Deux choses sont infinies :
l'univers et la bêtise humaine.
En ce qui concerne l'univers, je n'en ai pas acquis la certitude absolue.
Einstein
kitinio : Le site français à changé venez sur le nouveau www.bluntyfan.c om Vive James Blunt!!!
Nekhbet : (Isis par ailleurs lol) Merci à vous deux d'être là et très gros bisous :))
Catamiaou : nous aimons décidément beaucoup les mêmes choses! beau blog, réconfortant ! merci !
valili : ton blog est super
Passant : Ça semble mort, ici.
Fatiha : vive le maroc
d : vive les lamas !
Me Joujoux : Et bien ma Nekhbet, je tente de répondre à ton petit message... voici la dernière tentative retronome1@al.c om
Nekhbet : Merci pour les commentaires et les infos, je suis là moins souvent mais je lis tout :)
Harold : Avis à tous les fans de James Blunt!!!!! il sera l'invité de Laurent Ruquier dans son émission "On n'a pas tout dit" le mardi 9 octobre.
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Publié le 27 juillet 2006 à 09:01
Par Nekhbet
Humeur : Tendre

La petite funambule
Très lentement, elle s’avance, Un pas, un autre, bras en croix. Concentrée, elle prie en silence, Les yeux fermés, elle y croit !
Elle hésite, marque un léger temps d’arrêt. Tout à-coup, elle a peur, elle a froid, Elle respire profondément, sans bouger, Puis compte jusqu’à trois et refait un pas.
Au rythme du violon qui semble l’envoûter, Comme défiant le vide, elle virevolte, danse. Quelques secondes encore et elle va s’élancer En une vrille folle, emportée, comme en transe.
Cinq, quatre, trois , deux, un, zéro ! Victoire ! Enfin cette fois elle a réussi ! Elle entend les cris de joie, les bravo ! Bras levés en signe de victoire, elle rit…
Heureuse, elle regarde tout autour d’elle, Puis voit à ses pieds l’herbe froissée, Son sourire disparaît avec le monde réel : Elle n’est plus qu’une petite fille qui rêvait…
Si elle est en retard , maman va la gronder. Une à une, elle ramasse toutes ses affaires. Un peu triste, elle abandonne dans la forêt Son beau destin de funambule imaginaire.
Alors elle court pour retourner chez elle, Riant de son escapade un peu trop brève, Et sur le chemin, en regardant le ciel, Elle danse encore sur le fil de son rêve
Nekhbet
Publié le 27 juin 2006 à 00:42
Par Nekhbet
Humeur : Ironique
Cette nuit encore je vais veiller… Peut-être m’a-t-il encore oubliée, Ou bien peut-être est-il fâché. Mais qu’est ce que je lui ai fait !
Encore une fois, lentement, dans l’ombre, Je compte les minutes qui sombrent. La nuit s’étire, seconde après seconde, Elle s’égoutte peu à peu comme l’onde.
Tout est si calme dans la maison, Tout est si calme sauf ma raison. Quand vient le cortège de questions, De soucis qui tournent à l’obsession.
Un écran comme compagnie, Des films pour chasser l’ennui. Mes livres pour seuls amis, Avec leur suite de péripéties.
Comme il déserte ma demeure, Blanches passent les heures. Lentement, le temps se meurt, Lentement, tout en langueur.
L’aube arrive, il ne vient toujours pas. L’aube arrive, il n’est toujours pas là. Il me fuit, je ne sais même pas pourquoi. Je l’attends, comme toujours, et j’ai froid.
Enfin le voilà, celui que j’espèrais. Je ferme les yeux, enfin apaisée, Je m’endors, le cœur enfin en paix... Le marchand de sable est enfin passé.
Nekhbet
Publié le 24 juin 2006 à 00:36
Par Nekhbet
Humeur : Tendre
J'aime beaucoup la citation qui suit, si tout le monde la mettait en application, quel bonheur!!! Ca changerait de ces têtes style "face de carème" que nous croisons souvent...
Soyez les poètes de votre vie. Osez chaque jour mettre du bleu dans votre regard, et de l'orange à vos doigts, des rires à votre gorge et surtout, surtout une tendresse renouvelée à chacun de vos gestes.
