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valili : ton blog est super
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Publié le 25 octobre 2006 à 00:06
Par Nekhbet
Humeur : Tendre



                     Pour ceux qui ne le savent pas, je suis devenue grand-mère le 20 septembre 2003...et complètement gâteuse à la même seconde!!  Clin d'oeil J'ai eu la chance immense d'assister à l'accouchement de ma fille, et cette naissance a été un moment instense. Depuis, j'ai eu deux autres petits-fils, et depuis, je suis de plus en plus gâteuse.. Ils sont magnifiques, mais ça c'est normal, puisque ce sont MES petits-fils! Sourire

Ma question existencielle du jour est donc celle-ci:

     - devient-on obligatoirement gâteuse à l'instant ou on devient grand-mère?

La même question se pose d'ailleurs pour les grands-pères !!  Clin d'oeil


Le soir de la naissance de Théo, j'avais écrit ces quelques lignes en forme de rimailles....





Théo naissance.jpg





                                           

Aujourd’hui est un jour particulier
Pour moi quelque chose a changé
Pour tout dire je suis grand-mère
Aujourd’hui est à marquer d’une pierre

C’est vraiment très étrange l’effet que cela me fait
J’ai l’impression de me voir à travers les années
Comme si c’était moi que je regardais accoucher
Comme si je me voyais donner naissance à mon bébé

Pourtant c’est cette enfant qui est là ce soir
C’est elle qui à son tour fait naître l’espoir
Des ses bras je vois ce tout petit qui tête
C’est idiot mais j’en pleure en cachette

Je veux qu’on ne me voie que sourire
En ce si beau jour on ne doit que rire
Je ne comprends pas par quelle émotion
Je suis submergée, pour quelle raison

Ils sont si heureux, j’en ai presque peur
Ma mère a-t-elle éprouvé la même frayeur
C’est étrange cette crainte et ce bonheur
Qui font comme une ronde dans mon cœur

Il est tout petit, si fragile dans son berceau
La naissance d’une famille, c’est si beau
Un pas est franchi, comme on passe un flambeau
C’est à eux maintenant de créer un monde nouveau

Théo, petit paquet d’amour concentré
J’ai tant de bonheur à te faire partager
J’ai tant de bêtises aussi à t’enseigner
Et surtout j’ai tant de plaisir à t’adorer

Aujourd’hui est un jour particulier
Pour toujours en moi il sera marqué
Et pour tout résumer j’en suis ravie
Aujourd’hui je suis devenue Mamie


Nekhbet



Publié le 02 octobre 2006 à 01:04
Par Nekhbet
Humeur : Tendre






Bonheur fugace

La tête entre ses mains, elle soupire.
Assise seule sur les marches du perron,
Elle fixe le cahier qu’elle doit relire
Et relire encore alors qu’elle sait sa leçon.

Elle a neuf ans, est toute menue et elle rêve
Qu’elle est enfin libre de se lever et de courir,
De ne plus entendre ces mots qui l’énervent,
Ces phrases qui lui donnent envie de s’enfuir.

Non, tu ne sors pas, reste tout prêt !
Non, tu ne t’en vas pas dans la forêt !
Non, tu ne cours pas tu vas tomber !
Montre que tu es une fille bien élevée !

Parfois elle a envie de se mettre à hurler
Pour échapper à cette prison de verre.
Avant partout son père elle suivait :
La forêt, elle en connaît chaque pierre.

Elle était si fière d’avoir beaucoup grandi,
Mais elle n’a plus le droit de sortir depuis.
Sa mère a peur, elle ne sait pas de qui,
Maintenant à chaque instant elle l’épie.

Elle veut qu’elle reste là à recommencer
Toujours et sans fin les mêmes devoirs.
L’autre jour elle l’a même obligée à brûler
Le cahier ou elle écrivait un roman secret.

Elle s’est obligée à ne surtout pas pleurer,
Et depuis c’est dans sa tête qu’elle crée
Toutes les histoires qu’elle s’est inventées.
Là, personne ne pourra plus les lui enlever.

Si elle pouvait s’échapper quelques instants,
Si elle pouvait courir juste un petit moment !
Elle jette œil vers sa maman dans la maison,
Attendant une petite seconde d’inattention.

Ca y est ! Enfin sa mère s’est détournée !
L’enfant bondit en jetant son cahier,
A toute allure se précipite dans la forêt
Et, riant, enfin libre, se met à danser.

