et quand arrivait le milieu de l’après-midi, il était de nouveau envahi du désir d’être ailleurs, d’être quelqu’un d’autre, quelqu’un d’autre ailleurs. Je ne suis pas triste.




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