Pour bien saisir les évènements d’aujourd’hui, il faut en examiner l’origine en évitant le piège des belles théories philosophiques qui nous aveuglent sur les évidences immédiates..Remontons donc les siècles et penchons nous sur le berceau des révolutions industrielles, l’Angleterre.Depuis la fin du XVIème siècle, le développement de l’économie anglaise se heurtait au manque de conbustible.On oublie trop souvent, lorsqu’on se promène dans les campagnes anglaises ou françaises que nos pays ont d’abord été des forêts touffues et que, jusqu’au XV ème siècle,l’économiefut basée surtout sur l’exploitation des immenses futaies tombant sous la hache des paysans et des charbonniers.Il fallait bien entendu combattre le déboisement et, comme toujours, toutes les lois éditées par Elisabeth première du nom se révélèrent totalement inutiles.Et avec les arbres disparaissaient aussi bien les hauts-fournaux, qui brûlaient du charbon de bois, que les tanneries qui utilisaient l’écorce.
La fin du seizième siècle verra donc une révolution dans le domaine de la production d’énergie.A la fin du XVIème siècle, la solution pour les Anglais paraissait évidente, il s’agissait de remplacer le charbon de bois par le charbon de terre, connu et employé pour le chauffage depuis des siècles.Et effectivement, entre 1550 et 1600, on peut citer parmi les artisans qui se convertirent à la houille, les verriers, les brasseurs, les distillateurs, les raffineurs, les fabricants de savon, les teinturiers, les hauts-fourniers, les fours, les boulangers.L’industrie à gros débit suivit le mouvement : la production du sel par chauffage de l’eau de mer, le raffinage du sucre, la fabrication de tuiles et de briques, le traitement des aluns, jadis impotés de la Méditerranée.En définitive, cette révolution dans le domaine de l’énergie fut à l’origine de la première révolution industrielle, la houille devenant la première richesse nationale de l’Angleterre.C’est au début du XVIIIème siècle que s’amorcera un nouveau mouvement qui succèdera à celui amorcé par le précédent cycle qui vit la substitution du charbon de terre au charbon de bois.En effet, au début de l’exploitation de la houille, il suffisait de ramasser le charbon dans les filons de surface, mais rès vite, il fallut creuser.Or, creuser dans un pays où il pleut beaucoup implique la nécessité de pomper.On aurait pu importer des shaddocks qui, comme chacun sait,ont pour fonction essentielle de pomper, pomper etpomper toujours, mais malheureusement, ces petits bêtes n’avaient pas encore été inventées par le dessin animé.Si bien que trouver une solution auproblème du pompage de l’eau devint une des priorités principales de l’Angleterre.Evidemment, on peut toujours pomper avec les bras ou en utilisant des chevaux pour faire tourner des moulins à pomper.Mais tout cela ne nous emmène pas bien loin.
La seconde solution consiste à utiliser la pression atmosphérique même si on ne sait pas qu’elle existe à l’aide des pompes aspirantes.Mais comme nous l’apprenions à l’école du temps de ma jeunesse, il est impossible d’élever une colonne d’eau au-delà de dix mètres dans ces conditions.Et d’autre part, cela devient tès vite extrêmement fatigant.Ce fut Thomas Newcomen, né en 1663 et mort en 1729 qui trouva la soluton.Dans l’ouvrage " Le chiffre et le Songe " de Jacques Blamont, l’histoire de Newcomen est racontée et je ne saurais trop conseiller à ceux que la question intéresse de s’y reporter.Qu’il nous soit permis de dire simplement ici que Newcomen n’avait rien d’un savant.On disait de lui : " N’étant ni assez philosophe pour comprendre les raisons et les causes, ni assez mathématicien pour calculer les proportions des parties, il fut assez heureux pour trouver par hasard ce qu’il cherchait ".Les efforts pour mettre au point la machine à pomper l’eau dans les mines commencèrent probablement vers1698 et plus de dix ans furent nécessaires à la mise au point d’un engin satisfaisant.En d’autres termes, celui-ci fut prêt à être mis en service dans sa conception encore rudimentaire.En fait, Newcomen se heurta à des brevets antérieurs de Savery qui couvraient l’utilisation de tout engin fonctionnant par la force du feu.Il semble que les deux inventeurs soient parvenus à un accord, et dès 1711, Newcomen proposait, sans succès, de drainer l’eau d’une houllière dans le comté de Warwick où les propriétaires dépensaient cinq cents livres par an pour entretenir cinq cents chevaux occupés au pompage.
