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Publié le Dimanche 04 novembre 2007 à 23:59:59
Par S.

200 – Où suis-je ? La main court, l’océan monte à l’horizon, je sens de loin sa pression et son odeur d’iode, les acacias, sur ma droite, sont toujours aussi indulgents pour moi. Il y aura, comme tous les ans, une « rentrée littéraire », 700 romans en compétition, 6 ou 7 de sauvés, marathon maniaque. La Toile fait rage, les blogs pullulent, Internet ne dort pas, les mails pleuvent, les fax crépitent, les télés et les radios se courent après, les journaux roulent. Bien entendu, je me tiens au courant. Une ou deux heures de vice, huit de vertu. J’aime bien bavarder, mais j’aime encore mieux me taire.

(UN VRAI ROMAN, Éditions Plon, 2007)   

199 – Elle court maintenant sur le papier, la main, cahier Clairefontaine, papier velouté, elle rejoint son vol toujours empêché et toujours repris, increvable, avec ses visions de fleurs, de fleuves, de lacs, de marées, de miroitements, de sérénité, d’ouverture de toute la matière. Des particules se posant sur le papier ? Sortant de lui ? Qu’est-ce qui se passe, au fond, dans cette longue amitié entre le papier et l’air, avec le papier et l’encre, comme entre l’eau et le sel ? Les Chinois disent simplement qu’on œuvre ainsi, par soi-même, au «  renouvellement de l’immuable ». En tout cas, plutôt sur l’eau, maintenant : on sait prendre le vent, virer, rebondir, on sillage. J’écris à la voile sèche.



Sollers, 23 oct 2007 19h15