Jacques Salomé
Publié le 18 juin 2006 à 03:09
Par Nekhbet
Humeur : Maussade

Certains soirs
Il est certains soirs de tristesse Il est certains soirs de faiblesse Ou la fièvre fracasse nos murs Ou la fatigue perce nos armures
Alors s’envolent les certitudes Alors remonte la solitude Chaque mot devient blessure Chaque parole est déchirure
Le silence semble palpable L’absence paraît semblable A une muraille d’indifférence Ou se fracasse notre confiance
Seuls, les souvenirs douloureux Surnagent en nos esprits brumeux En nos cœurs fragilisés, la faiblesse Etouffe la joie, apporte la détresse
Ne reste qu’une vilaine souffrance Tous nos moments de désespérance Nos plaies se rouvrent en saignant Sous le poids de nos vieux tourments
Les papillons de nos idées noires Tourbillonnent sur tous nos espoirs Les teintant d’amère mélancolie Les couvrant d’un long voile de nuit
Tout explose ! Une à une les larmes glissent Jusqu’à ce que notre raison s’obscurcisse Que nous ne souhaitions rien de plus enfin Que nous endormir sans plus penser à rien
Il est certains soirs de tristesse Il est certains soirs de faiblesse Ou en nous une petite phrase résonne : A quoi bon, notre nom est personne
Nekhbet
Publié le 17 juin 2006 à 11:57
Par Nekhbet
J'ai découvert il y a quelques temps déjà cette nouvelle de quelques pages. Cette histoire résume parfaitement ce qui peut arriver quand on ne proteste pas au bon moment. Se taire quand une décision nous dérange trop peu pour qu'on s'en soucie, en se disant: " ce n'est pas vraiment important et ça ne me concerne pas directement" et un beau jour s'apercevoir que la situation est dramatique et qu'il est trop tard...
Est-ce ainsi que les dictatures naissent? Est-e ainsi que Hitler a pu faire un tel chemin?
Ce texte est un fantastique appui pour des discussions avec les enfants. Tout accepter? Savoir protester? Apprendre à ne pas être des moutons, et parler tant qu'il en est temps..
Il n'est jamais trop tôt pour apprendre à savoir refuser l'inacceptable...dès le début...
Matin brun Les jambes allongées au soleil, on ne parlait pas vraiment avec Charlie, on échangeait des pensées qui nous couraient dans la tête, sans bien faire attention à ce que l'autre racontait de son côté. Des moments agréables, où on laissait filer le temps en sirotant un café. Lorsqu'il m'a dit qu'il avait dû faire piquer son chien, ça m'a surpris, mais sans plus. C'est toujours triste un clebs qui vieillit mal, mais passé quinze ans, il faut se faire à l'idée qu'un jour ou l'autre il va mourir.
- Tu comprends, je pouvais pas le faire passer pour un brun.
- Ben, un labrador, c'est pas trop sa couleur, mais il avait quoi comme maladie?
- C'est pas la question, c'était pas un chien brun, c'est tout.
- Mince alors, comme pour les chats, maintenant?
- Oui, pareil.
Pour les chats, j'étais au courant. Le mois dernier, j'avais dû me débarrasser du mien, un de gouttière qui avait eu la mauvaise idée de naître blanc, taché de noir.
C'est vrai que la surpopulation des chats devenait insupportable, et que d'après ce que les scientifiques de l'État national disaient, il valait mieux garder les bruns. Que des bruns. Tous les tests de sélection prouvaient qu'ils s'adaptaient mieux à notre vie citadine, qu'ils avaient des portées peu nombreuses et qu'ils mangeaient beaucoup moins. Ma foi, un chat c'est un chat, et comme il fallait bien résoudre le problème d'une façon ou d'une autre, va pour le décret qui instaurait la suppression des chats qui n'étaient pas bruns.
Les milices de la ville distribuaient gratuitement des boulettes d'arsenic. Mélangées à la pâtée, elles expédiaient les matous en moins de deux. Mon coeur s'était serré, puis on oublie vite.
