Publié le 09/08/2007 à 20:47
Par segard.sangatt
LA PRESSE ET LES DROITS.
On me propose de devenir « pigiste permanent »
Philologiquement parlant, c'est une absurdité. Humainement parlant, c'est une drôle de sucette qu'on vous fait miroiter. Il y a en effet contradiction dans les termes.
Par définition, le pigiste est un journaliste professionnel, donc un salarié ordinaire, mais rétribuée en fonction du travail effectué.
Dès le moment où vous êtes tenu, par contrat, à travailler dans un organe de presse, à temps complet ou partiel mais avec une obligation de présence régulière ou un nombre d'heures de travail à fournir, rien ne justifie plus votre dénomination de « pigiste ». Vous devez exiger d'être considéré comme journaliste à temps plein ou à temps partiel. Le délégué du personnel ou le délégué syndical vous y aidera.
Mon journal prétend ne pas en être un.
On vous dira parfois : « ici, nous ne sommes pas un journal, nous sommes une revue relevant de l'édition, ou une publication administrative, ou un bulletin interne d'association, ou un « house-organ » d'entreprise. Nous préférons vous rétribuer en droits d'auteur. »
Allons ! Toute publication périodique ayant un numéro de commission paritaire des publications est tenue de respecter les droits des journalistes tels qu'ils figurent dans la loi et la convention collective. C'est là, là également, le critère indiscutable.
Paru dans « Echos des Journalistes CFDF n° 227 de mai 1984, publié par le Syndicat CFDT 5 rue Geoffroy Marie 75009 PARIS. Numéro Spécial Vade Mecum du Pigiste.
Jean SEGARD.
VIEUX.
Un journaliste fait un reportage dans un asile de vieillards. Il commence par s'adresser à un vieux bien propre et bien paisible, avec une barbe de patriarche, et il lui demande son âge :
-- Quatre-vingt-treize, dit le vieux. Et vous savez pourquoi je résiste ? Jamais une goutte d'alcool et la messe tous les matins...,
--Formidable, dit le journaliste. La méthode doit être bonne !
Et s'approchant d'un autre patriarche, un peu moins rutilant, un peu plus voûté, il lui pose la même question.
--Moi, dit l'autre vieux, j'ai cent trois ans.
--Et à quoi attribuez-vous cette longévité ?
--Pas difficile. Je suis végérarien. Jamais de viande. Seulement des radis et des carottes râpées.
Alors, un troisième vieillard s'approche. C'est une vraie ruine. Il tient à peine debout. Il bave, il tremblote, il est plein de tics, il a les yeux chassieux et la peau cadavérique.
--J'ai écouté votre conversation, dit-il au journaliste. Ces deux abrutis vous bourrent le crâne. Tenez, moi par exemple, eh bien, depuis l'âge de dix ans, je me tape mon litre de calvados au saut du lit ! Tous les jours que Dieu fait, je fume comme un sapeur. Je fais l'amour tant que je peux et je me lève encore la nuit pour tirer un coup de plus. Je baise tout ce qui me tombe sous la main. C'est autrement sain que la messe ou les légumes !
--Extraordinaire ! Dit le journaliste. Et quel âge avez-vous ?
--Trente trois...
Histoire contenue dans le dictionnaire des histoires drôles de Hervé NEGRE.Editions Fayard.1967.
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