Une parenthèse devient ici nécessaire car on peut trouver des analogies entre les différentes révolutions qui ont modifié les modes de production aux XVIème, XVIIème et XVIIIème siècles et ce qui se passe actuellement.Il y a cinquante ans, il fallait 90% de travailleurs manuels pour assurer la production de la nourriture ou des machines nécessaires à la plupart des gens.Actuellement, avec cinq pour cent, cela suffit et les 95% exclus ressemblent fort aux cinq cents chevaux occupés au pompage qui eurent la chance, appartenant à un pays de parieurs invétérés de pouvoir se recycler dans les courses de chevaux.Quoiqu’il en soit, il est indiscutable que c’est dans la période allant de 1711 à 1716 puis 1721 que les mines anglaises s’équipèrent de la pompe à feu de Newcomen.Et c’est vers 1720 qu’elle avait acquis la forme qu’elle devait garder pendant plus de cinquante ans.
Des exploitations fermées pour cause d’inondation rouvrirent et le bassin de la Tyne, ruiné en 1700, renaquit.L’invention se répandit à l’étranger, en Ecosse en 1721, en Silésie en 1722, puis en 1726 près de Paris pour élever l’eau de la Seine sur les collines de Chaillot.Quand Newcomen mourut, ces machines fonctionnaient en Angleterre, au Pays de Galles, en Hongrie, en Belgique, en France, en Allemagne et en Espagne.
Pour l’anecdote, les bénéfices ne tombèrent pas dans sa poche, mais dans celle de la société de propriétaires dont ni lui ni Savery ne faisaient partie.Rien de changé sous le soleil en ce qui concerne les manipulations boursières ou bancaires !
En 1850, une autre révolution se fait jour : celle des chemins de fer.En fait, l’origine des chemins de fer date du XVIIème.En1670, les Anglais ( encore eux !) installent des rails en bois dans la région de Newcastle.Ces rails sont plaqués d’acier et les roues ensont cerclées ; les véhicules sont tirés par des chevaux.Les rails de métal apparaissent vers 1776.Le premier essai de traction à vapeur fut réalisé en 1770 par le Français Cugnot.Mais ce n’est qu’en 1827 que l’ingénieur français Marc Seguin inventa la chaudière tubulaire.Georges Stephenson, fils d’un ouvrier mineur anglais, améliora considérablement le tirage de ce type de chaudière en injectant la vapeur d’échappement dans la cheminée.
De 1827 à 1842, des lignes furent mises en service,la plupart du temps avec une traction hippomobile.C’est en 1835 que la concession du chemin de fer Paris-Saint-Germain fut accordée à Péreire et en 1833, une loi avait prévu un programme national de chemin de fer.C’est la charte de 1842 qui enorganisa la réalisation.En d’autres termes, nous retrouvons là encore une révolution qui est à la fois origine et conséquence d’une mutation industrielle sans précédent dans l’histoire de la planète.
Nous arrivons maintenant à l’actuelle révolution que connaît le monde du travail.En effet, contrairement à ce qu’imaginent les économistes, politiciens ou philosophes de tous bords, le chômage n’est pas un accident, mais une conséquence aussi inéluctable de l’évolution de nos techniques et de l’humanité que l’a été la mise au rencard des cinq cents chevaux pompeurs des houillières anglaises au XVIème siècle.Cette révolution s’applique au travail mais aussi au principe de communicatio collective qui touche aussi bien à l’organisation politique qu’àcelle de la communication.Or, c’est à partir de 1965 que nous constatons une explosion de l’informatique légère, c'est-à-dire celle des micro-ordinateurs et de l’envahissement du monde entier par les petites machines qui peuvent nous permettre, à partir de cette époque de réaliser en quelques minutes ce qui demandaitdes heures et parfois même des mois de travail auparavant.
Il faut également noter que l’apparition du chômage date de la présidence de Pompidou, c'est-à-dire 1972.Depuis cette date, si l’on établit le graphique de la progression du chômage, on constate que la courbe est en ascension constante, passant d’abord de 1972 à 1981 de deux cent mille à deux millons, puis de 1981 à 1993 atteignant les quatre millions en 1993.Il faut mettre en corrélation la courbe de la progression des indices boursiers au cours de la même période qui est rigoureusement parralèle.