Les chiens, ça m'avait surpris un peu plus, je ne sais pas trop pourquoi, peut-être parce que c'est plus gros, ou que c'est le compagnon de l'homme, comme on dit. En tout cas, Charlie venait d'en parler aussi naturellement que je l'avais fait pour mon chat, et il avait sans doute raison. Trop de sensiblerie ne mène pas à grand-chose, et pour les chiens, c'est sans doute vrai que les bruns sont plus résistants.
On n'avait plus grand-chose à se dire, on s'était quittés, mais avec une drôle d'impression. Comme si on ne s'était pas tout dit. Pas trop à l'aise.
Quelque temps après, c'est moi qui avais appris à Charlie que le Quotidien de la ville ne paraîtrait plus. Il en était resté sur le cul: le journal qu'il ouvrait tous les matins en prenant son café crème!
- Ils ont coulé? Des grèves, une faillite?
- Non, non, c'est à la suite de l'affaire des chiens.
- Des bruns?
- Oui, toujours. Pas un jour sans s'attaquer à cette mesure nationale. Ils allaient jusqu'à remettre en cause les résultats des scientifiques. Les lecteurs ne savaient plus ce qu'il fallait penser, certains même commençaient à cacher leur clébard!
- À trop jouer avec le feu...
- Comme tu dis, le journal a fini par se faire interdire.
- Mince alors, et pour le tiercé?
- Ben mon vieux, faudra chercher tes tuyaux dans les Nouvelles brunes, il n'y a plus que celui-là. Il paraît que côté courses et sports, il tient la route. Puisque les autres avaient passé les bornes, il fallait bien qu'il reste un canard dans la ville, on ne pouvait pas se passer d'informations tout de même. J'avais repris ce jour-là un café avec Charlie, mais ça me tracassait de devenir un lecteur des Nouvelles brunes. Pourtant, autour de moi les clients du bistrot continuaient leur vie comme avant: j'avais sûrement tort de m'inquiéter.
Après, ça avait été au tour des livres de la bibliothèque, une histoire pas très claire, encore.
Les maisons d'édition qui faisaient partie du même groupe financier que le Quotidien de la ville étaient poursuivies en justice et leurs livres interdits de séjour sur les rayons des bibliothèques. Il est vrai que si on lisait bien ce que ces maisons d'édition continuaient de publier, on relevait le mot chien ou chat au moins une fois par volume, et sûrement pas toujours assorti du mot brun. Elles devaient bien le savoir tout de même.
- Faut pas pousser, disait Charlie, tu comprends, la nation n'a rien à y gagner à accepter qu'on détourne la loi, et à jouer au chat et à la souris. Brune, il avait rajouté en regardant autour de lui, souris brune, au cas où on aurait surpris notre conversation.
Par mesure de précaution, on avait pris l'habitude de rajouter brun ou brune à la fin des phrases ou après les mots. Au début, demander un pastis brun, ça nous avait fait drôle, puis après tout, le langage c'est fait pour évoluer et ce n'était pas plus étrange de donner dans le brun, que de rajouter putain con, à tout bout de champ, comme on le fait par chez nous. Au moins, on était bien vus et on était tranquilles.
On avait même fini par toucher le tiercé. Oh, pas un gros, mais tout de même, notre premier tiercé brun. Ca nous avait aidés à accepter les tracas des nouvelles réglementations.
Un jour, avec Charlie, je m'en souviens bien, je lui avais dit de passer à la maison pour regarder la finale de la Coupe des coupes, on a attrapé un sacré fou rire. Voilà pas qu'il débarque avec un nouveau chien!
Magnifique, brun de la queue au museau, avec des yeux marrons.
- Tu vois, finalement il est plus affectueux que l'autre, et il m'obéit au doigt et à l'oeil. Fallait pas que j'en fasse un drame du labrador noir.
À peine il avait dit cette phrase que son chien s'était précipité sous le canapé en jappant comme un dingue. Et gueule que je te gueule, et que même brun, je n'obéis ni à mon maître ni à personne! Et Charlie avait soudain compris.
- Non, toi aussi?
- Ben oui, tu vas voir.
Et là, mon nouveau chat avait jailli comme une flèche pour grimper aux rideaux et se réfugier sur l'armoire. Un matou au regard et aux poils bruns. Qu'est-ce qu'on avait ri. Tu parles d'une coïncidence!
-Tu comprends, je lui avais dit, j'ai toujours eu des chats, alors... Il est pas beau, celui-ci?
