Le coquelicot, fleur à l'apparence si fragile mais qui résiste à tout, couleur du sang...
Je sais que ça peut paraitre bizarre, mais c'est ma fleur préférée... Pour une part cette préférence vient de mes souvenirs d'enfance sans doute et des champs entiers de blés parsemés du rouge vif du coquelicot et du bleu des bleuets. J'adorais y courir, et les cultivateurs du coin en riaient alors que je creusais des kilomètres de chemins dans leurs semailles! Il a fallu que mon père me surprenne et me punisse en m'expliquant que ça détruisait une partie de leur travail pour que je ne recommence jamais à courir dans les blés...sauf encore quelquefois dans mes rêves, et ces nuits-là, je me réveille en sentant encore parfaitement cette odeur particulière...
Depuis, j'ai fait quelques recherches sur cette fleur, et je me suis apercue que c'était la première fleur à repousser sur les champs de bataille, au point qu'elle est devenue le symbole des bains de sang de la guerre des tranchées. Les femmes et les enfants des régions dévastées de France ( en Somme, en Flandres) ont produit des coquelicots pour récupérer des fonds et venir en aide aux geules cassées de cette monstrueuse guerre.
Le poème qui « In Flanders Fields » ( traduction française) a éte publié pour la première fois dans le magazine anglais Punch, en décembre 1915. En quelques mois, ce poème allait devenir le symbole des sacrifices consentis par tous les combattants de la Première Guerre mondiale. Aujourd'hui encore, on continue à le réciter lors des cérémonies du jour du Souvenir tenues au Canada et ailleurs dans le monde.
Au champ d'honneur, les coquelicots
Sont parsemés de lot en lot
Auprès des croix; et dans l'espace
Les alouettes devenues lasses
Mêlent leurs chants au sifflement
Des obusiers.
Nous sommes morts,
Nous qui songions la veille encor'
À nos parents, à nos amis,
C'est nous qui reposons ici,
Au champ d'honneur.
À vous jeunes désabusés,
À vous de porter l'oriflamme
Et de garder au fond de l'âme
Le goût de vivre en liberté.
Acceptez le défi, sinon
Les coquelicots se faneront
Au champ d'honneur.
adaptation signée Jean Pariseau
Dans le langage symbolique des fleurs, le coquelicot rouge est la consolation...
Une chanson de Mouloudji m'a toujours émue, au point d'en avoir les larmes aux yeux:
Comme un p'tit coquelicot...
Le myosotis, et puis la rose,
Ce sont des fleurs qui dis'nt quèqu' chose !
Mais pour aimer les coqu'licots
Et n'aimer qu'ça... faut être idiot !
T'as p't'êtr' raison ! seul'ment voilà :
Quand j't'aurai dit, tu comprendras !
La premièr' fois que je l'ai vue,
Elle dormait, à moitié nue
Dans la lumière de l'été
Au beau milieu d'un champ de blé.
Et sous le corsag' blanc,
Là où battait son cœur,
Le soleil, gentiment,
Faisait vivre une fleur :
Comme un p'tit coqu'licot, mon âme !
Comme un p'tit coqu'licot.
C'est très curieux comm' tes yeux brillent
En te rapp'lant la jolie fille !
Ils brill'nt si fort qu'c'est un peu trop
Pour expliquer... les coqu'licots !
T'as p't'êtr' raison ! seul'ment voilà
Quand je l'ai prise dans mes bras,
Elle m'a donné son beau sourire,
Et puis après, sans rien nous dire,
Dans la lumière de l'été
On s'est aimé ! ... on s'est aimé !
Et j'ai tant appuyé
Mes lèvres sur son cœur,
Qu'à la plac' du baiser
Y avait comm' une fleur :
Comme un p'tit coqu'licot, mon âme !
Comme un p'tit coqu'licot.
Ça n'est rien d'autr' qu'un'aventure
Ta p'tit' histoire, et je te jure
Qu'ell' ne mérit' pas un sanglot
Ni cett' passion... des coqu'licots !
Attends la fin ! tu comprendras :
Un autr' l'aimait qu'ell' n'aimait pas !
Et le lend'main, quand j'lai revue,
Elle dormait, à moitié nue,
Dans la lumière de l'été
Au beau milieu du champ de blé.
Mais, sur le corsag' blanc,
Juste à la plac' du cœur,
Y avait trois goutt's de sang
Qui faisaient comm' un' fleur :
Comm' un p'tit coqu'licot, mon âme !
Un tout p'tit coqu'licot.