Le problème est ici clairement posé.Ce n’est pas par un hypothétique retour de la croissance ou par des mesures bancales de répartition d’un travail qui a changé de nature que nous en sortirons mais par une révolution radicale des mentalités.Sur la planète devenue trop petite, il vafalloir apprendre à vivre ensemble en privilégiant la solidarité sur le profit individuel.Et nous ne sommes ni les seuls, ni les premiers à défendre une telle idée hors de laquelle on ne voit point de salut.Georges Friedman avait déjà posé en 1963 les questions que l’on se pose aujourd’hui et disait :
" Le chômage structurel ne sera pas résorbé par les moyens classiques car il manifeste une éclatante exigence liée à la troisième révolution industrielle, la révolution scientifique de l’automation.On ne pourra plus mettre en travail une population entière, l’employer toute entière à produire et à consommer ce qu’elle produit.IL Y AURA DESORMAIS UNE CATEGORIE DE GENS LIBEREE DU TRAVAIL ET LA QUESTION ESSENTIELLE EST DE SAVOIR LES OCCUPER SOCIALEMENT.COMMENT IMAGINER POUR EUX HORS DE TOUTE ACTIVITE PROFESSIONNELLE UNE DISTRIBUTION DE REVENUS QUI NE SOIT PAS LIEE AU TRVAIL PRODUCTIF ETMESURE PAR LUI.Comment choisir car il faudra bien que la société d’abondance e’n vienne là, les investissements en services et biens culturels par lesquels elle encouragera et nourrira de valeurs nouvelles les activités non productives.
Nous avons souligné la partie de la citation qui illustre le mieux le point de vue que nous avons défendu depuis longtemps et sur lequel nous reviendrons souvent car c’est une question de vie ou de mort pour nos enfants.Il faut adopter une façon différente de penser avec l’idée qu’au lieu de dispenser chichement les richesses en fonction d’un temps de ytravail ou d’un salaire, il faut les répartir selon un système tout à fait différent, basé sur la participation de chacun aux plus values de productivité réalisées grâce à la matière grise.Après tout, est-il logique de privilégier chez l’homme les bras plutôt que la cervelle ?
Poser la question est déjà y répondre.
C’est un fait d’expérience que le déroulement des évènements est toujours différent de ce qui avait été envisagé et voulu au départ.Chacun peut vérifier ce qui précède en confrontant sa propre existence aux illusions de sa jeunesse et de son adolescence.Et c’est d’ailleurs l’incapacité de se plier aux réalités en comparant sans cesse ce qui est avec ce qui aurait dû être qui rend tant d’entre nous malheureux.
L’an 2000 n’est donc en rien la limite entre un ancien et un nouveau monde ainsique certains pourraient se complaire à l’imaginer.Nous sommes en effet entrés dans un univers dont il faudra repenser les lois régissant les rapports humains.Et pour argumenter notre affirmation, je vous propose de faire un petit retour en arrière.Le début du XIXème siècle n’a pas été à proprement parlerà l’origine de la révolution industrielle, mais paraît avoir coïncidé avec la brusque diffusion de celle-ci, grâce aux chemins de fer qui ont révolutionné les moyens de communication.Or, chaque cycle est marqué par un conflit et souvent une adaptation entre deux tendances antagonistes, l’une marquée par un refus du changement et l’autre par la mise en œuvre d’idées nouvelles.Le premier quart du XIXème siècle a surtout mis en évidence la dialectique entre monarchie autoritaire et idées libérales.Celui qui a marqué la période de 1821 à 1993 paraît s’être divisé entre un courant de capitalisme libéral (pour ne pas dire sauvage) et un autre type socialiste, ce terme étant pris dans son sens marxiste, c'est-à-dire appuyé sur une idéologie de lutte des classes .Cependant, les mots évoluent et aujourd’hui, il conviendrait mieux de parler plutôt que d’un système capitaliste et d’un système socialiste d’un conflit entre une économie individualiste basée sur la loi du plus fort et une économie de solidarité dans laquelle une place doit être faite à tous, les moyens d’existence du plus faible étant préservés au même titre que ceux des autres, même si ce n’est pas dans les mêmes proportions.Mais l’être humain est un animal enraciné dans des habitudes de pensée et l’idée que je viens d’exprimer est combattue au nom de prétendue’s lois économiques ou d’une morale de l’efficacité, la réussite matérielle étant la marque de la bénédiction du Seigneur.Je ne prétends nullement avoir raison mais on peut se poser des questions dans la situation qui est la nôtre aujourd’hui.
A l’examen des indices économiques depuis vingt ans, on constate que la France est un pays qui, globalement, tous les ans, s’enrichit.Le paradoxe est que dans un pays où la somme totale des biens produits par la communauté augmente, on compte davantage de chômeurs et d’exclus.Il n’y a pas besoin de sortir des grandes écoles pour comprendre que lorque le gâteau grossit, et que la part du gâteau pour chacun diminue, il y a quelque chose qui grippe dans la méthode de partage.
