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Publié le 11/06/2008 à 15:19
Par gorgeprofonde


EN VENTE A SAINTES
Publié le 04/06/2008 à 09:25
Par gorgeprofonde
Il y a deux façons d'aborder ce DVD. Soit on est parfaitement au fait de la vie politique saintaise, jusque dans ses plus intimes arcanes, et on sourira devant ce documentaire filmé à la FR3, se délectant, selon ses opinions personnelles, du ridicule ou de la prestance des uns et des autres. Soit on accepte le titre clin d'œil à Jean Renoir, et on constatera que, comme Howard Hawks, Xavier Roujas cadre toujours à hauteur d'homme debout, pour faire un film de pure distraction.
Les habitués des blogs saintais relevant de la première option, je choisis donc la seconde. De façon purement extérieure, en jugeant seulement sur ce que je vois à l'écran, sans méchanceté ni complaisance aucune, avec juste un peu de piment pour relever la sauce. Et en faisant abstraction des lacunes techniques, notamment au niveau du son, pris en direct, peu ou pas retravaillé.
Unité de lieu et de temps, une petite ville de province, comme Chabrol les aime tant pour mieux les épingler, en campagne électorale. Les premiers rôles sont nettement définis. Bernadette, la sortante, à la fois insupportable d'arrogance et touchante de naïveté, pour qui la moindre contradiction est une violence subie. C'est un croisement de Catherine Mégret et Bécassine. Face à elle, le père Jean, un autoritaire qui doute de lui. Il semble même parfois se demander ce qu'il fait là. Mais son entourage veille au grain, le canalisant en permanence, tout en reprenant là où il s'arrête. Il câline ses proches, et bombe le torse devant les autres. Le petit Philou sort du lit ou de boîte, on ne sait trop, souvent un peu dans le flou, il est habile et séducteur, sans être vraiment convaincant. Pierrot lunaire est un acteur né. Il sait toujours où est la caméra et agit en conséquence. Il pose à outrance, s'écoute parler, s'admire dans l'objectif. C'est le Luchini du film, narcissique à outrance, mais néanmoins attachant. Reste JPA, le hardeur. Sur de lui, agressif, la machoire en, avant, on le sent prêt à tout piétiner sur son passage, y compris une retraitée qui le conteste. C'est le méchant du film.
Les seconds rôles sont irréguliers. Le Fredo cache ses canines sous ses babines, il est le Mégret de Le Pen, le Sarkozy de Chirac, le cousin de Bernadette. Ses seules idées sont celles, très hautes, qu'il a de lui-même. Thierry en pleure de rage, d'entendre évoquer Mr X, de Chaniers. On dirait Coluche au premier degré, sans l'humour. Cetro ne parle jamais de transports, il joue plutôt au Schneidermann, donnant des petites leçons de bonne conscience pour exister dans la mare. Le petit Eric est parfait dans le rôle de Rantanplan, salivant à chaque mot doux de son maître. Le lieutenant Schulz, heureux Papa et gagnant du Club Dorothée, lit avec application son texte, vérifiant l'effet de chaque phrase l'une après l'autre, pour se rassurer du mal qu'il a eu à les écrire. Le fameux Mr X se réclame des ambiances du midi, on le voit effectivement très bien en préfet du Var. Reste le mari de la reine, Mr Bernadette, qui n'a hélas pas la prestance de Philippe D'Edimbourg. Il l'enlace pour la caméra, mais à distance, presque le bras tendu, et s'en dégage quand il pense que ça a fini de tourner.
C'est l'image que l'on retiendra du résultat de cette campagne, dans ce couloir sombre et vide. Comme Giscard, la perdante s'éclipse en tournant le dos, avant même de connaître sa défaite. Belle perspicacité, ou effet du cinéaste. Reste à savoir si maintenant le siège est vide, ou pas.
Dernier point, la musique choisie. Noir Désir. Sans doute histoire de dire que les motivations des candidats ne sont pas toutes aussi blanches que neige, ou simplement que ça a cogné dur.
Saintax
Publié le 29/05/2008 à 21:42
Par gorgeprofonde
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