Elle grimpe aux arbres pour voir les nids,
Sans les toucher pour protéger les petits,
Elle saute dans les feuilles à pieds joints,
Court, chante à tue-tête, et respire enfin !

Le soir tombe, elle se décide à renter,
Elle arrive, sale, ses vêtements déchirés.
Bien sur elle va encore se faire gronder
Et va se retrouver un peu plus enfermée.

Elle s’en moque et ne veut rien regretter
Pour une fois qu'elle a vécu pour de vrai.
Dans son regard longtemps restera allumée
Cette petite étincelle de joie et de liberté


Nekhbet



Publié le 20 août 2006 à 18:07
Par Nekhbet
Humeur : Rebelle






Aujourd’hui, c’est peinture !

Coup de neuf sur les murs,

Coup de balai sur ma vie !

Aujourd’hui, est-ce fini ?

 

Comme un grand ménage de printemps,

Je traque la poussière sur mes sentiments :

Grandes questions,

Prise de décision ?

 

Coup de balai sur vingt-sept ans,

Décès de la belle au bois dormant

J’ai tellement cru pendant toutes ces années

A notre complicité, à notre amour partagé…

 

Double vie, double mensonge,

J’ai dû vivre dans un songe…

Il m’en a fallu du temps pour comprendre

Que je ne vivais que sur ruines et cendres…

 

Aujourd’hui, c’est peinture !

Mais c’est trop dur…

Je dois dire adieu à mes peurs,

Balayer les restes de mon cœur

 

Coup de vent, coup de balai…

Je veux retrouver la paix,

Mais je continue de l’aimer

Malgré les doutes et les plaies.

 

Coup de vent, coup de balai

Que vais-je finir par décider ?

La question est encore une fois posée,

Vais-je m’en aller ou rester ?


Nekhbet



 

Publié le 18 août 2006 à 20:52
Par Nekhbet
Humeur : Tendre

Il y a onze ans, ma mère est morte, officiellement...en réalité, son cerveau et sa personnalité étaient déjà morts depuis plusieurs mois, grignottés jour après jour par cette maladie: Alzheimer...

Depuis ce jour, il m'est toujours assez difficile d'en parler, et depuis, à chaque trou de mémoire je ne peux pas empêcher cette petite pensée de trotter dans ma tête: " et si c'était le début de...ça?"








Elle attend...




Assise sur la marche du perron,
Elle regarde jouer les enfants,
Sans les voir vraiment, en rêvant,
Les yeux perdus vers l’horizon.

Elle se souvient de toute son enfance,
Revoit sa mère, toujours très affairée.
Elle la revoit travailler, rire et danser,
Et parfois aller se cacher pour pleurer.

Elle se souvient de tous ses gros câlins,
De sa façon de toujours trop la protéger,
Souvent insupportable, au point de l’étouffer.
Elle se souvient des disputes, des chagrins.

Toutes ces fois où elle l’a vraiment exaspérée
En l’empêchant de faire ce qu’elle aimait !
Toutes ces fois ou elle l’a punie ou grondée !
Mais aussi toutes les nuits passées à la soigner…

Elle a toujours bercé son enfance
Mais a pourri toute son adolescence,
A surveiller tous ses gestes en silence,
A l’empêcher d’avoir une existence.

Le jour où elle s’est mariée malgré son avis
Sa mère a enfin compris qu’elle avait grandi
Qu’elle ne pouvait plus l’emprisonner
Que sa vie, c’était à elle seule de la mener

Elle revoit passer toutes ces années
Ou elles ont enfin appris à s’apprécier
A se créer une nouvelle complicité,
Avec des riens qu’elles ont partagé.

Et ces jours de merveille où sont nés
Ses petits enfants qui l’ont tant comblée
Elle se souvient de son immense joie
De sa façon de les traiter en petits rois

Malgré, ou grâce à ce qu’elles ont traversé,
Grandes et petites joies, peines et soucis partagés
Elle se souvient de l’amour qu’elle se portaient
Hélas ! Un jour sa mère a commencé à changer

Son comportement a semblé se détraquer,
Comme un automate au mécanisme cassé.
Dépression, ou la vieillesse qui frappait ?
Hélas ! C’était son cerveau qui se mourait.

Un a un ses souvenirs se sont effacés,
Jusqu’à ne plus savoir qui elle était,
Errant sans fin, complètement déboussolée
Comme effrayée, au regard d’animal traqué.