Si l’on examine les statistiques de répartition des richesses dans la nation, on voit que 90% de la part du gâteau est aux mains de moins de 10% de la population.Il y a donc un problème de redistribution que les politiques cherchent désespérément à résoudre, les uns s’en remettant au capitalisme sauvage qui compte sur les ( prétendues ) lois du marché pour assurer la redistribution, d’autres qui estiment que cette redistribution doit se faire par prélèvement sur les richesses acquises et qui, pour l’instant, se limitent à une contribution sur les salaires distribués par les entreprises.L’autre forme est le prélèvement indirect par la TVA qui consiste à mettre un impôt sur la consommation, profondément injuste parce qu’inégalitaire.
² Dans tous ces systèmes, on aboutit le plus souvent à des absurdités.Prenons l’exemple d’un projet qui traîne, parmi d’autres, dans les dossiers ministériels consistant à créer des emplois obligatoires d’un poste de gardien dans les immeubles ayant plus de vingt locataires.Le technocrate, auteur du projet, a immédiatement déduit que l’on allait de cette façon créer 150 000 emplois.Le seul prblème est que l’on n’a pas précisé de quelle façon les employés seraient payés.
Un autre exemple de l’absurdité du système dans lequel nous vivons est celui des chauffeurs routiers.On sait que pour survivre, ils sont obligés de tricher avec la loi.Si l’on respecte la réglementation, le prix des transports augmentera dans une proportion appréciable.Ce prix devra être inclus dans la facture présentée au consommateur.Là encore, la répartition ne tiendra pas compte des revenus de chacun et ce sont, une fois de plus, les plus pauvres qui seront pénalisés.On se demande comment on peut arriver en plein vingtième siècle dans un pays où la richesse augmente à compter plus de dix millions d’exclus dans sa population.
Il faut donc remettre en question la logique du libéralisme économique.Mais bien peu, actuellement, comprennent encore quelle est cette logique.En quoi consiste-t-elle donc ?Dans le domaine international, il y a dérégulation de fait qui se traduit par une libre concurrence entre des pays à niveau socialdifférent.Il sera donc normal d’installer les centres de production où on trouve les conditions de prix de revient les plus avantageuses et cela mène à ce qu’il est convenu d’appeler les délocalisations.Mais à l’intérieur du pays, le seul critère restera celui du dix-neuvième siècle.
Il en résultera, par exemple, une désertification des campagnes parce que la logique libérale de la production agricole ne permet plus à l’exploitant de gagner sa vie décemment.On pourra, par la même occasion, liquider l’industrie de la pêche dans un pays comme la France dont les côtes sont baignées par la Manche, l’Atlantique et la Méditerranée, simplement parce que la main d’œuvre orientale sous payée permet des importations à bas prix.Si les banlieues deviennent des ghettos peuplés de marginaux, c’est parce que la reconstruction depuis les années 60 et quels que soient les gouvernements, a posé comme critère de base, la rentabilité.
Abordons maintenant le problème de la réduction du temps de travail.Il existe encore quelques doctrinaires qui estiment que nous ne travaillons pas assez et qu’il faudrait, au contraire, que nous revenions au moins aux 40 heures pour les emplois normaux.Ne parlons pas des cadres que le système actuel oblige à travailler parfois à plus de 60 heures par semaine.
Mais compte tenu de la nécessité de fournir des emplois à la totalité de la population active, il n’y a apparamment d’autre système que le partage du travail pour arriver à une situation correcte.La première idée est celle de la diminution du temps de travail, par exemple la semaine de 32 heures.Et immédiatement surgit une difficulté : 32 heures moins payées ou 32 heures avec le même salaire que pour 39 heures.
De toute façon, ni la réduction du temps de travail ni le partage du travail ne résoudront le problème du chômage.Mais sans doute, cela peut-il constituer un palliatif momentané.La diminution du temps de travail sans baisse de salaire n’est pas un procédé qui permettra de réduire le chômage mais un moyen de redistribuer de façon plus équitable la richesse produite par la communauté nationale.
Dans une entreprise où l’on fait des gains de productivité, il y a deux solutions possibles : soit augmenter les salaires, soit diminuer le temps de travail.Mais si l’on diminue la durée du temps de travail en diminuant proportionnellement les salaires, cela signifie que les gains de productivité iront sans leur totalité dans la poche des actionnaires.En d’autres termes, il n’y a pas besoin d’être grand économiste pour comprendre que la baisse du tems de travail accompagnée d’une baisse de salaire revient à augmenter purement et simplement les profits ducapital sans aucune compensation pour le travail.Ce mécanisme de diminution du temps de travail qu’il soit ou non assorti d’une diminution des salaires, ne peut, an aucun cas, créer un quelconque emploi.
