Publié le 08/06/2009 à 19:30
Par segard.sangatt
ELECTIONS EUROPEENNES DU 07 JUIN 2009.
A lire ou écouter les différents commentaires ou déclarations des uns et des autres, qu'ils soient représentants de partis politiques, candidats en vue ou journalistes commentateurs, on se demande si la plupart ont vraiment compris que la véritable leçon de ces élections est que les électeurs ont dit non au « système » lui-même que ce soit en France ou même dans les autres pays européens.
Malgré une énorme abstention, on trouve encore du monde pour parler de victoires ou de défaites de partis politiques ou de rassemblements particuliers, voire très particuliers. Avec une participation très faible, les heureux élus ne sont pas représentatifs. Le vote sanction a bien eu lieu contre l'élection elle-même, la bipolarisation a d'abord été : voter ou ne pas voter.
En France, même si l'UMP arrive en tête, penser que la victoire est large, c'est aller un peu vite en besogne; la mobilisation en faveur de l'UMP et du Nouveau Centre a eu lieu mais elle doit être relativisée par le poids réel des voix obtenues par rapport au nombre total d'électeurs inscrits. Tout est relatif, même et surtout en élections ! Derrière, parler de victoire pour Europe Ecologie, est aussi hasardeux car il s'agit d'un regroupement fait de leaders qui auront tôt fait de retrouver leurs vraies appartenances. Daniel COHN-BENDIT a réussi un coup médiatique qui s'est traduit dans les urnes grâce à la gaffe de François BAYROU, mais que va-t-il se passer dès que la réalité des problèmes aura repris le devant de la scène surtout pour José BOVÉ ? La mouvance écologiste, sous la bannière Europe Ecologie, est très dispersée même si elle a réussi à se rassembler à l'occasion de ces élections; elle ne représente tout compte fait qu'un feu de paille vu le foisonnement , donc la dispersion des personnes et des moyens proposés pour faire avancer les dossiers brûlants.
Beaucoup de personnalités auparavant chez les Verts ont déjà franchi le pas d'aller renforcer le MODEM qui méritait mieux que les 8% et quelques; le mouvement a certainement souffert hier d'un déficit de stratégie avec François BAYROU qui est tombé dans le piège tendu par Daniel COHN-BENDIT; sur le terrain, beaucoup de militants et de sympathisants avaient pressenti ce faux-pas de fin de campagne où l'Europe s'était effacée au profit d'un débat sur l'élection présidentielle future! Le MODEM, comme d'autres d'ailleurs, fera certainement cette analyse qu'il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs. S'attaquer au Président et à sa politique lors des européennes a été inopérant et même contreproductif. Une alternative doit se faire avec un contre-projet à proposer aux Français sans attaquer les personnes.
Quant à la déconfiture du Parti Socialiste, elle ne date pas d'aujourd'hui; depuis le retrait de Lionel JOSPIN de la vie politique, le PS a un mal fou à se trouver un vrai leader capable de donner une ligne directrice à tous les ténors en interne mais surtout et aussi en externe , donc à tous les Français. Le parti s'est encore donné en spectacle avec ces élections avec une fausse réconciliation entre Martine AUBRY et Ségolène ROYAL à REZÉ près de NANTES. D'ailleurs, il ne faudrait pas s'étonner que la guerre des chefs reprenne pour essayer d'attribuer la déroute aux autres. Dès lors, ceux qui s'amusent à faire des prévisions d'alliance avec le Parti Socialiste pour les prochaines échéances électorales risquent de déchanter car les réalités et personnalités locales ou régionales pèsent plus que les additions de chiffres qui n'ont pas toujours quelque chose à faire ensemble. Qui voudra s'associer au Parti Socialiste tant que sa crédibilité n'aura pas été rétablie ?
Pour terminer, ces élections européennes nous auront confirmé que les électeurs ont besoin de concret et de motivation pour aller voter en nombre, non pas CONTRE quelqu'un mais POUR un projet car c'est la démocratie qui est en jeu. La responsabilité en revient aux hommes et femmes politiques eux-mêmes qui doivent se remettre en question pour que l'abstention ne devienne pas le PREMIER PARTI DE FRANCE.
Les prochaines échéances arriveront très vite et la crise n'aura pas disparu pour autant. La donne sera différente vu les modalités des scrutins; une élection à la proportionnelle de liste à un tour a une toute autre dimension qu'une élection au scrutin majoritaire à deux tours qui permet des tractations entre listes ou personnes a priori divergentes. Au final, ce sont toujours les électeurs qui décident, et non les états-majors ou les soit disant spécialistes en politique.
Jean SEGARD. Cliquez aussi sur 
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