Tous les jours elle a un peu plus décliné,
Ne reconnaissant plus ceux qui l’entouraient,
Ne sachant plus se laver, ni manger, ni marcher,
Ne sachant plus respirer seule sans être assistée.

Et elle, elle est assise là et attend, prostrée,
Que le téléphone se mette enfin à sonner.
Elle sait ce que son père va lui annoncer,
Elle a mal et se reproche de tant le souhaiter.

Sa mère, il y a longtemps qu’elle les a quittés,
Que son esprit n’habite plus ce corps torturé.
Ce n’est qu’une enveloppe complètement vidée
Par cette maladie qui l’a détruite sans pitié.

Enfin résonne la sonnerie qu’elle attendait
Qui lui confirme ce qu’au fond d’elle, elle sait.
Elle se dit que c’est mieux mais se met à pleurer
Sur la vie gâchée de sa mère, le cœur serré.

Alzheimer, mort sans cadavre c’est bien vrai !
Elle espère que sa maman a retrouvé la paix.
En elle, il restera toujours ce lancinant regret
De n’avoir pas pu lui redire qu’elle l’aimait…


Nekhbet
Publié le 18 août 2006 à 11:40
Par Nekhbet
Humeur : Au secours !



La poésie contemporaine ne chante plus... Elle rampe
Elle a cependant le privilège de la distinction...
Elle ne fréquente pas les mots mal famés... elle les ignore
On ne prend les mots qu'avec des gants: à "menstruel" on préfère "périodique", et l'on va répétant qu'il est des termes médicaux qui ne doivent pas sortir des laboratoires ou du Codex.

Le snobisme scolaire qui consiste, en poésie, à n'employer que certains mots déterminés, à la priver de certains autres, qu'ils soient techniques, médicaux, populaires ou argotiques, me fait penser au prestige du rince-doigts et du baisemain.

Ce n'est pas le rince-doigts qui fait les mains propres ni le baisemain qui fait la tendresse.
Ce n'est pas le mot qui fait la poésie, c'est la poésie qui illustre le mot.

Les écrivains qui ont recours à leurs doigts pour savoir s'ils ont leur compte de pieds, ne sont pas des poètes, ce sont des dactylographes.

Le poète d'aujourd'hui doit appartenir à une caste, à un parti ou au Tout-Paris.
Le poète qui ne se soumet pas est un homme mutilé.

La poésie est une clameur. Elle doit être entendue comme la musique.
Toute poésie destinée à n'être que lue et enfermée dans sa typographie n'est pas finie. Elle ne prend son sexe qu'avec la corde vocale tout comme le violon prend le sien avec l'archet qui le touche.

L'embrigadement est un signe des temps.
De notre temps les hommes qui pensent en rond ont les idées courbes.
Les sociétés littéraires sont encore la Société.
La pensée mise en commun est une pensée commune.

Mozart est mort seul,
Accompagné à la fosse commune par un chien et des fantômes.
Renoir avait les doigts crochus de rhumatismes.
Ravel avait une tumeur qui lui suça d'un coup toute sa musique.
Beethoven était sourd.
Il fallut quêter pour enterrer Béla Bartok.
Rutebeuf avait faim.
Villon volait pour manger.
Tout le monde s'en fout...

L'Art n'est pas un bureau d'anthropométrie !

La Lumière ne se fait que sur les tombes...

Nous vivons une époque épique et nous n'avons plus rien d'épique
La musique se vend comme le savon à barbe.
Pour que le désespoir même se vende il ne reste qu'à en trouver la formule.
Tout est prêt:
Les capitaux
La publicité
La clientèle
Qui donc inventera le désespoir ?

Avec nos avions qui dament le pion au soleil,
Avec nos magnétophones qui se souviennent de "ces voix qui se sont tues",
Avec nos âmes en rade au milieu des rues,
Nous sommes au bord du vide,
Ficelés dans nos paquets de viande,
A regarder passer les révolutions

N'oubliez jamais que ce qu'il y a d'encombrant dans la Morale,
C'est que c'est toujours la Morale des autres.

Les plus beaux chants sont les chants de revendications
Le vers doit faire l'amour dans la tête des populations.

A L'ÉCOLE DE LA POÉSIE ET DE LA MUSIQUE ON N'APPREND PAS
ON SE BAT !



(Léo Ferré, Il n'y a plus rien, 1973)


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