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l'univers et la bêtise humaine.
En ce qui concerne l'univers, je n'en ai pas acquis la certitude absolue.

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Nekhbet : (Isis par ailleurs lol) Merci à vous deux d'être là et très gros bisous :))
Catamiaou : nous aimons décidément beaucoup les mêmes choses! beau blog, réconfortant ! merci !
valili : ton blog est super
Passant : Ça semble mort, ici.
Fatiha : vive le maroc
d : vive les lamas !
Me Joujoux : Et bien ma Nekhbet, je tente de répondre à ton petit message... voici la dernière tentative retronome1@al.c om
Nekhbet : Merci pour les commentaires et les infos, je suis là moins souvent mais je lis tout :)
Harold : Avis à tous les fans de James Blunt!!!!! il sera l'invité de Laurent Ruquier dans son émission "On n'a pas tout dit" le mardi 9 octobre.
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Publié le 18 août 2006
Par Nekhbet
Humeur : Au secours !



La poésie contemporaine ne chante plus... Elle rampe
Elle a cependant le privilège de la distinction...
Elle ne fréquente pas les mots mal famés... elle les ignore
On ne prend les mots qu'avec des gants: à "menstruel" on préfère "périodique", et l'on va répétant qu'il est des termes médicaux qui ne doivent pas sortir des laboratoires ou du Codex.

Le snobisme scolaire qui consiste, en poésie, à n'employer que certains mots déterminés, à la priver de certains autres, qu'ils soient techniques, médicaux, populaires ou argotiques, me fait penser au prestige du rince-doigts et du baisemain.

Ce n'est pas le rince-doigts qui fait les mains propres ni le baisemain qui fait la tendresse.
Ce n'est pas le mot qui fait la poésie, c'est la poésie qui illustre le mot.

Les écrivains qui ont recours à leurs doigts pour savoir s'ils ont leur compte de pieds, ne sont pas des poètes, ce sont des dactylographes.

Le poète d'aujourd'hui doit appartenir à une caste, à un parti ou au Tout-Paris.
Le poète qui ne se soumet pas est un homme mutilé.

La poésie est une clameur. Elle doit être entendue comme la musique.
Toute poésie destinée à n'être que lue et enfermée dans sa typographie n'est pas finie. Elle ne prend son sexe qu'avec la corde vocale tout comme le violon prend le sien avec l'archet qui le touche.

L'embrigadement est un signe des temps.
De notre temps les hommes qui pensent en rond ont les idées courbes.
Les sociétés littéraires sont encore la Société.
La pensée mise en commun est une pensée commune.

Mozart est mort seul,
Accompagné à la fosse commune par un chien et des fantômes.
Renoir avait les doigts crochus de rhumatismes.
Ravel avait une tumeur qui lui suça d'un coup toute sa musique.
Beethoven était sourd.
Il fallut quêter pour enterrer Béla Bartok.
Rutebeuf avait faim.
Villon volait pour manger.
Tout le monde s'en fout...

L'Art n'est pas un bureau d'anthropométrie !

La Lumière ne se fait que sur les tombes...

Nous vivons une époque épique et nous n'avons plus rien d'épique
La musique se vend comme le savon à barbe.
Pour que le désespoir même se vende il ne reste qu'à en trouver la formule.
Tout est prêt:
Les capitaux
La publicité
La clientèle
Qui donc inventera le désespoir ?

Avec nos avions qui dament le pion au soleil,
Avec nos magnétophones qui se souviennent de "ces voix qui se sont tues",
Avec nos âmes en rade au milieu des rues,
Nous sommes au bord du vide,
Ficelés dans nos paquets de viande,
A regarder passer les révolutions

N'oubliez jamais que ce qu'il y a d'encombrant dans la Morale,
C'est que c'est toujours la Morale des autres.

Les plus beaux chants sont les chants de revendications
Le vers doit faire l'amour dans la tête des populations.

A L'ÉCOLE DE LA POÉSIE ET DE LA MUSIQUE ON N'APPREND PAS
ON SE BAT !



(Léo Ferré, Il n'y a plus rien, 1973)


Les commentaires
Publié le 18 août 2006
Par mo
je trouvai ça beau, j'avais pas reconnu Léo Ferré, j'allais écrire "mais si, il ya de vrais poètes qui se battent..." et c'est lui, que je redécouvre plusieurs fois l'an... battons-nous...
Publié le 18 août 2006
Par Nekhbet
Je ne connaissais pas ce texte de Léo Ferré, et j'ai trouvé qu'il était loin d'avoir tort, on reste parfois "saisi" par un certain snobisme qui décide des mots "politiquement corrects" .
Il a raison, battons nous!
Publié le 13 octobre 2006
Par peranar
Heureusement qu'il n'a pas connu la starac' !
Publié le 25 mars 2008
Par josepha
merci,merci beaucoup!
j ai entendu une fois ce texte, sur un 33 tours et puis...j ai été infichu de remetre la main sur son titre,ba voila c est fait,il sufisait de chercher "La poésie contemporaine ne chante plus... Elle rampe léo ferré" er je le trouve!
merci encor!
Publié le 04 avril 2008
Par Nekhbet
Ce texte est à la fois une claque et un plaisir :)
Publié le 10 février 2009
Par tribèche
une claque dans la gueule, qu'il était le seul à pouvoir me la mettre.
Il a raison "on est ficelé dans nos paquets de viande à regarder passer les révolutions"

nous on regarde nos financiers nous mettre un doigt dans le cul.
Publié le 20 septembre 2009
Par levillain bernard
Bonjour,
Je tombe par hasard sur votre Sac A trucs. Juste vous dire qu'un grand poète de la chanson contemporaine à mis en musique ce texte de Léo Ferré en 1997 sous le titre "Préface" dans son album "Clair obscur". Tout à fait révélateur de la démarche artistique de ce chanteur, aux textes et musiques d'une qualité rare.
On ressent bien la volonté de ne pas se complaire dans le formatage culturel imposé par les "créateurs de produits" ; la rage quoi !
amicalement
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