- Magnifique, il m'avait répondu.
Puis on avait allumé la télé, pendant que nos animaux bruns se guettaient du coin de l'oeil.
Je ne sais plus qui avait gagné, mais je sais qu'on avait passé un sacré bon moment, et qu'on se sentait en sécurité. Comme si de faire tout simplement ce qui allait dans le bon sens dans la cité nous rassurait et nous simplifiait la vie. La sécurité brune, ça pouvait avoir du bon. Bien sûr, je pensais au petit garçon que j'avais croisé sur le trottoir d'en face, et qui pleurait son caniche blanc, mort à ses pieds. Mais après tout, s'il écoutait bien ce qu'on lui disait, les chiens n'étaient pas interdits, il n'avait qu'à en chercher un brun. Même des petits, on en trouvait. Et comme nous, il se sentirait en règle et oublierait vite l'ancien.
Et puis hier, incroyable, moi qui me croyais en paix, j'ai failli me faire piéger par les miliciens de la ville, ceux habillés de brun, qui ne font pas de cadeau. Ils ne m'ont pas reconnu, parce qu'ils sont nouveaux dans le quartier et qu'ils ne connaissent pas encore tout le monde. J'allais chez Charlie. Le dimanche, c'est chez Charlie qu'on joue à la belote. J'avais un pack de bières à la main, c'était tout. On devait taper le carton deux, trois heures, tout en grignotant. Et là, surprise totale: la porte de son appart avait volé en éclats, et deux miliciens plantés sur le palier faisaient circuler les curieux. J'ai fait semblant d'aller dans les étages du dessus et je suis redescendu par l'ascenseur. En bas, les gens parlaient à mi-voix.
- Pourtant son chien était un vrai brun, on l'a bien vu, nous!
- Ouais, mais à ce qu'ils disent, c'est que, avant, il en avait un noir, pas un brun. Un noir.
- Avant?
- Oui, avant. Le délit maintenant, c'est aussi d'en avoir eu un qui n'aurait pas été brun. Et ça, c'est pas difficile à savoir, il suffit de demander au voisin.
J'ai pressé le pas. Une coulée de sueur trempait ma chemise. Si en avoir eu un avant était un délit, j'étais bon pour la milice. Tout le monde dans mon immeuble savait qu'avant j'avais eu un chat noir et blanc. Avant! Ca alors, je n'y aurais jamais pensé!
Ce matin, Radio brune a confirmé la nouvelle. Charlie fait sûrement partie des cinq cents personnes qui ont été arrêtées. Ce n'est pas parce qu'on aurait acheté récemment un animal brun qu'on aurait changé de mentalité, ils ont dit. «Avoir eu un chien ou un chat non conforme, à quelque époque que ce soit, est un délit.» Le speaker a même ajouté «Injure à l'État national.» Et j'ai bien noté la suite. Même si on n'a pas eu personnellement un chien ou un chat non conforme, mais que quelqu'un de sa famille, un père, un frère, une cousine par exemple, en a possédé un, ne serait-ce qu'une fois dans sa vie, on risque soi-même de graves ennuis.
Je ne sais pas où ils ont amené Charlie.
Là, ils exagèrent. C'est de la folie. Et moi qui me croyais tranquille pour un bout de temps avec mon chat brun. Bien sûr, s'ils cherchent avant, ils n'ont pas fini d'en arrêter, des proprios de chats et de chiens.
Je n'ai pas dormi de la nuit. J'aurais dû me méfier des Bruns dès qu'ils nous ont imposé leur première loi sur les animaux. Après tout, il était à moi mon chat, comme son chien pour Charlie, on aurait du dire non. Résister davantage, mais comment? Ca va si vite, il y a le boulot, les soucis de tous les jours. Les autres aussi baissent les bras pour être un peu tranquilles, non?
On frappe à la porte. Si tôt le matin, ça n'arrive jamais. J'ai peur. Le jour n'est pas levé, il fait encore brun dehors. Mais arrêtez de taper si fort, j'arrive.
Franck Pavloff
ISBN: 2-84116-029-7 Dépôt légal 3e trimestre 2002
Avis et analyses diverses ici: http://gbraeme.free.fr/matinbrun.html
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