On explique le chômage par le coût trop élevé de la main d’œuvre.Cela est faux puisque les pays où il y a le plus de chômage sont ceux où le prix de la main d’œuvre est le plus bas ( exemples : la Grèce, l’Espagne, le Portugal ).En revanche, le chômage est moindre dans les pays nordiques où le coût de la main d’œuvre est le plus élevé.
La plus grande erreur des socialistes dans les années où ils ont exercé le pouvoir, a été de faire passer à la trappe l’essentiel qui est celui de la redistribution des richesses.Ils ont géré, ramené l’inflation à un taux raisonnable mais en fait, nous avons pu constater que la France se transformait pendant ce temps en un vastecasino où la redistribution des richesses était surtout orientée vers le Loto, les grattages ou le PMU au lieu de s’attaquer une fois pour toutes aux véritables problèmes.
Quand on constate dans un pays que, en même temps et simultanément, on a des revenus financiers qui augmentent de 22% ( Bourse, actions… etc, ) et qu’on se trouve dans un climat de déflation salariale, c’est-à-dire une baisse dupouvoir d’achat des pluspauvres, il y a vraiment quelque chose qui ne va pas et qui risque de provoquer une explosion sociale.
Nous venons de décrire, en fait, un état social analogue à ce qu’était celui de lea France et de l’Europe à la veille de la Révolution de 1989.Mais la notion de cycle* n’implique pas un éternel recommencement.A chaque renouvellement, les conditions ont évolué du fait même du déroulement du cycle précédent qui a modifié les dnnées initiales des problèmes.En 650 et 1821,la population du globe était inférieure à un milliard d’individus et il fallait que 95% de la population travaillent pour nourrir chichement toutle monde.Aujourd’hui, nous sommes six milliards d’êtres humains à la surface de la planète et 5% d’entre eux suffisent pour produire les biens nécessaires à tous.La condition initiale fondamentalement différente sont justement les fantastiques gains de productivité que le génie humain a introduit dans l’équation.
Mais ceux qui gouvernent aujourd’hui continuent à raisonner selon les principes parfaitement valables autrefois alors qu’ils sont aujourd’hui non seulement dépassés mais absurdes.Dans les différentes pistes où ils s’embourbent pour venir à bout du problème, il y a la reprise de la croissance, mais l’expérience a montré et continuera de montrer qu’elle ne peut en aucun cas résorber le chômage et ramener la situation de plein emploi qui existait dans les années soixante.
Il ne convient plus de s’enfermer dans une logique formelle, abstraite qui pose en principes intangibles ce qui n’était qu’un système adapté à des conditions de vie fondamentalement différentes.Il importe de libérer l’imagination constructive qui, comme la vie, explore ce qui est possible autant que ce qui ne paraît pas l’être et qui, en définitive, aboutit à dégager les alternatives nouvelles d’une situation sans précédent.
Il faudra donc reconsidérer la notion de travail, occupation noble à l’origine et dans la plupart des cas dévoyée par un système de répartition des produits de ce travail basé sur une équivalence entre le temps et l’argent.
L’école moderne ne prépare plus les enfants à devenir des hommes mais des " salariés "avec l’idée que vendre du temps ou des capacités est la seule issue possible pour eux.Il faut donc commencer par une réforme de l’éducation dans laquelle l’objectif principal sera de construire la personnalité autour de l’idée d’une nécessaire solidarité, le travail étant l’élément indispensable pour produire un résultat qui ne soit pas forcément évalué en fonction d’un salaire.
A ce moment, on peut parfaitement travailler l’idée d’un minimum social garantissant à tout individu quel que soit son âge ou sa condition, une vie décente et non pas une survie.Si votre premier réflexe est de demander : " Qui paiera ? ", relisez ce qui précède car quelque chose vous a échappé.
PS 1 Ce texte a été écrit par une personne de Paris qui avait répondu à une annonce que j’avais passée dans le journal " l’Itinérant " en l’an 2000 et où j’expliquais que beaucoup de stages – pas tous heureusement -- ne mènent à rien et où je recherchais des témoignages concernant un sujet qui préoccupe tout le monde : le TRAVAIL.
PS 2 Qui n’a pas un chômeur dans sa famille, dans ses amis, dans sa rue ?
PS 3 Je partage amplement comme beaucoup de gens l’opinion de cette personne qui est restée anonyme et qui se reconnaîtra certainement.Il doit s’agir d’une thèse.
